Etats-Unis

05 février 2019 23:37; Act: 06.02.2019 07:42 Print

Trump a cherché, malgré tout, à rassembler

Dans un climat politique délétère, le président américain a prononcé son discours sur l'état de l'Union, mardi soir.

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Donald Trump lors de son discours sur l'Union, mardi soir à Washington. (Photo: AFP)

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Face au Congrès réuni au grand complet, le président américain Donald Trump s'est posé mardi en rassembleur, mais les tensions politiques à Washington, alimentées par ses propos enflammés sur l'immigration, ont rendu l'exercice périlleux.

Pour ce traditionnel discours sur «l'état de l'Union», le tempétueux président américain a multiplié les appels au compromis dans une allocution à la tonalité plutôt sobre, à l'exception d'un long passage sur la sécurité à la frontière avec le Mexique, conclu sur la promesse que le mur serait bel et bien construit.

«Le programme que je vais présenter ce soir n'est ni républicain, ni démocrate. C'est celui du peuple américain», a-t-il déclaré, portant son emblématique cravate rouge, devant plus de 500 élus, dont de nombreuses femmes démocrates vêtues de blanc, en hommage au centenaire du mouvement des suffragettes.

«Ensemble, nous pouvons mettre fin à des décennies de blocage politique, guérir les blessures anciennes, construire de nouvelles coalitions, esquisser de nouvelles solutions», a-t-il ajouté, s'en tenant assez fidèlement au texte défilant sur les téléprompteurs.

«Soudaine envie d'unité»

Mais ces appels venant d'un président coutumier des diatribes enflammées ont peu de chance d'être entendus par ses adversaires politiques. D'autant que le texte comportait peu d'initiatives nouvelles. «On dirait que, tous les ans, le président se réveille le jour du discours sur l'état de l'Union avec une soudaine envie d'unité. Les 364 autres jours de l'année, le président passe son temps à nous diviser», avait ironisé, avant même le début du discours, Chuck Schumer, ténor démocrate du Sénat.

Une image, chargée en symboles, résumait la difficulté de sa délicate équation politique: lorsqu'il a pris la parole devant les élus au grand complet, la nouvelle «Speaker» de la Chambre des représentants Nancy Pelosi était, suivant la tradition, assise derrière lui, dans le champ des caméras. Elle est pour l'essentiel restée impassible.

Or l'élue démocrate de San Francisco, vent debout contre son projet de mur à la frontière avec le Mexique, vient de lui infliger une cuisante défaite politique. Et l'image d'habile négociateur que le magnat de l'immobilier aime mettre en avant a été très sérieusement écornée.

Après des semaines d'une étrange partie de poker menteur, Donald Trump a cédé face à ses adversaires politiques et a mis fin au blocage des services fédéraux sans avoir obtenu le moindre dollar pour son projet emblématique de lutte contre l'immigration clandestine.

Enquêtes «ridicules

A 21 mois de la prochaine élection présidentielle, où il entend briguer un second mandat, le républicain a dénoncé, avec une virulence rare dans cette enceinte, les enquêtes judiciaires «ridicules» et «partisanes» en référence aux investigations du procureur spécial Robert Mueller sur le liens entre son équipe de campagne et la Russie. Sur un terrain moins miné, il a mis en avant de très bons chiffres économiques et un marché du travail extrêmement dynamique.

«Après 24 mois de progrès rapides, le monde entier nous envie notre économie, notre armée est la plus puissante de la terre, et l'Amérique gagne chaque jour», a-t-il déclaré. S'il a une nouvelle fois affirmé que le mur à la frontière avec le Mexique serait «construit», il n'a finalement pas, comme il l'avait laissé entendre, déclaré une «urgence nationale», procédure exceptionnelle qui lui permettrait de contourner le Congrès.

«Ce sont les immigrants, pas les murs, qui rendent l'Amérique plus forte», lui a répondu juste après son discours Stacey Abrams, femme noire et figure montante du parti, qui lui a donné la réplique au nom des démocrates.

Evoquant rapidement les questions sanitaires, il a fixé comme objectif aux élus du Congrès de dégager les moyens nécessaires pour «éliminer l'épidémie de VIH» aux Etats-Unis d'ici 10 ans.

Le chapitre consacré à la politique étrangère lui a valu des applaudissements inégaux dans son camp tant certaines de ses décisions suscitent un malaise. «Les grandes Nations ne se combattent pas dans des guerres sans fin», a affirmé M. Trump pour défendre le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie, mais aussi d'Afghanistan, pays à propos duquel il a évoqué des discussions «constructives» avec les talibans.

Dans un cruel rappel à l'ordre, le Sénat a approuvé lundi soir à une très large majorité un amendement critiquant sa décision de retirer les troupes américaines de Syrie et d'Afghanistan.

Sommet Trump-Kim au Vietnam

Le président américain a aussi profité de ce rendez-vous pour annoncer le lieu et la date de son prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un qui aura lieu les 27 et 28 février au Vietnam. Une nouvelle fois, il a averti la Chine qu'elle ne pourrait plus «voler les emplois et la richesse des Américains» et exigé des «changements structurels» de Pékin pour mettre fin à ses pratiques commerciales «injustes».

