Irak

26 janvier 2020 22:32; Act: 27.01.2020 02:11 Print

Trois roquettes s'abattent sur l'ambassade US

La représentation américaine à Bagdad a été visée par des roquettes qui ont atteint leur but, la cafétéria, à l'heure du repas.

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Les manifestants antigouvernementaux ont reconstruit lundi leurs campements incendiés dans plusieurs villes irakiennes. Ils sont toujours déterminés face à la répression. (27 janvier 2020) L'ambassade des États-Unis en Irak a été la cible de tirs qui n'ont pas fait de victime, lundi. Trois manifestants ont par ailleurs été tués à Bagdad. (20 janvier 2019) Pour les manifestants, c'est tout le système installé en 2003 par les Américains pour remplacer Saddam Hussein et désormais noyauté par les Iraniens qui doit être mis à bas. (Mardi 24 décembre 2019) La révolte entamée il y a près de trois mois a connu un nouveau regain de mobilisation après quelques semaines d'accalmie. (Mardi 23 décembre 2019) Les dirigeants irakiens se sont accordé un nouveau délai pour désigner le futur premier ministre, à l'expiration du délai constitutionnel. (Jeudi 19 décembre 2019) Un militant irakien actif au sein des manifestations contre le pouvoir et son parrain iranien a été assassiné dimanche soir devant son domicile dans la ville sainte chiite de Kerbala. (8 décembre 2019) Les funérailles de manifestants tués lors de la répression donnent l'occasion de nouvelles manifestations, comme ici à Najaf. (Dimanche 8 décembre 2019) Des membres du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés dans la zone du massacre dans le parking à Bagdad. (Samedi 7 décembre 2019) Au moins 17 manifestants ont été tués vendredi soir à Bagdad après une attaque d'hommes armés contre un parking qu'ils occupaient depuis des semaines. (Vendredi 6 décembre 2019) Les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement en Irak se sont poursuivies lundi sous la pression des manifestants, qui dénoncent sans relâche le pouvoir et son parrain iranien. (2 décembre 2019) Le Parlement irakien a accepté dimanche la démission du gouvernement du Premier ministre Adel Abdel Mahdi. (Dimanche 1er décembre, photo d'illustration) Des étudiants marchent à Basra (sud de l'Irak) en signe de deuil pour les manifestants tués lors des mobilisations anti-gouvernementales. (Dimanche 1er décembre 2019) Une procession funéraire s'est déroulée à Mossoul (sud de l'Irak) en l'honneur des manifestants tués lors des mobilisations qui secouent le pays depuis le mois d'octobre. (Dimanche 1er décembre 2019) Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a annoncé qu'il allait présenter sa démission au Parlement, quelques heures après que la plus haute autorité chiite du pays a appelé ce dernier à lui retirer sa confiance. (Vendredi 29 novembre 2019) Depuis le début du mouvement de contestation qui réclame le renouvellement de la classe dirigeante, plus de 390 personnes ont été tuées et 15'000 blessées. (Vendredi 29 novembre 2019) À Najaf, le consulat iranien est parti en flammes. (Jeudi 28 novembre 2019) Les manifestations antigouvernementales ont débuté le 1er octobre faisant depuis de nombreux morts. (Jeudi 28 novembre 2019) Au moins 22 manifestants ont été tués à Nassiriya, au sud de l'Irak sous couvre-feu et encerclée par les forces de sécurité. C'est l'une des journées les plus meurtrières depuis le début le 1er octobre du premier mouvement spontané en Irak qui réclame la refonte du système politique et le renouvellement total de la classe dirigeante. (28 novembre 2019) La contestation en Irak, qui a déjà fait 350 morts en deux mois, a atteint mercredi un palier inédit avec l'incendie par des manifestants du consulat d'Iran à Najaf. (27 novembre 2019) L'incendie du consulat iranien, dans la très symbolique ville sainte chiite de Najaf qui accueille chaque années des millions de pèlerins chiites principalement iraniens, marque un tournant. (27 novembre 2019) En soirée, au milieu de hautes flammes qui dévoraient l'emblème de la République islamique sur le mur d'enceinte de la représentation diplomatique, des centaines de jeunes criaient «Iran dehors». (27 novembre 2019) La plus haute autorité chiite d'Irak, l'ayatollah Ali Sistani, a estimé que le pays sera à jamais marqué par les semaines de manifestations, réclamant des réformes et le départ de la