Trump et la crise à Hong Kong

13 août 2019 23:18; Act: 14.08.2019 06:45 Print

L'apparente bienveillance à l'égard de Pékin dérange

Le président américain a été vivement critiqué chez lui pour son apparente bienveillance à l'égard de Pékin au sujet de la crise à Hong Kong.

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Donald Trump est critiqué de toutes parts aux Etats-Unis pour son apparente bienveillance à l'égard de la Chine dans la crise sans précédent qui secoue Hong Kong. Le président des Etats-Unis a confirmé mardi, sur la foi d'informations des services de renseignement américains, que l'armée chinoise se déployait «à la frontière avec Hong Kong».

Des vidéos diffusées par les médias officiels chinois avaient déjà montré des forces se massant près de la région semi-autonome, dans ce qui est apparu comme un moyen pour Pékin d'accentuer la menace d'une intervention face aux manifestations pro-démocratie qui s'enchaînent depuis début juin.

Mais s'il a renouvelé ses appels à ce que «tout le monde» reste «calme et en sécurité», Donald Trump n'a pas adressé d'avertissement explicite aux autorités chinoises. «J'espère qu'il y aura une solution pacifique» et que «personne ne sera tué», s'est-il borné à ajouter, alors qu'une partie des manifestants se montrent de plus en plus virulents et que les affrontements avec la police se multiplient.

Grave crise

L'ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Pourtant, l'administration Trump, engagée depuis des mois dans une confrontation directe avec la Chine sur le commerce, la compétition diplomatico-militaire en Asie-Pacifique ou encore les droits humains, s'est montrée jusqu'ici très discrète. A tel point que certains observateurs se demandent, sans avancer d'éléments précis, si le milliardaire républicain n'est pas prêt à fermer les yeux sur une éventuelle répression chinoise en échange d'une percée dans les négociations commerciales.

Le président septuagénaire a tout juste estimé, début juillet, que les manifestants étaient «en quête de démocratie». Mais Washington a rejeté comme «ridicules» les accusations d'ingérence émanant de Chine, et a plutôt pris soin de ne pas prendre parti, appelant «toutes les parties à s'abstenir de toute violence».

Le président Trump a même délivré un satisfecit à son homologue chinois Xi Jinping, dont il a estimé fin juillet qu'il avait «agi de façon responsable». La crise est «entre Hong Kong et la Chine car Hong Kong fait partie de la Chine», a-t-il ensuite insisté début août, lui qui est d'ordinaire prompt à distribuer les bons et les mauvais points, y compris à ses plus proches alliés.

«Feu vert»

Le message est-il plus ferme en privé? Difficile à dire. Si le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a rencontré mardi à New York le plus haut responsable du Parti communiste chinois pour la politique étrangère, Yang Jiechi, le département d'Etat n'a rien voulu divulguer de la teneur de l'entretien, qui n'avait pas été annoncé à l'avance.

Résultat: de l'aveu même de Donald Trump, dans un autre tweet publié mardi, nombreux sont les détracteurs qui l'accusent d'être responsable «des problèmes actuels de Hong Kong». «Je me demande bien pourquoi?», a-t-il ajouté. «Il a donné à Xi son feu vert», lui a répondu, également sur Twitter, Thomas Wright, du cercle de réflexion Brookings Institution, dénonçant la «pire décision de politique étrangère de sa présidence».

Nicholas Burns, ex-ambassadeur américain aujourd'hui professeur à Harvard, l'a aussi accusé de manquer de «courage» en soutenant «les deux camps». «Les Etats-Unis devraient être du côté d'un seul camp, celui des droits démocratiques pour le peuple de Hong Kong», a-t-il estimé, à l'unisson de nombreux experts ou élus.

Critiques à gauche comme à droite

Côté politique aussi, en effet, républicains comme démocrates multiplient les déclarations de soutien aux manifestants et les mises en garde visant Pékin, qui apparaissent en creux comme autant de critiques au sujet de la discrétion de l'administration.

«Les Etats-Unis, et toutes les nations éprises de liberté autour du monde, doivent se tenir prêts à agir rapidement pour défendre la liberté si la Chine s'engage dans une escalade du conflit à Hong Kong», a ainsi prévenu le sénateur républicain Rick Scott.

Son collègue Lindsey Graham, qui a souvent l'oreille de Donald Trump, a renchéri: «30 ans après la place Tiananmen», où l'armée chinoise a mis fin en 1989 au mouvement pro-démocratie, faisant des centaines de morts, «tous les Américains soutiennent les manifestants pacifiques de Hong Kong». «C'est un moment charnière pour les relations américano-chinoises», a-t-il insisté.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Kobra le 14.08.2019 06:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Business as usual

    En résumé les manifestants de Hong Kong ne pèsent pas bien lourds face aux tonnes de soja que Trump essaie désespérément de vendre aux chinois...

  • regex le 14.08.2019 06:59 Report dénoncer ce commentaire

    question de priorité

    La démocratie n'est pas une valeur que soutient Trump.

  • Dany Cmc le 14.08.2019 07:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Business, toujours business

    Leurs vies valent moins que leurs profits.

Les derniers commentaires

  • Lulu le 14.08.2019 12:18 Report dénoncer ce commentaire

    Extraordinaire le pachyderme

    Mon royaume nest jamais assez grand , mon pouvoir doit être supérieur à mon égo et ma parole dor . Dure de pachyderme

  • Godzila65 le 14.08.2019 11:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un peu de retenue svp

    C'est vrai. Il faut envoyer les troupes de toute urgence ! Pour mémoire, malgré ses considérables défauts, Trump est le premier président US à ne pas avoir débuté une guerre depuis très (trop) longtemps. Et c'est aussi le premier à réellement confronter la Chine là où ça fait mal, c'est à dire l'économie. Personnellement ses appels au calme me vont très bien.

  • Jante Paul le 14.08.2019 10:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    nawak

    tiens, maintenant il écoute ses agences de renseignements ? c'est vraiment quand ça l'arrange.

  • Abraxas le 14.08.2019 09:36 Report dénoncer ce commentaire

    Histoire,,...histoire

    Pour les suisses bien-pensants et donneurs de leçons qui ne cessent de dénoncer la barbarie de l'armée chinoise et son régime dictatorial le pire du monde, faites déjà votre travail de mémoire sur la fusillade du 9 novembre 1932 par l'armée suisse à Genève.

    • Momo le 14.08.2019 09:47 Report dénoncer ce commentaire

      La différence est évidente

      Une histoire dramatique dont la Suisse en a tiré les conséquences , et a pris des mesures pour que cela ne ce répète , contrairement à certains pays où ces mesures sont considérés comme nécessaires .

    • Pirex le 14.08.2019 09:58 Report dénoncer ce commentaire

      Au royaume des aveugles, les borgnes..

      Et c'est quel pays qui vous a donné la leçon pour en tirer les conséquences?

    • Spartacus le 14.08.2019 10:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Abraxas

      excellent, merci.

  • Momo le 14.08.2019 08:55 Report dénoncer ce commentaire

    Manipulateur sans fin

    Extraordinaire ! ce milliardaire manipule les bourses dune façon déconcertante . Une fois de plus un milliardaire au pouvoir ne travaille que pour expandre son empire dans tous le monde et même aux pays communistes . Et de plus avec laide de toute la famille

    • Jante Paul le 14.08.2019 10:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Momo

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