Proche-Orient

25 décembre 2008 18:51; Act: 25.12.2008 18:36 Print

Tzipi Livni promet des représailles contre le Hamas

La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a promis jeudi des représailles contre le mouvement palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

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Ces déclarations interviennent après une récente escalade des violences dans ce territoire palestinien.

«Ca suffit! la situation va changer», a déclaré Mme Livni, à l'issue d'un entretien avec le président égyptien, Hosni Moubarak, à propos de la situation dans la bande de Gaza. Ce territoire connaît un regain de violences depuis l'expiration vendredi dernier d'une trêve de six mois entre le Hamas et Israël.

«Malheureusement (...) le Hamas contrôle (la bande de Gaza), et le Hamas a décidé de cibler Israël, cela doit être stoppé et c'est ce que nous allons faire», a-t-elle prévenu. La ministre israélienne a qualifié les violences de mercredi d'»intolérable».

Quatre-vingt-quatre roquettes et obus de mortier ont été tirés sur Israël depuis la bande de Gaza ce jour-là, sans faire de blessés. Jeudi, une douzaine d'obus ont été tirés en direction d'Israël, à nouveau sans faire de blessés. Depuis la fin de la trêve, trois combattants du Hamas ont été tués par l'armée israélienne à Gaza.

La médiation du Caire se poursuit

«L'emprise du Hamas sur la bande de Gaza n'est pas seulement un problème israélien. Nous comprenons les besoins de l'Egypte, ce que nous faisons est une expression des besoins de la région», a dit Mme Livni.

Son homologue égyptien, Ahmad Aboul-Gheit, a lui appelé à la retenue. «L'Egypte a clarifié qu'Israël devait montrer de la retenue. Mais Israël a également clarifié que les tirs de roquettes devaient s'arrêter», a dit le chef de la diplomatie égyptienne.

Il a assuré que l'Egypte allait poursuivre ses efforts en vue d'une accalmie «tant que les (deux) parties l'accepteront». Il a cependant exprimé la crainte qu'elle ne puisse «les convaincre de revenir à la trêve alors qu'il y a un tel affrontement».

Faire payer «le prix fort»

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, qui jusque-là s'était montré réticent, a menacé mercredi soir de faire payer au Hamas «le prix fort» pour les tirs de roquettes. Il est revenu à la charge jeudi devant son parti, affirmant que «le temps des paroles en l'air était passé».

Ehud Olmert a lui aussi pris la parole jeudi. Il a lancé un appel aux habitants de Gaza, les exhortant à chasser le Hamas du pouvoir. «Je ne suis pas venu ici pour déclarer la guerre», a déclaré le Premier ministre israélien dans une interview à la chaîne de télévision Al Arabiya, très regardée à Gaza.

«Mais il faut arrêter le Hamas, et c'est ce qui va se passer. Je n'hésiterai pas à utiliser la puissance d'Israël pour frapper le Hamas et le Djihad (islamique)», a-t-il dit.

«Dernier appel»

«Ce que fait le Hamas, en totale opposition avec l'esprit de l'islam, constitue la première raison de vos souffrances, et des nôtres. Je vous le dis dans un dernier appel, arrêtez cela. Vous, les habitants de Gaza, vous pouvez l'arrêter», a lancé le chef du gouvernement israélien aux Gazaouites.

Dans le ton comme dans le fond, l'intervention d'Ehud Olmert sur un média arabe constitue l'indication la plus claire de la possibilité d'une intervention militaire de Tsahal à Gaza, que les Israéliens ont évacué il y a trois ans.

Le porte-parole du Hamas, Faouzi Barhoum, a réagi en affirmant qu'Israël «paierait le prix» d'une attaque contre Gaza.

(ats)