Colombie

23 novembre 2019 06:37; Act: 23.11.2019 14:20 Print

Trois policiers tués dans un attentat contre un commissariat

L'attentat, qui a eu lieu dans le département de Cauca, a été attribué par les autorités à des dissidents de l'ex-guérilla des Farc.

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Des policiers colombiens, à Cali. (Image d'illustration) (Photo: AFP)

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Trois policiers ont été tués vendredi en Colombie lors d'un attentat avec des bombonnes de gaz remplies d'explosif, commis contre un commissariat du sud-ouest du pays. L'acte a été attribué par les autorités à des dissidents de l'ex-guérilla des Farc.

«Nous condamnons le lâche attentat qui a tué trois de nos policiers à Santander de Quilichao», dans le département du Cauca, a déclaré le président Ivan Duque. Le dernier bilan des autorités fait en outre état de 10 blessés, dont trois civils.

Deux des policiers touchés sont dans un état grave, a précisé à l'AFP le secrétaire de la mairie, Jaime Asprilla. L'attaque, survenue vendredi vers 21h00 locales (03h00 en Suisse), n'a pas de lien avec l'actuel mouvement de protestation contre le président Duque, a ajouté ce fonctionnaire.

«Groupes organisés»

Il a précisé que c'était «un attentat de groupes organisés qui ont des moyens et qui sont liés au thème de la drogue» et opérent dans ce département stratégique pour le trafic de marijuana et de coca, matière première de la cocaïne.

La police a attribué l'attaque à des dissidents de l'ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui ont rejeté l'accord de paix signé le 24 novembre 2016, il y aura trois ans ce dimanche.

Le chef de l'Etat a ajouté sur Twitter avoir ordonné à «la force publique d'identifier les responsables» et en exprimant sa solidarité envers les «proches de ces héros». Le ministre de la Défense, Carlos Holmes Trujillo, a pour sa part déclaré que l'explosion avait endommagé des habitations avoisinantes, où résident des civils.

Couvre-feu

Selon M. Asprilla, la mairie a décrété un couvre-feu dans la ville jusqu'à samedi matin pour garantir l'ordre public et la sécurité de la population.

Des dissidents de l'ex-guérilla Farc, ainsi que l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion du pays, et des gangs de narco-trafiquants se disputent le contrôle du Cauca, qui compte de vastes narco-plantations et d'où partent d'importantes cargaisons de drogue vers les Etats-Unis par l'océan Pacifique.

Cette région a été l'épicentre des assassinats récents de leaders communautaires indigènes et de défenseurs des droits. Fin octobre et début novembre, 16 personnes y ont été tuées, la majorité indigènes, selon le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits.

Depuis le début de l'année, le bureau colombien de la Haute commissaire de l'ONU pour les droits humains a répertorié au moins 52 assassinats sur le territoire de l'ethnie Nasa, dans le nord du Cauca.

Le gouvernement a réagi à cette vague de violence en annonçant le déploiement d'une force d'élite de 2500 militaires pour combattre les dissidents des Farc.

(nxp/afp)