Venezuela

10 février 2019 00:50; Act: 10.02.2019 20:56 Print

«On est utilisés pour les maintenir au pouvoir»

Un haut gradé de l'armée s'est rangé aux côtés du président autoproclamé dimanche, désormais reconnu par une cinquantaine de pays.

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Un colonel vénézuélien a annoncé dans une vidéo diffusée samedi qu'il ne reconnaissait plus l'autorité du président vénézuélien Nicolás Maduro. Il se range désormais du côté du président par intérim Juan Guaido, reconnu par une cinquantaine de pays.

«Nous sommes utilisés»

«Nous, qui sommes 90% des forces armées, sommes mécontents. Nous sommes utilisés pour les maintenir au pouvoir», a-t-il déclaré dans la vidéo, se référant à la direction vénézuélienne autour de M. Maduro. Le colonel de l'armée de terre vénézuélienne a également appelé à permettre l'entrée au Venezuela de l'aide humanitaire acheminée dans la ville frontalière colombienne de Cucuta à la demande de M. Guaido, mais dont M. Maduro refuse l'arrivée.

Il y a une semaine, un autre officier supérieur vénézuélien, un général de l'armée de l'air, a annoncé, lui aussi, qu'il ne reconnaissait plus l'autorité de M. Maduro. Il avait été le premier militaire de rang élevé à prêter allégeance à M. Guaido. Il a été suivi par un général de l'armée en retraite.

Depuis que M. Guaido, opposant et président du parlement, s'est proclamé président par intérim le 23 janvier, le haut commandement des forces armées a réaffirmé à plusieurs reprises son absolue loyauté au président Maduro.

Résolutions en préparation

Des militaires fidèles au président Maduro bloquent le passage sur le pont international Las Tienditas, proche du centre de stockage de l'aide créé à Cucuta, en territoire colombien. M. Maduro refuse cette aide étrangère, déclarant qu'elle est le prélude à une intervention militaire destinée à imposer un changement de régime au Venezuela.

M. Guaido a averti dimanche les militaires qu'empêcher l'entrée de l'aide humanitaire, stockée en Colombie, fait d'eux des «quasi génocidaires» car c'est un «crime contre l'humanité». Il a à nouveau appelé à une marche mardi - Journée de la jeunesse - en mémoire des morts lors de précédentes mobilisations (une quarantaine depuis le 21 janvier, selon l'ONU) et pour exiger l'aide humanitaire.

A New York, les Etats-Unis ont proposé au Conseil de sécurité un projet de résolution sur le Venezuela, l'appelant à faciliter une aide humanitaire internationale et à s'engager vers un scrutin présidentiel. Le texte est toutefois combattu par la Russie, selon des diplomates. Aucune date n'a encore été avancée par Washington pour une mise au vote du document.

Selon une source diplomatique, si un scrutin est organisé, la Russie, qui soutient le président vénézuélien Nicolás Maduro et qui accuse les Etats-Unis d'appuyer un «coup d'Etat» au Venezuela, utilisera son droit de veto. Vendredi, Moscou a proposé à ses quatorze partenaires du Conseil de sécurité un «texte alternatif» à celui des Etats-Unis. «Il n'apporte rien sur le fond en vue d'une sortie de crise», note un diplomate.

(nxp/ats)