Irak

12 février 2011 17:54; Act: 12.02.2011 17:57 Print

Un attentat suicide fait au moins 30 morts

Au moins 30 personnes ont été tuées et 28 blessées samedi par un kamikaze qui a fait détoner sa veste d'explosifs dans un bus de pèlerins chiites près de Samarra au nord de Bagdad.

Une faute?

Cette attaque fait suite à d'autres, qui démontrent que le conflit confessionnel reste vivace à moins d'un an du départ des derniers contingents US.

«Le kamikaze s'est précipité à bord du bus arrêté à un poste de contrôle à quelques kilomètres de Samarra, et a fait détoner sa veste d'explosifs à l'intérieur du véhicule», a indiqué un responsable de la police.

«Nous avons reçu 30 corps, dont ceux de deux femmes, et 28 blessés y compris deux femmes», a déclaré un responsable de l'hôpital général de la ville sunnite de Samarra, à 110 km au nord de Bagdad.


Victimes toutes irakiennes

Les pèlerins revenaient d'une cérémonie de deuil d'un imam chiite à Samarra et «les victimes sont toutes irakiennes. Il s'agit de passagers du bus et de passants», a affirmé le conducteur d'une ambulance.

Samarra abrite le mausolée où sont enterrés les 10e et 11e imams vénérés par les chiites duodécimains: Ali al-Hadi (827-868) et Hassan al-Askari (847-874) dont les fidèles commémoraient samedi le décès.

La destruction du mausolée de Samarra dans un attentat en février 2006 avait provoqué des violences entre chiites et sunnites dans lesquelles des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées.


Recrudescence des attaques

Plusieurs attaques ont déjà eu lieu ces dernières semaines. Jeudi, neuf pèlerins chiites avaient été tués et 39 blessés par une bombe placée sur une route au nord de Bagdad.

En janvier, six voitures piégées avaient explosé en moins d'une semaine, faisant au moins 57 morts et près de 300 blessés parmi les pèlerins qui se rendaient à une cérémonie dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad.

L'attentat de Samarra est le plus meurtrier depuis le 27 janvier, quand une voiture piégée a fait 48 morts pendant des funérailles dans un quartier chiite de Bagdad.

Le mois de janvier a été particulièrement sanglant, avec un total de 259 morts (159 civils, 55 policiers et 45 soldats) selon des chiffres officiels, le pire bilan depuis 273 morts en septembre 2010.


Al Qaïda pointé du doigt

Cette recrudescence des violences contraste avec l'accalmie relative observée depuis la conclusion en novembre d'un accord de partage de pouvoir entre les différentes factions et la formation en décembre du gouvernement de Nouri al-Maliki.

M. Maliki a accusé les «terroristes apostats», terme désignant dans son vocabulaire Al-Qaïda, qui est violemment anti-chiite, d'être les auteurs des attaques antichiites.

(ats)