Evasion spectaculaire en France

28 janvier 2019 10:30; Act: 28.01.2019 14:10 Print

Une embuscade attendait l'escorte pénitentiaire

Un commando «lourdement armé» a attaqué l'escorte pénitentiaire d'un détenu à son arrivée au tribunal de Tarascon.

Une faute?

Un commando armé a attaqué une escorte pénitentiaire lundi matin devant le palais de justice de Tarascon (Bouches-du-Rhône), permettant à un détenu qui devait être conduit devant un juge d'instruction de s'évader.

Vers 8h30, trois malfaiteurs, «lourdement armés» selon le procureur de la République Patrick Desjardins, ont fait irruption devant le palais de justice. Face à eux, trois agents de l'administration pénitentiaire qui escortaient un détenu du centre pénitentiaire de Béziers (Hérault).

Les assaillants ont tiré «plusieurs coups de feu», sans faire de blessés, a précisé le magistrat, qui doit tenir un point-presse à 12h. Ils ont par contre menacé et frappé violemment les fonctionnaires.

Cette nouvelle évasion intervient après celle, avec un hélicoptère, du braqueur récidiviste Redoine Faïd en juillet 2018. Celle-ci avait entraîné une réorganisation des services de l'administration pénitentiaire française, jugée «insuffisamment réactive».

A l'issue de cette opération commando menée «par des individus très déterminés», au moins 11 douilles ont été retrouvées sur les lieux, à l'arrière du palais, dont plusieurs de calibre 5.52, du type fusil d'assaut, a précisé Patrick Desjardins.

«Ils n'ont pas hésité à tirer sur le véhicule quand celui-ci a tenté de prendre la fuite avec le prisonnier encore à bord, et plusieurs impacts ont été relevés sur le fourgon, dont un sur le pare-brise, à hauteur d'homme», a insisté le procureur.

S'ils sont «très choqués», aucun des trois membres de l'escorte pénitentiaire, dont une femme, n'a cependant été blessé par balles. Le plus touché, qui a reçu des coups, est celui qui était sorti du véhicule pour aller demander l'ouverture de la porte d'accès du bâtiment. Un autre a été touché par des éclats de verre.

Les deux membres du commando et le détenu ont pris la fuite, d'abord à pied, ensuite sans doute en voiture, selon le procureur.

Un évadé toujours recherché

Le prisonnier évadé, âgé de 27 ans, n'avait pas le statut de «détenu particulièrement surveillé», a insisté Patrick Desjardins, mais il était «dans le spectre haut de la délinquance, (...) même si il est encore trop tôt pour parler de grand banditisme». «Il était mis en examen pour vol aggravé et allait être présenté à un juge d'instruction», a-t-il précisé.

«Le mode opératoire est très violent. Cela fait longtemps qu'on n'a pas vu une attaque de fourgon à l'arme automatique», a-t-on notamment commenté à la direction de l'administration pénitentiaire.

Selon Karim Terki, représentant du syndicat CGT pénitentiaire, «ce détenu avait déjà tenté de s'évader lors d'une précédente incarcération. L'administration est bien naïve, il a fait le gentil pendant des mois pour tenter de s'évader de nouveau».

La dernière évasion spectaculaire en France remonte à fin décembre: un détenu a franchi les murs d'enceinte de la prison de Fresnes (région parisienne) depuis une cour de promenade, en s'aidant avec des draps noués à un morceau de bois. Les surveillants ont tiré trois coups de feu depuis les miradors sans l'arrêter. Il est toujours recherché.

En juillet 2018, Redoine Faïd s'était lui enfui par hélicoptère sous le nez de ses gardiens à Réau (région parisienne), grâce à deux complices, cagoulés, armés notamment de fusils d'assaut. Il avait été arrêté en octobre 2018.

(nxp/afp)