Il a aussi assuré les Vénézuéliens du soutien américain dans leur «quête de liberté». Les Etats-Unis, ainsi qu'une quarantaine d'autres pays, ont reconnu l'opposant vénézuélien Juan Guaido comme président par intérim et seule autorité légitime à Caracas.

Dans l'hémicycle, le contraste était saisissant entre les rangs républicains et démocrates, beaucoup plus marqués par la diversité dans ce Congrès américain qui affiche depuis janvier un nombre record de femmes et d'élus issus de minorités. La Première dame Melania Trump a été reçue par près d'une minute d'applaudissements, mais certains démocrates se sont abstenus.

Fait remarquable: le discours a été interrompu par un «Happy Birthday» chanté en coeur lorsque le président a présenté Judah Samet, survivant de la tuerie de la synagogue de Pittsburgh fin octobre. «Ils ne le feraient pas pour moi», a ajouté Donald Trump dans les rires.

Le 45e président des Etats-Unis a conclu son discours d'un peu plus de 80 minutes sur une tonalité rassembleuse: «Nous devons choisir si nous nous définissons par nos différences ou si avons l'audace de les transcender». Le prochain combat budgétaire, avec une échéance fixée au 15 février, pourrait cependant marquer la reprise d'un affrontement politique sans merci jusqu'à l'élection présidentielle de novembre 2020.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • suisse le 06.02.2019 09:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    constat

    Je constate que les médias critique le mauvais Trump ,et qu ils aiment le gentil Macron...Pourtant quand on vois les chiffres du chomage aux etats unis puis plus de 3 pourcents d augmentation de salaire..Et qu on regarde l état de la france!J me dis qu il faut choisir l invers des médias..

  • Jeannot De Table le 06.02.2019 12:22 Report dénoncer ce commentaire

    Repeat until....

    Ah, je sens déjà tous ces messages emplis de réflexion qui vont arriver. Allez, on répète tous en coeur: Trump c'est le méchant incapable qui n'a jamais rien fait de bien. Obama c'est le gentil qui à tout fait tout bien

  • Bidoum bidoum le 06.02.2019 09:15 Report dénoncer ce commentaire

    Bravo Trump...

    Unir les crétins, c'est sa réussite. Et comme ça court les rues, les crétins, c'est une réussite. La preuve il est président.

Les derniers commentaires

  • Mike le 06.02.2019 12:46 Report dénoncer ce commentaire

    C'est du Trump

    il lance un détonnant appel à lunité après avoir incendié les démocrates, en accroîssant les tensions partisanes au sujet du mur. Il se dit le champion de la dénucléarisation le lendemain du jour où il relance la prolifération nucléaire

  • Jeannot De Table le 06.02.2019 12:22 Report dénoncer ce commentaire

    Repeat until....

    Ah, je sens déjà tous ces messages emplis de réflexion qui vont arriver. Allez, on répète tous en coeur: Trump c'est le méchant incapable qui n'a jamais rien fait de bien. Obama c'est le gentil qui à tout fait tout bien

  • Brace Forimpact le 06.02.2019 10:38 Report dénoncer ce commentaire

    Trump, le champion !

    Très beau discours rassembleur. Trump se pose en champion toutes catégories pour la prochaine présidentielle. Personne ne lui arrive à la cheville. Il combat la drogue et le trafic d'humains qui ont pris des proportions dramatiques. A créé des millions d'emplois, relancé l'industrie. Il défend la constitution et les libertés du peuple. Mais, je retiendrai surtout sa très belle phrase :"un grand pays ne doit pas faire des guerres sans fin"!

    • Jamc le 06.02.2019 11:14 Report dénoncer ce commentaire

      FactCheck

      "proportions dramatiques": Faux, immigration clandestine au plus bas depuis les années 70. "Créé des millions d'emplois": Moins que sous Obama (197k Jobs/Mois pour Obama contre 190k Jobs/Mois pour Drumpf). "relancé l'industrie": Faux, les 'manufacturing jobs' sont en expansion depuis 2010.

  • Sofia Dellacqua le 06.02.2019 09:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dire qu'il veut rassembler...

    ...c'est comme dire que l'eau ne mouille pas ou que les poules ont des dents!

  • Mich le 06.02.2019 09:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Magnifique ce Président Trump! Si nous pouvions en avoir des comme lui en Europe! n'est ce pas Juncker?

    • pat le 06.02.2019 10:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mich

      Oui faut des gars qui pointe du doigt ceux qui font que tout les pays sont endetté et que nos anciens malgré la croissance commence a vivrent la misere...

    • C'est de l'humour ? le 06.02.2019 12:31 Report dénoncer ce commentaire

      @pat

      Alors que Trump ne s'enrichit pas du tout sur le dos des pauvres hein ?!?

    • jarod gibbs le 06.02.2019 14:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @pat

      Les anciens qui ont majoritairement voté UDC/PLR? La prochaine fois ils réfléchiront...ou pas!