USA-Iran

21 juin 2019 17:20; Act: 22.06.2019 03:23 Print

Trump a annulé in extremis des frappes sur l'Iran

Après la destruction du drone US par Téhéran, le président américain a ordonné des représailles militaires avant de se raviser au dernier moment.

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Donald Trump a affirmé vendredi avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l'Iran pour éviter un bilan humain dramatique. Il a tout de même maintenu ses menaces de représailles contre Téhéran qui a abattu un drone américain.

Dans une démarche surprenante de la part d'un président des Etats-Unis, l'ancien homme d'affaires a fait, dans une série de tweets matinaux, le récit détaillé de la soirée de jeudi. Il a ainsi donné un aperçu inédit - et très personnel - de sa prise de décision sur ce dossier aux lourds enjeux militaires et stratégiques.

«Nous étions armés et prêts à riposter la nuit dernière contre trois sites différents quand j'ai demandé combien (de personnes) allaient mourir», a-t-il écrit. «150 personnes, monsieur, a été la réponse d'un général. 10 minutes avant la frappe, je l'ai stoppée, c'était disproportionné par rapport à une attaque contre un drone».

Dans un extrait d'une interview à NBC, le président assure que les avions américains n'avaient donc pas décollé quand il a pris sa décision. «Mais ils auraient été (dans les airs) rapidement. Et les choses en seraient arrivées à un point où (...) on n'aurait pas pu faire marche arrière», a-t-il dit.

C'est dans ce contexte que la Maison Blanche a annoncé vendredi soir que M. Trump avait désigné Mark Esper pour être le nouveau ministre de la Défense, ce qui doit encore être validé par le Sénat. Il a été nommé mardi chef du Pentagone par intérim, rôle assuré par Patrick Shanahan depuis décembre 2018 mais qui s'est désisté pour des raisons familiales.

Rencontre avec le prince saoudien

L'Iran a abattu jeudi un drone Global Hawk qui, a-t-il assuré, avait violé son espace aérien. Cette version des faits est contestée avec force par les Etats-Unis. Ce dernier développement a provoqué un nouvel accès de fièvre entre les deux ennemis. Téhéran a averti qu'il se défendrait en cas d'«agression». L'administration Trump mène une politique de «pression maximale» pour pousser l'Iran à réduire encore davantage ses ambitions nucléaires et limiter son influence régionale.

M. Trump s'est en outre entretenu vendredi avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, dont le pays est un grand rival de l'Iran. Et les Etats-Unis ont demandé la tenue lundi d'une réunion du Conseil de sécurité sur les derniers développements liés à l'Iran, selon des sources diplomatiques.

Situation sensible

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a fait passer un message «d'urgence» aux Etats-Unis via la Suisse, disant que son pays «ne cherchait pas la guerre» mais qu'il défendrait «résolument son territoire contre toute agression». L'ambassade de Suisse à Téhéran représente les intérêts américains en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1980.

A Washington, la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a évoqué «une situation extrêmement dangereuse et sensible avec l'Iran». «Nous devons calibrer une réponse qui désamorce (les tensions) et fasse avancer les intérêts américains, et nous devons être clairs sur la nature de ces intérêts», a-t-elle dit. Dans le même temps à Téhéran, des Iraniens disaient leur préoccupation. «Pour moi, la situation est déjà inquiétante car l'état économique du pays est mauvais, et l'éventualité d'une guerre m'effraie. Mais les Américains ne sont pas partants eux non plus pour une guerre, car nous vivons dans une région particulièrement stratégique», a ainsi jugé Amir, un commerçant interrogé par l'AFP.

(nxp/afp)