Bolivie

10 novembre 2019 23:49; Act: 11.11.2019 01:48 Print

Un «coup d'État» pour la gauche latino-américaine

Plusieurs pays d'Amérique latine ont dénoncé un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales.

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Des affrontements ont éclaté mercredi dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. (Mercredi 13 novembre 2019) Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré. (Mercredi 13 novembre 2019) La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, malgré l'absence de quorum au Parlement. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales le dirigeant bolivien déchu a atterri au Mexique qui lui a accordé l'asile. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales annonce son départ pour le Mexique qui lui a accordé l'asile. (11 novembre 2019) La future présidente par intérim a annoncé lundi la prochaine convocation d'une présidentielle. Pendant ce temps-là, des partisans d'Evo Morales convergent vers La Paz. (11 novembre 2019) Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé lundi que le Mexique avait décidé d'accorder «l'asile politique» à Evo Morales. Un avion est en route pour aller le chercher. (11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens sont descendus dans les rues de tout le pays pour fêter la démission d'Evo Morales. (Lundi 11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l'État, au terme de trois semaines de manifestations. (Dimanche 10 novembre 2019) Les présidents cubain et vénézuélien ont dénoncé dimanche soir un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales. (10 novembre 2019) Le président bolivien Evo Morales a jeté l'éponge face à la détermination de la rue. Il renonce à son «poste de président». (Dimanche 10 novembre 2019) Une foule de manifestants hostiles au président Evo Morales a occupé samedi à La Paz les sièges de deux médias d'État, la télévision Bolivia TV et Radio Patria Nueva. (Dimanche 10 novembre 2019) Les unités de police des villes boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi. Elles refusent de réprimer des manifestations de l'opposition. (Vendredi 8 novembre 2019) Un manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale. (6 novembre 2019) Les Nations Unies ont appelé à une pacification «immédiate» en Bolivie, après des «affrontements entre civils» et de «graves actes de violences en divers endroits du pays». (Mardi 29 octobre 2019) Au moins 30 personnes ont été blessées dans des affrontements au cours de manifestations pro et anti-Morales, plus d'une semaine après la réélection contestée du président. (28 octobre 2019) Le président bolivien Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale, a exclu toute «négociation politique» lors d'un discours à Cochabamba, dans le centre du pays. (26 octobre 2019) Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales. (Samedi 26 octobre 2019) Les résultats officiels publiés jeudi soir donnent le président sortant Evo Morales réélu dès le premier tour en Bolivie. (24 octobre 2019) L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection. (24 octobre 2019) Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux partiels. (Mardi 22 octobre 2019) De violents incidents ont éclaté lundi à travers le pays, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour. (Lundi 21 octobre) Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille. (Lundi 21 octobre) Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. (Lundi 21 octobre) Lundi à 21h00 (03h00 en Suisse mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales (photo) en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa. (Lundi 21 octobre)

Une faute?

Cuba, le Venezuela et l'Argentine ont dénoncé dimanche le «coup d'État» contre la démocratie en Bolivie, après la démission du président Evo Morales auquel le Mexique a offert l'asile. La Colombie demande elle une «réunion urgente» du conseil permanent de l'OEA.

Le chef de l'État cubain a exprimé dans un tweet sa «condamnation énergique du coup d'État». Il estime que «le monde doit se mobiliser pour la vie et la liberté d'Evo», avec le hashtag #EvoNoEstasSolo (Evo, tu n'es pas seul).

Cuba, allié traditionnel du dirigeant socialiste, exprime sa «solidarité avec le frère président Evo Morales, protagoniste et symbole de la revendication des peuples indigènes de nos Amériques», a également tweeté le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez.

De son côté, le président vénézuélien Nicolas Maduro a condamné «catégoriquement» ce «coup d'État» en Bolivie «contre le frère président Evo Morales», a-t-il écrit sur Twitter, appelant à «la mobilisation pour exiger que soit préservée la vie des peuples indigènes boliviens, victimes du racisme».

Enfin, le président élu argentin, Alberto Fernandez, a lui aussi utilisé le terme de «coup d'État» dans un message sur Twitter. C'est un coup «produit par l'action conjointe de civils violents, du personnel policier qui s'est démobilisé et de la passivité de l'armée», a écrit Alberto Fernandez, un péroniste de centre-gauche qui entrera dans ses fonctions de président le 10 décembre.

«La rupture institutionnelle en Bolivie est inacceptable. Le peuple bolivien doit se prononcer le plus tôt possible, dans des élections libres, sur son prochain gouvernement», a ajouté Alberto Fernandez. Le gouvernement argentin du président libéral sortant Mauricio Macri n'a pas réagi immédiatement à la démission d'Evo Morales.

«Réunion d'urgence»

Le gouvernement colombien a pour sa part demandé dimanche une «réunion urgente» du conseil permanent de l'Organisation des Etats américains (OEA). La Colombie souhaite cette réunion «afin de chercher des solutions à la complexe situation institutionnelle» qui se présente en Bolivie, a indiqué le ministère colombien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il demande aussi de s'assurer que «les citoyens boliviens puissent s'exprimer librement dans les urnes et élire un nouveau gouvernement avec toutes les garanties liées à sa participation». Le ministre colombien des Affaires étrangères, Carlos Holmes Trujillo, avait exhorté le gouvernement bolivien à organiser un deuxième tour de scrutin entre Evo Morales et le candidat de l'opposition, Carlos Mesa, lors d'une session extraordinaire du conseil permanent de l'OEA le 4 novembre à Washington.

De son côté, le Mexique a offert dimanche l'asile à Evo Morales à la suite de l'accueil par l'ambassade mexicaine à La Paz d'une vingtaine de fonctionnaires et de parlementaires boliviens, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard. Si le président «en décidait ainsi, nous offririons aussi l'asile à Evo Morales», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Irrégularités

Le président bolivien Evo Morales a démissionné dimanche après avoir perdu le soutien de l'armée et de la police, au bout de trois semaines de vives protestations contre sa réélection lors du premier tour de la présidentielle du 20 octobre.

«Je renonce à mon poste de président», a déclaré à la télévision le leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006, au terme d'une journée marquée par de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ainsi que des démissions en série de ministres et députés.

Le président de gauche avait auparavant promis de «renouveler l'ensemble des membres du Tribunal électoral suprême (TSE)», puis de «convoqu(er) de nouvelles élections», sans spécifier la date de ce nouveau scrutin, ni s'il s'y représenterait. Cette annonce répondait à la demande de l'OEA, qui avait estimé le scrutin d'octobre entaché d'irrégularités.

(nxp/ats)