Uruguay

01 février 2019 21:55; Act: 01.02.2019 22:30 Print

Un cimetière de bateaux fantômes qui fait tache

A Montevideo, les carcasses de bateaux de pêche offrent un spectacle surprenant, qui n'est pas du goût de tout le monde.

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En ce début d'été austral, les croisiéristes entrant dans Montevideo, port stratégique pour la pêche dans l'Atlantique sud, découvrent un paysage surprenant: une soixantaine d'épaves rouillées, pollution visuelle et environnementale dont les autorités tentent de se débarrasser.

Au loin, un amas d'antennes, de cordes, de portiques, d'échelles, de coques et de chaînes. Des grappes de bateaux de pêche abandonnés forment, au milieu de la baie, des îlots de ferraille à la peinture écaillée multicolore. Certains, parmi les plus récents, flottent encore. D'autres gisent sur le flanc, semi-immergés et rongés par le temps.

Quelques-uns de ces vaisseaux fantômes ont été poussés contre la côte par le vent et les tempêtes. Ils sont visibles depuis la route qui file vers l'ouest du pays et ont fini par faire partie du paysage de la capitale uruguayenne.

«Montevideo est un port naturel utilisé pour pêcher dans l'Atlantique Sud», explique Alejandro Sciarra Caubarrere, avocat spécialiste du droit maritime.

«Beaucoup de ces bateaux viennent ici pour la saison de pêche et ils restent là en attendant la période suivante», ajoute Isabel Vazquez, en charge des finances de l'Autorité portuaire uruguayenne (ANP).

«Contrats poubelles»

Ces séjours, censés ne durer que quelques mois se prolongent parfois indéfiniment. Les propriétaires de ces navires battant pavillon coréen, espagnol, bélizien, namibien, américain ou uruguayen, préférant les abandonner pour cause de pannes techniques ou de faillite économique plutôt que de payer les réparations ou le rapatriement. Les armateurs disparaissent de la circulation, laissant parfois l'équipage se débrouiller seul sur place.

«Ce sont des bateaux qui ont été abandonnés avec des équipages qui avaient des contrats poubelles», dénonce Sergio Castro, le président du syndicat des travailleurs de la mer (SUNTMA), lequel a dû gérer ces dernières années des cas de marins africains et asiatiques livrés à eux-mêmes, poussés à revendre certaines parties du navire pour survivre. Ce problème est loin d'être nouveau et s'est amplifié au fil des années.

Au total, une soixantaine d'embarcations hantent le port de Montevideo qui, en volume de conteneurs, occupe le 17e rang en Amérique latine, selon le dernier classement de la Cepal, commission économique de l'ONU pour la région.

Les plus vieilles embarcations sont là depuis 1998, d'après le registre de l'ANP, qui a répertorié des navires allant de 15 à 100 mètres de long et pesant de 50 à 4000 tonnes.

Les agences maritimes, qui représentent les propriétaires des bateaux et agissent en leur nom, préfèrent payer durant des années pour le stationnement des navires, même bien longtemps après avoir perdu contact avec les armateurs. La raison: éviter de se voir retirer leur autorisation d'opérer par l'Autorité portuaire.

«Une honte»

«Tant que quelqu'un payait pour le mouillage du bateau, il n'y avait pas d'urgence à le faire partir (...) Cette administration et les précédentes ont laissé (ces dossiers) s'accumuler. Ce qui ne concernait avant que 2, 3, 4 ou 5 bateaux est devenu un cimetière», décrypte Alejandro Sciarra Caubarrere.

Le problème que posent ces embarcations est triple: sécuritaire pour la navigation, esthétique et environnemental. Outre le carburant, ces bateaux transportent des produits chimiques pour la réfrigération des poissons, explique en substance Isabel Vazquez.

«Il faut régler cette situation qui vient du passé, le cimetière, ou, comme je l'appelle, l'île de la ferraille de notre port de Montevideo, est une honte», juge Alejandro Sciarra Caubarrere, qui dénonce un «attentat environnemental, maritime et visuel».

Face à l'ampleur du problème, les autorités uruguayennes ont décidé de réagir. En mars, le gouvernement uruguayen a publié un décret autorisant l'exportation de 50 bateaux pour qu'ils soient démantelés à l'étranger, les capacités sur place étant trop limitées. L'Uruguay, petit pays de trois millions d'habitants, ne compte qu'une seule entreprise de démolition de navires.

Dans la foulée, l'ANP, qui mise sur la quantité d'épaves pour attirer des entreprises internationales et réduire les coûts de l'opération au maximum, a publié un appel d'offre pour le retrait et le désossage des 20 premiers bateaux.

Le ministre des Transports Victor Rossi a récemment annoncé que l'autorité portuaire allait tout de même devoir débourser quatre millions de dollars pour se défaire de cette vingtaine de navires, selon des médias locaux.

(afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Chrizo le 01.02.2019 22:10 Report dénoncer ce commentaire

    Dégueulasse

    Comme toujours, on tabasse les petits contribuables et la voleurs de parfum, mais les gros qui pillent, polluent et laissent la facture pour autrui, ceux-là on les laisse tranquille. Et ce n'est pas parce que c'est en Uruguay que cela ne nous concerne pas, beaucoup d'entreprises suisses, ou basées en Suisse ou portant pavillon suisse sont concernées...

  • iletaitunpetitnavire le 01.02.2019 22:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    à 500km

    Allez voir le port de Toulon, c'est la même chose mais avec des navires militaires à l'abandon.

  • Mister Magoo le 02.02.2019 01:12 Report dénoncer ce commentaire

    Ouvrir le yeux c'est aussi du courage

    Quand je pense à nos ecolos ,comme la jument verte de Berne qui journellement ne savent plus comment chercher des noises aux pauvres citoyens et automobilistes suisses ; ils feraient mieux de s'occuper des démolitions de Navires de Karachi et de Bombay ou du lac Baïkal ou Mourmansk et ses sous-marins nucléaires à l'abandon, pour ne citer qu'eux . Mais pour cela il faut du courage et de l'intelligence qui malheureusement ils n'ont pas les pauvres Bisounours .

Les derniers commentaires

  • Marc Bjorg le 02.02.2019 10:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Déjà vu...

    C'est la nouvelle flotte de l'Atlantique de l'UE... C'est pour faire contre poids contre la US Navy :) ~

  • Tyoertil le 02.02.2019 08:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Jolie

    Trop kiffant :)

  • Bspieann le 02.02.2019 07:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bateau

    La polutiom vient également de la.faite quelque chose.gardons nos côtés propre.

  • Gargamel le 02.02.2019 06:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre planète...

    L'être humain ne te fait pas beaucoup de cadeaux...triste.

  • E. Colo le 02.02.2019 06:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    en passant

    ça m'étonnerait que les marins délaisses laissent du carburant dans les reservoirs...c'est la chosr la plus facile à revendre sur une épave...donc pollution visuelle ok...mais rien de plus!