Grèce

09 mai 2012 20:48; Act: 09.05.2012 21:37 Print

Tsipras renonce à faire un gouvernement

Alexis Tsipras, dirigeant du parti grec de la Gauche radicale Syriza, a annoncé mercredi soir qu'il renonçait à former un gouvernement de coalition, n'étant pas parvenu à trouver une majorité «pour un gouvernement de gauche» opposé à l'austérité.

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Alexis Tsipras, à droite, est le deuxième à renoncer à former un gouvernement. (Photo: Keystone)

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«Nous ne pouvons pas réaliser notre rêve d'un gouvernement de gauche (...). Demain (jeudi) je vais rendre le mandat confié par le président de la République et nous allons continuer de participer aux procédures prévues par la constitution», a déclaré M. Tsipras devant son groupe parlementaire, après avoir rencontré tous les chefs de parti grecs.

Alexis Tsipras, dont le parti a créé la surprise aux élections de dimanche en obtenant la deuxième place avec 16,7% des voix, essaie depuis mardi de former un gouvernement, après que le chef du parti conservateur Antonis Samaras, arrivé en tête du scrutin, eut échoué dans cette tâche délicate lundi.

Mardi, M. Tsipras s'est vu confier par le président de la République Carolos Papoulias un «mandat exploratoire» pour former un gouvernement, comme le stipule la constitution.

En vue de créer une alliance à «gauche», il a rencontré des dirigeants des partis de gauche: les communistes du KKE qui ont refusé toute coopération avec le Syriza, ainsi que la Gauche démocratique et d'autres petits partis de gauche comme les Ecolos-Verts qui n'ont pas pu atteindre le seuil de 3% pour entrer au parlement.

Rencontre avec le PASOS

Mercredi, M. Tsipras a rencontré le chef du parti socialiste Evangélos Vénizélos, rétrogradé troisième parti du pays après le scrutin de dimanche, et M. Samaras. Il les a accusés tous les deux «de dresser des faux pièges» et de parler «le langage du joueur de cartes».

«On ne peut pas à la fois soutenir un gouvernement anti-austérité et le mémorandum (accord signé avec les créanciers de la Grèce, UE et FMI, sur les mesures d'austérité en échange des prêts) ou les politiques d'Angela Merkel», a dit M. Tsipras.

«Le verdict posé par le peuple grec lors des élections va contre les politiques de rigueur et c'est une occasion historique pour les rejeter», a-t-il ajouté.

Après l'échec du dirigeant de la Gauche radicale à former un gouvernement, le tour revient à M. Vénizélos, qui doit recevoir jeudi le mandat pour tenter lui aussi cette tâche, qui parait impossible vu les divergences entre les partis grecs.

Vénizélos va tenter à son tour de former un gouvernement

Evangélos Vénizélos, le dirigeant du parti socialiste (Pasok), a affirmé mercredi qu'il allait être chargé par le chef de l'Etat Carolos Papoulias de former un gouvernement de coalition. Le leader de la gauche radicale Alexis Tsipras a de son côté jeté l'éponge.

«Je vais recevoir le mandat (pour former un gouvernement) et continuer l'effort national», a indiqué M. Vénizélos à l'issue d'une rencontre infructueuse avec M. Tsipras. Après avoir tenté de trouver une majorité «pour un gouvernement de gauche» opposé à l'austérité, M. Tsipras y a renoncé mercredi soir.

«Il s'est avéré après notre discussion avec M. Tsipras qu'on ne peut pas actuellement arriver à une solution précise et donc, avec le mandat que je recevrai demain (jeudi), je vais continuer les efforts pour former un gouvernement d'espoir, de sécurité et de perspective», a ajouté M. Vénizélos.

M. Vénizélos a réitéré que «le peuple grec veut de prime abord la stabilité, une solution gouvernementale claire qui ne conduit pas à de nouvelles élections».

«Une majorité écrasante du peuple veut le maintien du pays dans l'euro car une sortie de l'euro signifie la pauvreté, la réduction des revenus», a-t-il assuré.

Une incertitude périlleuse

Selon la Constitution, c'est donc au troisième parti, les socialistes du Pasok, que revient la responsabilité d'un ultime tour de table en vue d'une coalition.

Si M. Vénizélos échoue, le président Carolos Papoulias doit convoquer tous les partis pour une ultime tentative de former un gouvernement «d'unité nationale».

L'incertitude sur la formation d'un gouvernement en Grèce, dont la situation financière est toujours très périlleuse, inquiète ses créanciers, UE et FMI, et fait trembler les marchés depuis trois jours.

(ats/afp)