classe politique. (Vendredi 15 novembre 2019) Quatre manifestants ont été tués jeudi à Bagdad. lls ont été mortellement touchés par des grenades lacrymogènes que les forces de l'ordre tirent à hauteur d'homme. (14 novembre 2019) Depuis le début d'un mouvement spontané de contestation (1er octobre), près de 280 personnes - en majorité des manifestants - ont été tuées, selon un nouveau bilan. (6 novembre 2019) Alors que de violentes manifestations font rage en Irak, les autorités ont de nouveau coupé l'accès à Internet mardi. (5 novembre 2019) Les Irakiens ont été privés d'internet dans la nuit de lundi à mardi. (5 novembre 2019) Les forces de l'ordre répondent à coup de gaz lacrymogènes et de balles réelles face à des manifestants qui tentaient d'incendier le consulat iranien de la ville sainte chiite de Kerbala. Quatre personnes sont mortes. (4 novembre 2019) Les manifestations continuent à Bagdad tandis que plusieurs syndicats ont déclaré la grève générale. (Dimanche 3 novembre 2019) De nouvelles violences ont opposé samedi les forces de l'ordre aux manifestants, qui continuent d'occuper sans interruption la place Tahrir de Bagdad. (Samedi 2 novembre 2019) Le président irakien Barham Saleh a promis des élections anticipées, tandis que le Premier ministre a affirmé être prêt à partir face à la vague de contestation qui secoue le pays. (Jeudi 31 octobre 2019) Au moins 100 personnes ont été tuées et 5500 blessées en une semaine de manifestations et de violences en Irak, selon la Commission gouvernementale des droits de l'Homme. (Mercredi 30 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens à Bagdad appellent dimanche à «arracher par la racine» la classe dirigeante. (27 octobre 2019) Selon le bilan officiel, 220 personnes sont mortes dans des manifestations et des violences en près d'un mois. (27 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Des centaines d'Irakiens continuent de manifester ce samedi à Bagdad sous les gaz lacrymogènes. (26 octobre 2019) Début octobre déjà, plus de 150 personnes avaient été tuées en une semaine, quasiment toutes des manifestants qui réclamaient «la chute du régime». (Vendredi 25 octobre 2019) A Bagdad, des milliers de manifestants étaient toujours rassemblés sur la place Tahrir, et des heurts limités se poursuivaient sur le pont al-Joumhouriya adjacent. (Vendredi 25 octobre 2019) A la mi-journée, le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, avait appelé les forces de sécurité et les manifestants à la «retenue» pour éviter le «chaos». (Vendredi 25 octobre 2019) Un policier aide l'un des manifestants à se remettre des gazs lacrymogènes tirés. (Vendredi 25 octobre 2019) La contestation antigouvernementale a repris en Irak, avec des violences faisant plus 40 morts à Bagdad et dans le sud du pays. (Vendredi 25 octobre 2019) Des manifestants transportent l'un des leurs, blessés, vers l'hôpital. (Vendredi 25 octobre 2019) Après un mouvement de contestation qui s'est soldé par une centaine de morts, l'Irak a entamé un deuil national jeudi. (10 octobre 2019) Dimanche en soirée et jusqu'à tard dans la nuit, des témoins ont fait état de violents affrontements à Sadr City. Ceux-ci ont fait 13 morts dans la nuit selon des sources policières et médicales. (Lundi 7 octobre 2019) Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé des «ennemis» de chercher à «semer la discorde» entre l'Iran et l'Irak. (Lundi 7 octobre 2019) Tentant de mettre fin à la contestation, le gouvernement irakien a annoncé dimanche matin une série de mesures sociales en réponse à des demandes des manifestants. (Dimanche 6 octobre 2019) L'ONU a appelé samedi à la fin des violences en Irak, au cinquième jour du mouvement de contestation. (Samedi 5 octobre 2019) Les forces de sécurité ont dispersé un important rassemblement dans l'est de la capitale samedi, où les manifestants ont fait face à des tirs à balles réelles et de gaz lacrymogènes. (Samedi 5 octobre 2019) Depuis le début des manifestations, on déplore près de 100 morts et environ 4000 blessés. (Samedi 5 octobre 2019) La plupart des manifestants tués l'ont été par balles, selon des sources médicales. (Samedi 5 octobre 2019) Né d'appels sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation proteste contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics dans le pays. (Vendredi 4 octobre 2019)

