Marseille

11 janvier 2016 16:43; Act: 11.01.2016 18:58 Print

Un adolescent agresse un prof «au nom de l'EI»

Un adolescent, qui a agressé un enseignant juif lundi à Marseille, a dit avoir agi «au nom d'Allah» et de «Daech» au moment de son interpellation.

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L'enseignant juif a été blessé lundi matin à Marseille par un adolescent armé d'une machette. Le jeune homme se revendique de l'Etat islamique (EI), a déclaré le procureur de la ville du sud-est de la France. L’adolescent, de nationalité turque et d’origine kurde, qui aura 16 ans la semaine prochaine, a «revendiqué avoir agi ainsi au nom d’Allah et de l’État islamique, répétant avoir agi à plusieurs reprises au nom de Daech car les musulmans de France déshonorent l’islam et l’armée française garde les juifs», a rapporté M. Robin, lors d’une conférence de presse.

Le magistrat a précisé que cette revendication avait eu lieu au moment de l’interpellation de l’adolescent et non de l’agression. Pour le procureur, «il s’agit à l’évidence d’une agression à caractère antisémite» avec une «forme de préméditation». «Selon la victime, l’intention de son agresseur était de le tuer», a ajouté M. Robin.

Devant témoins, le jeune homme, né en 2000, a porté des coups à la victime. Il s'agit d'un professeur de 35 ans enseignant à l'Institut franco-hébraïque. L'adolescent a frappé par derrière l’enseignant juif qui portait une kippa, le blessant à l’épaule et au bras avec une machette qu’il a laissée sur place, avant de s’enfuir, puis d’être arrêté. Il portait également un couteau avec une lame en céramique qu’il destinait «aux policiers qu’il comptait agresser».

«Agression antisémite»

L'auteur est ensuite parti en courant. Mais il a été interpellé dix minutes plus tard par la police. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a dénoncé une «révoltante agression antisémite» sur son compte Twitter. Une enquête pour «tentative d'assassinat à raison de la religion» et «apologie du terrorisme» a été ouverte par le parquet de Marseille, a-t-on appris de source judiciaire. Lundi en début de soirée, la section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé se saisir de l'enquête sur l'agression.

L’adolescent, régulièrement scolarisé dans un lycée de Marseille où il est bon élève, a un profil qui «semble être celui d’une personne radicalisée via internet», a poursuivi le procureur. Il n’est pas connu des services de renseignement et n’a pas d’antécédents judiciaires, ni psychiatriques, a-t-il précisé.

«Il s'agit d'un individu très excité, mais qui revendique clairement son acte, qu'on peut qualifier d'antisémite», a indiqué une source proche du dossier. Une autre source proche a expliqué, dans un premier temps, que «l'individu ne semblait pas jouir de toutes ses facultés». «L'agresseur a clairement revendiqué son acte au nom de l'islam et de sa haine des Juifs», a souligné de son côté la présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Marseille, Michèle Teboul.

«C'est un acte clairement antisémite. Cette agression a été commise à quelques dizaines de mètres de cette école» juive, a renchéri le préfet de police du département des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez. L'adolescent «a été interrogé longuement par les services de police. Il a toutes ses facultés mentales, il n'est pas fou», a réagi Zvi Ammar, le président du consistoire israélite de Marseille. Selon Zvi Ammar, «un second couteau de 18 cm» a été trouvé sur lui. «Quand il a commencé à agresser, il a prononcé le mot Allah akbar (Dieu est grand, en arabe, ndlr)», a-t-il poursuivi.

Pas une première

Le maire du quartier où habite une importante communauté juive, Lionel Royer-Perreaut, a réclamé «une présence policière et/ou militaire beaucoup plus importante pour rassurer la population». Marseille compte une communauté juive de quelque 70'000 personnes, selon le Crif.

Cette agression intervient moins de deux mois après celle d'un autre enseignant juif, dans le nord de la ville. L'attaque avait alors été réalisée à l'aide d'un couteau.

(nxp/afp)