Procédure de destitution

22 octobre 2019 18:10; Act: 22.10.2019 18:10 Print

Trump se pose en victime d'un «lynchage»

Le président américain avait parlé de «chasse aux sorcières» et de «harcèlement». Désormais, il compare la procédure de destitution le visant à un «lynchage», un mot très sensible aux Etats-Unis.

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«Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici: un lynchage», a tweeté le président américain. (Photo: Keystone/AP/Pablo Martinez Monsivais)

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Furieux et visiblement inquiet, Donald Trump a comparé mardi la procédure de destitution le visant à un «lynchage», mot lourd de sens aux Etats-Unis, au moment même où l'enquête du Congrès pourrait progresser de manière significative avec l'audition d'un témoin-clé.

Le président américain avait parlé de «chasse aux sorcières» et de «harcèlement», mais l'utilisation de ce terme, qui renvoie à l'histoire de l'esclavage et à la ségrégation raciale, est une première depuis son arrivée à la Maison Blanche.

«Un jour, si un démocrate devient président et que les républicains remportent la Chambre des représentants, même avec une toute petite marge, ils peuvent lancer une procédure de mise en accusation du président, même sans respect des procédures, sans équité ou sans droits», a tweeté le milliardaire républicain. «Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici: un lynchage».


Le tweet matinal a suscité de très vives réactions dans la capitale fédérale américaine pourtant habituée aux déclarations volontairement provocatrices de l'ancien homme d'affaires de New York. «C'est un mot qu'aucun président ne devrait utiliser pour lui-même», a réagi le démocrate James Clyburn sur CNN. «Je viens du Sud. Je connais l'histoire de ce mot. C'est un mot qu'il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup de prudence», a ajouté l'élu Afro-Américain.

«J'ai étudié avec attention l'histoire présidentielle, nous n'avons jamais rien vu de tel», a-t-il encore dit, soulignant que les trois autres présidents américains ayant été visés par une procédure de mise en accusation - Andrew Johnson, Richard Nixon et Bill Clinton - n'avaient jamais fait de telles références.

En dépit de la décision de l'exécutif américain de ne pas répondre à leurs demandes, les élus démocrates de la Chambre des représentants poursuivent de leur côté leurs investigations.

Mardi, c'est Bill Taylor, chargé d'affaires américain en Ukraine, qui devait témoigner à huis clos. Il pourrait apporter de nouveaux éléments sur la question centrale de la procédure en cours: Donald Trump a-t-il utilisé l'arme diplomatique à des fins politiques ? A-t-il fait directement pression, chantage économique à l'appui, sur son homologue ukrainien pour tenter de nuire à son rival démocrate Joe Biden ?

Des SMS embarrassants

Des SMS embarrassants pour le président américain, qui sont aux mains des enquêteurs parlementaires, devraient être au coeur des auditions.

Dans un message daté de début septembre adressé à Gordon Sondland, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, M. Taylor s'inquiétait ouvertement des pressions exercées par la Maison Blanche sur la présidence ukrainienne. Je «trouve ça dingue de suspendre l'aide sécuritaire en échange d'un coup de main pour une campagne politique», écrivait-il.

Source probable d'irritation pour le locataire de la Maison Blanche, un sondage rendu public par CNN mardi montre que 50% des Américains sont désormais favorables à sa destitution (contre 43% qui y sont défavorables), le chiffre le plus haut sur cette question dans les enquêtes réalisées pour CNN.

Pour l'heure, l'ancien magnat de l'immobilier s'emploie à s'assurer du soutien sans faille des élus républicains.
«95% d'opinions favorables au sein du parti républicain. Merci!», a-t-il tweeté, en guise de piqûre de rappel à ceux qui, dans son camp, exprimeraient leurs états d'âme ou seraient tentés de se retourner contre lui.

Forts d'une confortable majorité à la Chambre, les démocrates ont assez de voix dès aujourd'hui pour voter la mise en accusation («impeachment» en anglais) de M. Trump.

La seconde manche se jouerait alors au Sénat à qui il reviendrait de mener le procès du président. Or celui-ci ne peut être destitué que si une majorité des deux tiers des sénateurs le décident, ce qui ne serait possible qu'avec des voix républicaines.

(afp)