Coronavirus

12 mars 2020 02:27; Act: 12.03.2020 17:58 Print

Trump: «L'Europe est la nouvelle Chine»

Les étrangers ayant séjourné en Europe ne pourront plus pénétrer sur le territoire américain. Tous les vols depuis l'Europe vers les États-Unis sont suspendus.

Le président Donald Trump lors de son allocution mercredi soir. (Mercredi 11 mars 2020)
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Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi la suspension pour trente jours de l'entrée aux États-Unis de tout étranger ayant séjourné en Europe afin d'endiguer la pandémie du coronavirus, déclenchant une nouvelle tempête sur les marchés.

«J'ai décidé de prendre des actions fortes mais nécessaires pour protéger la santé et le bien-être de tous les Américains», a annoncé Donald Trump lors d'une allocution solennelle - par moments confuse - depuis le Bureau ovale de la Maison-Blanche. «Pour empêcher de nouveaux cas de pénétrer dans notre pays, je vais suspendre tous les voyages en provenance d'Europe vers les États-Unis pour les trente prochains jours», a-t-il ajouté, déplorant que l'Union européenne n'ait pas pris «les mêmes précautions».

Cette mesure, qui entrera en vigueur vendredi à minuit heure de Washington (5 h en Suisse), ne concernera pas le Royaume-Uni, a précisé le milliardaire républicain. Elle s'appliquera à toute personne ayant séjourné dans l'espace Schengen au cours des quatorze jours précédant leur arrivée prévue aux États-Unis, à l'exception des Américains et des résidents permanents. Fait sans précédent, le département d'État a exhorté dans la foulée les Américains à éviter tout voyage à l'étranger.

Les prix du pétrole chutaient de plus de 6% jeudi matin en Asie après le discours du président américain, et les Bourses de Tokyo et de Hong Kong dégringolaient elles aussi lourdement. La Bourse australienne a connu sa pire journée (-7,4%) depuis la crise de 2008.

«Virus étranger»

Au cours de son allocution de dix minutes, le président de la première puissance mondiale a par ailleurs qualifié le nouveau coronavirus de «virus étranger». Il y a quelques jours, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait provoqué une polémique et l'ire de Pékin, en parlant, lui, de «virus de Wuhan».

Donald Trump a été accusé par nombre d'élus et de scientifiques de vouloir minimiser à tout prix l'ampleur de la crise et d'envoyer des messages incohérents, parfois en contradiction avec ceux des autorités sanitaires.

Quelques heures avant l'allocution présidentielle, le directeur des Centres de détection et de prévention des maladies (CDC), Robert Redfield, avait estimé que le principal risque de propagation de l'épidémie pour les États-Unis, où un millier de cas ont été recensés, venait du Vieux-Continent. «La vraie menace pour nous, c'est désormais l'Europe», avait-il affirmé. «C'est de là qu'arrivent les cas. Pour dire les choses clairement, l'Europe est la nouvelle Chine.»

Plus de 20'000 personnes (22'307) ont été contaminées en Europe, et 930 en sont mortes. Dans le monde, 124'101 cas d'infection ont été recensés dans 113 pays et territoires, causant la mort de 4566 personnes, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mercredi à 18 heures.

Désormais qualifié de pandémie par l'Organisation mondiale de la santé, le Covid-19 perturbe chaque jour davantage la vie quotidienne des populations affectées, de la limitation des déplacements aux fermetures en cascade de lieux publics ou aux restrictions du nombre de personnes pouvant se rassembler.

Les 60 millions d'Italiens ont été appelés à rester chez eux mercredi pour la deuxième journée consécutive. Dans la soirée, le gouvernement a décrété la fermeture de tous les commerces, sauf pour l'alimentation et la santé. L'Italie compte désormais plus de 12'000 cas, dont 827 morts.

Tom Hanks contaminé

Aggravation aussi en Espagne, où les cas ont presque quadruplé depuis dimanche, pour dépasser les 2000. Les écoles de la région de Madrid ont été fermées. Le Danemark a quant à lui interdit tout rassemblement de plus de 100 personnes et a prié les fonctionnaires de rester chez eux.

Confrontés aux craintes d'une crise économique majeure, les grands argentiers de la planète ont annoncé des aides souvent massives, l'Allemagne se disant par exemple pour la première fois prête à renoncer à la sacro-sainte règle du zéro déficit budgétaire, souvent critiquée à l'étranger. La Banque centrale européenne (BCE) doit dévoiler un train de mesures jeudi. L'Australie, craignant une récession, a annoncé un plan de relance de plus de 10 milliards d'euros.

L'acteur américain Tom Hanks a annoncé qu'il avait été testé positif au nouveau coronavirus, de même que son épouse Rita Wilson, avec laquelle il se trouve actuellement en Australie.

La pandémie continue de semer le chaos dans le calendrier sportif mondial. Aux États-Unis, la NBA a suspendu tous les matches de basket de la saison après un cas de coronavirus chez un joueur de l'Utah. Et la Confédération sud-américaine de football (Conmebol) a annoncé avoir demandé mercredi à la FIFA de reporter ses éliminatoires à la Coupe du monde 2022 au Qatar.

La Corée du Sud a fait état jeudi de 114 nouveaux cas, portant le bilan à 7869 personnes affectées, dont 66 sont décédées. L'augmentation annoncée jeudi est très inférieure à ce qui était la norme au début du mois, quand entre 500 et 600 nouvelles contaminations étaient répertoriées quotidiennement. Mais les autorités ont appelé à ne pas relâcher la vigilance, en dépit des bonnes nouvelles des derniers jours.

En Chine, le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes a chuté jeudi à quinze, au plus bas depuis le début de la publication des statistiques mi-janvier.

(nxp/afp)