Congo

18 décembre 2011 16:52; Act: 19.12.2011 12:15 Print

Tshisekedi se dit «élu» et va prêter serment

L'opposant congolais Etienne Tshisekedi se considère comme «président élu» et veut prêter serment vendredi prochain à Kinshasa (RDC).

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Etienne Tshisekedi va prêter serment vendredi prochain devant le peuple réuni au stade des martyrs» à Kinshasa. (Photo: AFP)

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L'opposant Etienne Tshisekedi a répété dimanche qu'il se considérait comme le «président élu» de la République démocratique du Congo et annoncé qu'il prêterait serment vendredi, rejetant les résultats de la présidentielle ayant donné la victoire au sortant Joseph Kabila, qui sera investi mardi.

«Je vais prêter serment vendredi prochain devant le peuple réuni au stade des Martyrs» à Kinshasa, a déclaré l'opposant, qui a eu 79 ans cette semaine, en répétant qu'il se considérait toujours comme «président élu» de la RDC.

Autoproclamé

M. Tshisekedi s'était ainsi autoproclamé président le 9 décembre, après avoir rejeté les résultats provisoires de la présidentielle à un tour du 28 novembre annoncés par la Commission électorale (Céni) donnant Kabila gagnant avec 48,95% des suffrages, devant dix autres candidats, dont Etienne Tshisekedi (32,33%), arrivé deuxième.

Malgré les multiples irrégularités ayant entaché le processus électoral dénoncées par l'opposition, des observateurs nationaux et internationaux, et des pays occidentaux, la Cour suprême de justice a confirmé vendredi à la virgule près les chiffres de la Céni et la réélection de Kabila.

Depuis son domicile à Kinshasa, M. Tshisekedi, a d'abord fait une «déclaration au peuple congolais» avant de répondre à la presse.

«Tirant les leçons de la démocratie pour laquelle nous nous sommes battus trente ans durant, c'est-à-dire le respect de la volonté du peuple souverain, je me suis considéré depuis lors comme président élu par le peuple congolais de la République démocratique du Congo», a-t-il dit.

«Fauteur en eaux troubles»

Il a qualifié le président Kabila, qui doit prêter serment mardi, de «fauteur en eaux troubles», affirmé que le gouvernement actuel était «démis depuis ce jour» et que les ministères seraient «dirigés par des secrétaires généraux jusqu'à nouvel ordre».

A l'extérieur de sa résidence, quelque 200 militants chantaient «Tshisekedi président!».

Portant son éternelle casquette, M. Tshisekedi, chemise blanche, costume et cravate sombres, a fait sa déclaration assis à une table, le drapeau congolais hissé sur une hampe derrière lui.

Son directeur de cabinet, Albert Moleka, avait d'emblée donné le ton en lançant un sonore «Bienvenue à la présidence de la République» aux journalistes et aux dizaines de partisans réunis dans le jardin de la modeste villa de Tshisekedi.

Avant sa déclaration, des journalistes de l'AFP ont pu voir quatre chars de la garde républicaine, dont trois bâchés, stationnés aux abords du stade des Martyrs, situé près du Palais du peuple.

Aucun besoin d'appel

Interrogé sur les appels à manifester lancés par son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), M. Tshisekedi a précisé qu'il n'avait «pas besoin» d'appeler les Congolais à manifester.

«Ils savent que c'est la première fois que leur président s'adresse à eux et que c'est la première fois que démarre l'Etat démocratique, l'Etat de droit pour lequel ils se sont battus trente ans durant et c'est à eux de manifester leur sentiment de la manière qu'ils veulent», a-t-il souligné.

Questionné sur le climat actuel dans le pays, M. Tshisekedi a demandé aux Congolais «de garder (leur) calme et (leur) sérénité (...) et de créer un climat de confiance dont les investisseurs ont besoin».

«Je ne suis pas prêt à négocier avec (Daniel Ngoy) Mulunda (le président de la Céni) ni avec (Joseph) Kabila», a-t-il également déclaré, alors que l'un des candidats battus à la présidentielle, l'opposant Vital Kamerhe, s'était dit prêt à un dialogue avec le président sortant.

Réagissant aux propos de M. Tshisekedi, Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité présidentielle, s'est dit «pas du tout surpris», en évoquant une «énième vaste blague» de l'opposant.

«Il est en train d'exercer une réelle rébellion contre les institutions de la république établies», a-t-il toutefois ajouté.

(afp)