Affaire Madoff

18 décembre 2008 12:15; Act: 18.12.2008 12:21 Print

UBP a fait confiance aux contrôles du régulateur américain

L'Union Bancaire Privée, qui figure comme l'un des établissements les plus affectés par «la fraude massive» de Bernard Madoff, estime avoir pris des garde-fous.

Sur ce sujet
Une faute?

Elle dit avoir fait confiance au régulateur américain des marchés financiers (SEC).

«Nous avons fait la due diligence, soit l'examen approfondi que nous devions faire», a indiqué jeudi dans une interview dans «Le Temps» Christophe Bernard, membre de la direction générale d'UBP. Depuis 1960, la société Bernard Madoff Investment Securities est enregistrée auprès de la SEC comme négociant en titres, et depuis 2006, comme gérant d'investissement.

Audits réguliers

«Nous avions deux réserves», explique toutefois M. Bernard. «La gestion, le négoce et l'administration des dépôts n'étaient pas séparés tandis que la société d'audit ne faisait pas partie des des quatre plus grands. Mais celle-ci était régulée par la SEC». L'UBP était «convaincue» que ces contrôles étaient une garantie suffisante sur ces deux points.

Par ailleurs, selon l'établissement genevois, les fonds donnant accès à la stratégie de Bernard Madoff ont fait l'objet d'audits réguliers, le dernier en date remontant au 25 novembre dernier. «Nous sommes victimes d'une fraude massive comme plusieurs autres banques et sociétés financières à travers le monde», poursuit le responsable de la politique d'investissement d'UBP.

Plus de 800 millions

Dans les chiffres, la fraude apparaît à plusieurs niveaux. «Les investissements dans les comptes de nos clients exposés directement (...) représentent moins de 1% de notre masse sous gestion, qui était de 126 milliards de francs au 30 juin dernier» indique Christophe Bernard. «Une partie est constituée par des titres en dépôt sur lesquels nous n'avons pas d'influence».

Quant à l'exposition des comptes sous mandat de gestion, comme celle des fonds de fonds alternatifs d'UBP, elle est «de 700 millions de dollars, soit environ 800 millions de francs», a précisé Christophe Bernard. Il rappelle que la banque n'avait pas d'investissement «pour compte propre».

Les risques liés à des crédits octroyés sur des portefeuilles contenant une exposition Madoff, sont eux «immatériels», a ajouté M.Bernard. L'Union Bancaire Privée dispose d'un ratio de couverture de fonds propres de 16%, soit le double des exigences minimales imposées par la Commission fédérale des banques.

(ats)