Destitution de Trump

20 novembre 2019 15:41; Act: 21.11.2019 06:16 Print

Un proche du président américain le compromet

Le témoignage de l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne pourrait être crucial pour Donald Trump dans le dossier ukrainien.

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Gordon Sondland, un diplomate proche de Donald Trump, a directement impliqué mercredi le président des États-Unis dans l'affaire ukrainienne, renforçant encore un peu les soupçons qui lui valent une procédure explosive de destitution.

Les démocrates ont estimé que l'audition publique au Congrès de l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne était à ce jour la plus accablante dans leur enquête pour mettre en accusation le locataire de la Maison Blanche.

Gordon Sondland a en effet déclaré que le milliardaire républicain avait bien conditionné une rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au lancement, par Kiev, d'enquêtes contre les démocrates américains. Et il a assuré avoir acquis la conviction qu'une aide militaire cruciale à l'Ukraine dépendait également de ces enquêtes.

Mais les républicains n'ont retenu qu'un bref passage de ce témoignage très attendu: quand Gordon Sondland a reconnu que Donald Trump ne lui avait «jamais» dit personnellement que l'aide était liée aux investigations. «C'était fantastique», a lancé le président américain, après avoir dans un premier temps tenté de minimiser sa proximité avec l'ambassadeur. «Je pense qu'ils doivent mettre fin maintenant» à cette «chasse aux sorcières», a-t-il martelé.

«Complètement blanchi»

La Maison Blanche a même estimé que Gordon Sondland avait «complètement blanchi le président Trump». En réalité, cet homme d'affaires nommé ambassadeur après avoir financé la campagne Trump, devenu un acteur central de l'affaire ukrainienne, a clairement expliqué que le 45e président des États-Unis était à l'origine des pressions sur l'Ukraine.

«Nous avons suivi les ordres du président», a dit Gordon Sondland, qui s'est entretenu directement avec lui une demi-douzaine de fois du dossier ukrainien entre fin mai et début septembre. Il a assuré que c'était à sa «demande expresse» que les diplomates chargés du dossier ukrainien avaient accepté, malgré leurs réserves, de travailler avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

«Nous avons suivi les ordres du président», a dit Gordon Sondland, qui s'est entretenu directement avec lui une demi-douzaine de fois du dossier ukrainien entre fin mai et début septembre. Il a assuré que c'était à sa «demande expresse» que les diplomates chargés du dossier ukrainien avaient accepté, malgré leurs réserves, de travailler avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

Or, l'avocat a d'emblée fait pression pour que Kiev enquête sur les démocrates américains et sur le groupe gazier Burisma, qui avait alors, dans son conseil d'administration, Hunter Biden, fils de Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump à la présidentielle de 2020. Des demandes ensuite formulées par le président dans son coup de fil controversé du 25 juillet avec son homologue ukrainien.

Pendant la soirée, lors d'un débat entre prétendants à la nomination démocrate, l'ancien vice-président Biden n'a pas répondu clairement à une question sur les intérêts de son fils, mais a assuré: «Donald Trump ne veut pas que je devienne le candidat».

L'opposition tente de prouver que l'ex-magnat de l'immobilier a abusé de son pouvoir pour exercer un chantage sur l'Ukraine en conditionnant une invitation au président Zelensky et l'aide militaire au lancement de ces enquêtes, avec des arrières-pensées électoralistes. «Y a-t-il eu un donnant-donnant ?», a demandé Gordon Sondland devant des élus de la Chambre des représentants. S'agissant d'une rencontre Trump-Zelensky à la Maison Blanche, «la réponse est oui», a-t-il affirmé sans détours.

«2+2=4»

S'agissant d'une importante aide militaire suspendue par la présidence contre l'avis unanime de tous les diplomates, l'ambassadeur a aussi reconnu avoir dit à des responsables ukrainiens que son dégel était conditionné à l'ouverture de ces enquêtes chères à Donald Trump.

«En l'absence d'explication crédible pour sa suspension, je suis parvenu à la conclusion que la reprise de l'aide sécuritaire n'interviendrait pas tant qu'il n'y aurait pas une déclaration publique de l'Ukraine s'engageant à mener les enquêtes», a-t-il témoigné. Il s'agissait d'une «déduction» partant du principe que «2+2=4».

Pressé par les élus des deux bords, il a maintenu que le président Trump ne lui avait «jamais dit directement que l'aide était conditionnée» aux enquêtes. Mais ses multiples conversations avec le locataire de la Maison Blanche ne lui ont pas non plus fait changer d'avis. «J'étais absolument convaincu» d'un tel lien, a-t-il martelé, estimant que cette condition était «largement claire pour tout le monde».

Il a aussi directement impliqué deux piliers du trumpisme, le vice-président Mike Pence et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui, a-t-il dit, n'ont pas tenté de le contredire lorsqu'il a évoqué avec eux sa «déduction logique» d'un lien aide-enquêtes. Les équipes des deux hommes ont aussitôt démenti qu'ils en aient jamais parlé avec Gordon Sondland.

Dans un autre témoignage dans la soirée, une responsable du Pentagone, Laura Cooper, a dévoilé pour la première fois que l'Ukraine s'était inquiétée du sort de l'aide militaire gelée dès le 25 juillet, jour de l'appel Trump-Zelensky, et non en août comme on le pensait jusqu'ici.

