Affaire ukrainienne

11 octobre 2019 23:32; Act: 11.10.2019 23:32 Print

Un ambassadeur US témoignera finalement

Après l'ex-ambassadrice en Ukraine, l'ambassadeur américain auprès de l'UE va finalement témoigner devant les élus, malgré l'interdiction de l'administration Trump.

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Image d'archive de Gordon Sondland. (Photo: AFP)

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L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne Gordon Sondland va témoigner devant les élus enquêtant dans le cadre d'une procédure de destitution contre le président républicain Donald Trump. Il le fera malgré l'interdiction du département d'Etat, ont annoncé ses avocats vendredi.

Les démocrates menant l'enquête à la Chambre des représentants lui avaient adressé mercredi une assignation afin de l'interroger sur l'affaire ukrainienne, qui vaut au président républicain d'être menacé par cette procédure explosive. «Malgré la consigne actuelle du département d'Etat de ne pas témoigner, l'ambassadeur Sondland honorera l'assignation des commissions (de la Chambre) et a hâte de témoigner» jeudi 17 octobre, ont écrit ses avocats, Robert Luskin and Kwame Manley, dans un communiqué.

Proche de Donald Trump, cet homme d'affaires a fait fortune dans le secteur hôtelier. Il compte répondre «pleinement et honnêtement aux questions des commissions», indiquent ses avocats. Il a «toujours agi avec intégrité». L'ambassadeur ne pourra peut-être toutefois pas livrer des documents réclamés par les démocrates, puisque la diplomatie américaine dispose de la «seule autorité» pour décider de les présenter. Gordon Sondland «espère que ces documents seront présentés aux commissions» d'ici jeudi, selon ses conseils.

Le président américain avait expliqué mardi qu'il ne pouvait pas autoriser le témoignage de Gordon Sondland, qui avait financé en partie sa campagne, car cela reviendrait à le laisser être entendu par «un tribunal bidon totalement partial», mené par l'opposition démocrate.

Autre témoignage-clé

Cette salve avait marqué le début de la guerre ouverte entre Donald Trump et les démocrates du Congrès au sujet de cette enquête, la Maison Blanche annonçant dans la journée qu'elle refusait désormais de coopérer. L'annonce du témoignage de l'ambassadeur Sondland intervient alors que l'ex-ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch, a finalement témoigné au Congrès pour une audition vendredi.

Elle a affirmé que Donald Trump avait fait pression durant des mois pour son rappel à Washington sur la base de «fausses accusations». Au printemps dernier, Marie Yovanovitch avait brusquement été sommée de rentrer à Washington «dans le prochain avion», a-t-elle raconté aux élus à huis clos, selon plusieurs médias américains.

Le numéro deux du département d'Etat américain, John Sullivan, lui avait alors expliqué qu'il existait une «campagne coordonnée contre moi, et que le département était sous la pression du président pour me renvoyer depuis l'été 2018», a déclaré la diplomate de carrière, nommée à ce poste en 2016 sous le président démocrate Barack Obama.

«Je n'arrivais toutefois pas à croire que le gouvernement américain décide de rappeler un ambassadeur en se basant, autant que je sache, sur des accusations infondées et fausses venant de gens aux motivations manifestement douteuses», a-t-elle ajouté.

Les élus veulent notamment déterminer si la diplomate a perdu son poste parce qu'elle n'avait pas coopéré avec la campagne menée par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, pour pousser Kiev à enquêter sur les Biden. Cet été, Donald Trump avait justement critiqué Marie Yovanovitch lors d'un échange téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, au coeur de l'enquête des démocrates.

(nxp/ats)