Syrie

17 novembre 2019 22:34; Act: 17.11.2019 22:48 Print

Un civil meurt dans des heurts avec la police

Une personne est morte à Al-Bab dimanche lors d'une protestation devant le QG de la police. Les forces de l'ordre avaient tiré en l'air pour disperser les manifestants.

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Un civil a été tué dans des heurts dimanche entre manifestants et policiers dans la ville syrienne d'Al-Bab, sous contrôle des forces pro-Ankara, après l'arrestation d'un suspect d'un attentat meurtrier commis la veille, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dix-neuf personnes, dont treize civils, ont été tuées samedi dans un attentat à la voiture piégée à Al-Bab, dans le nord de la Syrie, avait rapporté l'Observatoire.

«La police locale de la ville a arrêté dans la nuit de samedi à dimanche un suspect, après vérification des caméras de surveillance sur les lieux, et l'a emmené à son QG, en vue de le livrer à l'armée turque», a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Cela a provoqué la colère de la population et plusieurs centaines d'habitants ont manifesté devant le QG de la police, certains tentant d'y pénétrer par la force, pour réclamer que le suspect soit exécuté dans leur ville.

La police a tiré en l'air pour tenter de disperser les manifestants, tuant un civil et blessant un autre, selon l'Observatoire.

Un photographe de l'AFP a fait état d'habitants jetant des pierres sur le QG protégé par des blocs de béton, tandis que le feu s'élevait d'un véhicule militaire dans le secteur.

Attentat de samedi pas revendiqué

L'attentat de samedi dans cette ville située à 30 km au nord-est d'Alep n'a pas été revendiqué.

Mais la Turquie, pays voisin de la Syrie où elle maintient des troupes, a pointé du doigt samedi la principale milice kurde syrienne (YPG) qu'elle qualifie de «terroriste». Le ministère turc de la Défense a annoncé dimanche sur Twitter l'arrestation de l'auteur de l'attentat.

Ancien fief du groupe djihadiste, Etat islamique (EI), Al-Bab est le théâtre de violences, notamment d'assassinats, depuis sa conquête il y a plus de deux ans par les forces turques aidées de supplétifs syriens, selon l'Observatoire.

Ancien membre de l'EI

Citant des sources locales, le directeur de l'OSDH a indiqué que le suspect n'était pas lié aux forces kurdes, qu'il est originaire d'un village proche d'Al-Bab et qu'il avait été membre de l'EI quand le groupe djihadiste, contrôlait la région, avant de rejoindre un groupe syrien pro-Ankara.

En mars, l'EI a été vaincu dans son dernier fief, aux confins orientaux de la Syrie, par les forces kurdes soutenues par une coalition internationale dirigée par Washington.

Le groupe a toutefois muté en organisation clandestine menant des attentats meurtriers dans plusieurs régions de Syrie, où la guerre a fait plus de 370'000 morts et déplacé des millions de personnes depuis 2011.

(nxp/afp)