La Chambre des représentants doit interroger jeudi en public Fiona Hill, une ex-responsable du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, et David Holmes, un employé de l'ambassade des États-Unis à Kiev. Si les démocrates, qui contrôlent la Chambre des représentants, devraient parvenir à mettre en accusation le président, le dernier mot reviendra ensuite au Sénat, à majorité républicaine, rendant pour l'heure très improbable une destitution.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Toujours se mefier des le 20.11.2019 16:09 Report dénoncer ce commentaire

    Baudruches Populistes

    Il a donc mis son interet personnel avant ceux de son pays,qu'il a jure de servir.Ceci a un nom : trahison.Mais bon,quelqun attendait autre chose,de la part d'un promoteur immobilier?

  • Circo Loco le 20.11.2019 16:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Malgré les charges...

    ...accablantes, je doute que Donald Trump ait l'intention de démissionner. Il suffit de regarder ses "oeuvres" pour voir que l'éthique n'est pas son sujet de prédilection. Dans que monde vivons nous? Regardez Bolsonaro et ses charges contre E Macron, les dires d'Erdogan, les mots en Hongrie, la façon de parler de Gergeolin On peut regretter l'ancien monde, mais les personnes savaient parler et employer un vocabulaire adapté et respectueux de leur fonction..

  • Philou le 20.11.2019 17:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Impossible

    Il peut y avoir toutes les preuves possibles, les Républicains ont la majorité au Sénat, donc il n'y a aucune chance que Trump soit destitué. Par conséquent, les sénateurs républicains qui le soutiennent sont eux-mêmes des traitres à la nation...

Les derniers commentaires

  • Pierre le 21.11.2019 07:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Démocrapules

    Malgré l'emballement des médias, pour le moment rien de rien, que dalle, 0, flop monumental. Le seul témoignage crédible est de seconde main car basé sur l'opinion d'un gars qui "croit avoir compris...". Le fameux échange téléphonique, soi-disant "preuve suprême" a été publié par la maison blanche depuis longtemps et montre... rien du tout. Les démocrapules, comme toujours, des fachos qui ne connaissent que l'intimidation et la nuisance comme programme politique.

  • Séb c'est bien le 21.11.2019 07:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    Je pense que la destitution n'est pas jouée et qu'un gros coup de théâtre se mette en place, show must go on

    • Serges le 21.11.2019 20:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Séb c'est bien

      Je ne pense pas que les démocrates veuillent le chasser parce qu'ils auraient un grand problème avec le vice-président qui le remplacerait, c'est un sacré puritain, ils cherchent plutôt à montrer comme il est réellement pour qu'il ne soit pas réélu.

  • El Kémal le 21.11.2019 00:39 Report dénoncer ce commentaire

    Socio statisticien

    #No aid#Without investigations

  • Etienne le 20.11.2019 21:50 Report dénoncer ce commentaire

    Impeachment ou non peu importe...

    Même en admettant que le Sénat à majorité républicaine (on ne le rappellera jamais assez aux Bobos...) ratifie l'impeachment,ce sera pour que Trump soit réélu pour un second mandat avec encore plus de légitimé. Le peuple US a démontré avec Bill Clinton qu'il n'aime pas que l'on discute ses choix et qu'on se foute de sa gueule. Hors Trump même si il est grossier et caractériel,il a tenu la majeure partie de ses promesses,parfois lourdes de conséquences c vrai,mais il les a tenu et sans faire de nouvelles guerres,ce qui le place nettement devant ses prédécesseurs de ces 20 dernières années...

    • Explications le 20.11.2019 23:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Etienne

      Il semble que quelque chose vous ait échappé. Si le Sénat vote l'impeachment, il sera destitué. Ce qui veut dire qu'il ne pourra plus se présenter en 2020. Ni après. Ni jamais. Pour un président US, l'impeachment équivaut au bannissement. C'est la honte absolue. L'échec total. Mais s'il est voté, n'en déplaise aux fanatisés, c'est parce que y compris les Républicains auront compris qu'il a trahi son pays, et que c'est un parjure. Un renégat. Une râclure. Ce qu'il est déjà vous me direz, mais cette fois ce sera officialisé.

    • Hulot le 20.11.2019 23:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Etienne

      L'histoire vous donnera tord!

    • Sabine le 21.11.2019 04:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Explications

      Bla bla bla...tu es ennuyezx à mizrrir Explucations

    • OpenCH le 21.11.2019 05:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Sabine

      Pourquoi !? Y'a trop de mots???

    • a moor le 21.11.2019 06:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Explications

      vous lisez trop les journaux....essayez le journal de mickey

    • Explications/Nak le 21.11.2019 07:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @OpenCH

      Et probablement quelques-uns qu'elle ne doit pas comprendre

    • Fabien le 21.11.2019 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Explications

      Le sénat est en main Républicain il ne voteront jamais contre leur président. Arreter de rêver en technicolor...

  • Nak le 20.11.2019 21:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça sent le sapin

    Quand même les amis ou les fidèles de la première heure le lâchent, c'est que les carottes sont cuites. Bientôt suffisamment de parlementaires républicains tourneront casaque pour ne pas être eux-mêmes emportés, et seuls les indécrottables fanatisés peuvent encore le soutenir et lui trouver des "excuses" ou se soulageront avec des injures et des insultes