Grande-Bretagne

24 juillet 2019 07:57; Act: 24.07.2019 08:38 Print

Trump et Johnson sont-ils de vrais amis?

Les deux dirigeants, Donald Trump et Boris Johnson, sont jugés égocentriques et leurs intérêts sont parfois bien divergents.

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Les planètes semblent désormais alignées pour relancer la «relation spéciale» entre Etats-Unis et Royaume-Uni, avec l'alchimie affichée par le président américain Donald Trump et le futur premier ministre britannique Boris Johnson. Mais l'entente pourrait vite s'avérer plus compliquée entre deux dirigeants jugés égocentriques et aux intérêts parfois divergents.

Les félicitations du président américain n'ont pas tardé après la confirmation de la victoire de «Boris» à la tête du parti conservateur britannique. «Il sera formidable», a-t-il tweeté.

Le message est en ligne avec les superlatifs employés ces derniers mois par le milliardaire républicain pour encenser le nouveau chef des conservateurs britanniques. Il se trouve à l'opposé de ses critiques pour la première ministre sortante, Theresa May, qui a fait, à ses yeux, «du très mauvais boulot sur le Brexit».

L'ère Trump-May a été délétère pour les relations entre les deux grands alliés transatlantiques, comme l'a encore montré la démission de l'ambassadeur britannique à Washington Kim Darroch, après la fuite de mémos peu flatteurs à l'égard du président américain.

Tignasse blonde

Tandis qu'avec MM. Trump et Johnson, «on pourrait avoir le partenariat le plus étroit entre des dirigeants des Etats-Unis et du Royaume-Uni depuis l'époque de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher», s'enthousiasme Nile Gardiner, ex-conseiller de la «dame de fer» aujourd'hui chercheur au centre de réflexion conservateur américain Heritage Foundation.

Il y a plusieurs raisons à cela. Né à New York, le nouveau patron des Tories se dit déterminé à quitter l'Union européenne coûte que coûte à l'automne et «représente une vision clairement pro-américaine avec une affinité marquée pour l'alliance transatlantique», relève Nile Gardiner.

Tout, jusqu'à la tignasse blonde, semble rassembler les deux hommes portés au pouvoir par la vague populiste. «Ce sont, sur le papier, des frères idéologiques, à droite, populistes, contre le politiquement correct et anti-establishment», énumère Ian Bremmer, président de la société d'expertise Eurasia Group.

Mais «leur relation est aussi beaucoup plus instable», prévient ce politologue interrogé par l'AFP.

«Le Trump britannique»

Selon lui, «Boris Johnson et Donald Trump ont des personnalités similaires: aucun des deux n'est très porté sur l'idéologie, et tous deux s'intéressent d'abord à eux-mêmes».

Une analyse que semble confirmer le président américain lorsqu'il explique pourquoi il «aime» tant le nouveau dirigeant britannique: car il est «le Trump britannique», a-t-il résumé mardi.

Et comme tous deux veulent attirer la lumière, cela pourrait faire des étincelles si, par exemple, le gaffeur Johnson faisait de l'ombre au susceptible M. Trump. «Boris Johnson a vexé beaucoup de gens qui se vexent moins facilement que Donald Trump», prévient Ian Bremmer.

L'idylle n'a d'ailleurs pas toujours été au rendez-vous. Avant l'élection de l'homme d'affaires new-yorkais à la Maison-Blanche, celui qui était alors maire de Londres disait vouloir «éviter certains quartiers de New York» pour ne pas risquer «d'y tomber sur Donald Trump».

Négociations annoncées tendues

En cause, des propos controversés du milliardaire républicain sur les musulmans et la radicalisation dans la capitale britannique. Depuis, l'ex-chef de la diplomatie britannique s'est démarqué à plusieurs reprises du président américain, comme récemment au sujet de ses attaques contre des élues démocrates issues des minorités.

Preuve que l'entente sur le fond risque d'être rapidement chahutée, Boris Johnson s'est aussi opposé à son nouvel «ami» sur l'Iran, menant en mai 2018 une mission de la dernière chance à Washington pour tenter en vain de le faire rester dans l'accord sur le nucléaire iranien. La crise avec Téhéran est à nouveau un révélateur des tensions latentes entre les deux alliés, puisque le gouvernement Trump a fait comprendre que l'arraisonnement iranien d'un tanker britannique était avant tout le problème de Londres.

Et alors que l'Américain a fait miroiter à Londres un accord commercial «extraordinaire» après le Brexit, et que le Britannique a surfé sur cette promesse pour garantir que le divorce européen serait bon pour l'économie, les négociations s'annoncent en fait tendues.

«Malgré les affinités, leurs intérêts ne sont pas toujours alignés», constate Luigi Scazzieri, du Center for European Reform à Londres.

Selon lui, Boris Johnson, en position de faiblesse si les discussions avec Bruxelles tournent mal, risque de buter sur «les instincts 'America first' de M. Trump», qui a fait de «l'Amérique d'abord» son mot d'ordre. Donald «Trump ne devrait faire aucune concession au Royaume-Uni». «Au contraire il cherchera un maximum d'avantages pour les Etats-Unis en poussant les Britanniques à ouvrir leurs secteurs agricole et sanitaire», prédit-il.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • PoisonTwD le 24.07.2019 08:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mouais...

    Depuis quand les politiciens ont des amis? Intérêt commun peut-être plutôt... Trump n'aime pas trop l'europe si elle n'est pas de son bord enfin comme tout président américain en général.

  • Mac le 24.07.2019 08:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas d'amis

    Trump n'a pas d'amis. Il est égocentrique, narcissique et manipulateur. Il n'a aucun amis à l'exception de lui-même.

  • MIkeeGee le 24.07.2019 08:46 Report dénoncer ce commentaire

    Orange

    Amis au niveau de la couleur des cheveux peut-être ?

Les derniers commentaires

  • Anti UE tenus e le 25.07.2019 16:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vision UE

    moi aussi je veut la détruire cette UE golem frankestain faite de membres pourris tenus en vie artificiellement , qui veulent être aussi grand que l'Amérique mais chacun tirant a soi ...pantin disloqué sans coordination aucune

  • et ça derange le 25.07.2019 16:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    complicité Usa UK

    vrais a,is ou pas leur deux pays ensemble on libéré l'europe en 45 des nazi franco allemands .... rien est éternel mais réconfortant que continuent a s'entendre

  • Isabelle Küng le 25.07.2019 10:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Suspense

    BREXIT promis pour le 31 octobre..... N'est-ce pas, si je ne m'abuse, le jour de HALLOWEEN.... la date où l'on fête les sorcières? Coutume américaine s'il en est, avec son pendant au Mexique, avec squelettes et mariachis endiablés dans le style "En veux-tu? En voilà!".... suspense!

  • le barbier de Belleville le 24.07.2019 19:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    les blondinet limite albinos

    au niveau politique je sais pas qui est pire que l'autre par contre au niveau coupe de cheveux y se valent

  • Calamine Lilou le 24.07.2019 17:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Que de polémiques pour rien ...

    Déjà en Politique, le mot «Amis n'existe pas, plutôt Entente cordiale entre un Chef d'Etat Républicain des USA et un Premier Ministre Btitannique, et ce dans le but de faire valoir les intérêts respectifs de leur Pays ! Pour ma part, je tiens à féliciter M. Johnson d'avoir gagné la partie pour mener à bien ce Brexit dont ses Électeurs n'attendaient plus l'issue !