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Trois roquettes ont frappé dimanche, pour la première fois directement, l'ambassade américaine à Bagdad, pendant qu'à travers l'Irak des milliers de manifestants antigouvernementaux défiaient les forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles, faisant deux morts.

Quelques heures après les tirs, les Etats-Unis ont «appelé le gouvernement de l'Irak à remplir ses obligations, afin de protéger (leurs) installations diplomatiques».

Ces tirs de roquettes marquent un nouveau pas dans la série d'attaques qui ont visé ces dernières semaines l'ambassade des États-Unis, située dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad, et des bases irakiennes abritant des soldats américains. Aucune d'elles n'a été revendiquée mais Washington a plusieurs fois accusé des milices pro-Iran.

Dimanche, une roquette s'est écrasée sur une cafeteria de l'ambassade à l'heure du dîner tandis que deux autres se sont abattues à proximité, a déclaré à l'AFP une source au sein des services de sécurité. Au moins une personne a été blessée dans l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable irakien, qui a requis l'anonymat. Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat si le blessé était un Américain ou un employé irakien.

Le porte-parole du Département d'État américain a précisé dans un communiqué que, depuis septembre, «il y a eu plus de quatorze attaques menées par l'Iran et les milices soutenues par l'Iran contre du personnel américain en Irak».

«Agression»

Le Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a dénoncé une «agression» qui pourrait «transformer l'Irak en une zone de guerre».

Fin décembre, un sous-traitant américain a été tué dans un tir de roquettes sur une base abritant des soldats américains dans le nord de l'Irak. En représailles, Washington a mené des raids aériens le 29 décembre contre plusieurs bases des brigades du Hezbollah, un groupe armé chiite irakien membre du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par des factions pro-Iran et intégrée aux forces régulières. Au moins 25 combattants des brigades du Hezbollah ont été tués dans les frappes et le 31 décembre, des milliers de leurs partisans ont attaqué l'ambassade américaine.

Environ 5200 soldats américains sont stationnés en Irak pour mener la coalition contre le groupe djihadiste, État islamique (EI). Le sentiment antiaméricain dans le pays s'est ravivé après la mort du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien, Abou Mehdi al-Mouhandis, tués dans une frappe de drone américaine à Bagdad le 3 janvier.

Vendredi, le puissant leader chiite Moqtada Sadr a organisé à Bagdad un rassemblement de ses partisans pour réclamer le départ des troupes américaines. Moqtada Sadr soutenait jusqu'alors le mouvement de contestation qui réclame depuis le 1er octobre des réformes politiques profondes. Mais vendredi soir, il a annoncé qu'il retirait son soutien à la contestation, faisant craindre à de nombreux manifestants que cela ne laisse le champ libre au pouvoir pour réprimer le mouvement.

«Seulement pour toi, Irak! »

Dimanche, des milliers d'étudiants, déterminés, faisant le V de la victoire et agitant le drapeau irakien, ont à nouveau envahi des rues et des places de Bagdad et de plusieurs villes du sud du pays.

Dans la ville sainte de Kerbala, un manifestant avait écrit: «Seulement pour toi, Irak!», sur une pancarte, en référence au refus du mouvement de toute récupération par les partis politiques ou puissances étrangères.

À Nassiriya, une autre ville du sud, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestants. L'un d'eux a été tué et des dizaines d'autres ont été blessés, selon une source médicale.

Samedi, quatre manifestants avaient été tués à Bagdad et dans le sud. À Bagdad, les forces de sécurité ont de nouveau tiré dimanche à balles réelles pour disperser de petits rassemblements sur les places Khallani et Wathba, à proximité de la place Tahrir, épicentre de la contestation, selon une source policière. Les manifestants ont lancé des pierres ou des cocktails Molotov sur la police anti-émeutes. Un manifestant a été tué par balles dans la capitale, selon une source médicale. Au moins 17 autres ont été blessés, dont six par balles, a indiqué une source policière.

«Indigne»

À Bassora, à l'extrême sud du pays, des centaines d'étudiants ont protesté contre le démantèlement de leur campement par les forces anti-émeutes la veille, selon un correspondant de l'AFP.

Depuis le 1er octobre, ce mouvement inédit, dominé par la jeunesse, a été émaillé de violences qui ont fait au moins 470 morts, en grande majorité des manifestants, selon des sources médicales et policières. Après avoir dénoncé dans un premier temps le manque d'emplois et de services et la corruption endémique, la contestation réclame désormais des élections anticipées et un Premier ministre indépendant.

En décembre, le Parlement a approuvé une nouvelle loi électorale et, sous la pression de la rue, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné. Mais il continue de gérer les affaires courantes, les partis politiques ne parvenant pas à s'entendre sur un successeur.

Cette impasse a été dénoncée samedi par la représentante de l'ONU en Irak, Jeanine Hennis-Plasschaert, qui a déclaré que «l'indécision» actuelle était «indigne des espoirs des Irakiens exprimés courageusement depuis quatre mois».

(nxp/afp)