Etats-Unis

09 décembre 2011 08:05; Act: 09.12.2011 08:28 Print

Un condamné à mort en sursis grâce à Twitter

Un homme de 26 ans, accusé d'avoir tué un adolescent, a obtenu jeudi le droit à un nouveau procès car, lors de sa première comparution, un juré dormait et un autre tweetait.

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Erickson Dimas-Martinez sera rejugé «grâce» à Twitter... (dr)

Une faute?

La Cour suprême de l'Etat de l'Arkansas a annulé la condamnation à mort d'Erickson Dimas-Martinez (26 ans) et a ordonné la tenue d'un nouveau procès. «Le fait qu'un juré dorme et qu'un second tweete constitue une faute du jury», a justifié la Cour dans sa décision rendue publique jeudi et dont l'AFP a obtenu une copie.

Après une condamnation à la peine de mort et la prison à perpétuité pour le meurtre d'un jeune homme de 17 ans lors d'un cambriolage en décembre 2006, les avocats de Erickson Dimas-Martinez avaient fait appel en 2010.

La requête avait été rejetée en première instance, puis en appel avant d'aboutir devant la cour suprême de l'Etat de l'Arkansas. Dans leur requête, les avocats avaient pointé «une faute du jury mettant en doute l'impartialité du tribunal», selon la décision.

«Des choix doivent être faits»

Ils avaient souligné qu'«un juré tweetait pendant le procès en dépit des instructions précises du juge» de ne pas communiquer sur internet à propos de l'affaire.

Ils avaient également relevé qu'«un juré s'était endormi pendant» une phase du procès, «un fait qui avait été porté à l'attention du tribunal». Selon le document, le juge avait interrogé l'intéressé mais avait décidé de ne pas le récuser et de poursuivre l'audience.

Pendant une pause déjeuner, un autre juré avait écrit ces mots sur son compte Twitter: «Choices to be made. Hearts to be broken...We each define the great line» («des choix doivent être faits, des coeurs vont se briser... chacun, nous devons trancher»). Il avait à nouveau tweeté: «It's over» («C'est fait»), 50 minutes avant que le verdict soit annoncé.

«Une violation flagrante des instructions du tribunal»

«C'est une violation flagrante des instructions du tribunal interdisant les tweets», avait estimé l'avocat de M. Dimas-Martinez, en alertant le tribunal. Il avait souligné qu'un des abonnés de ce juré était un journaliste.

Mais là aussi, le juge avait été convaincu par le juré arguant qu'il «n'avait pas parlé du tout de l'affaire» dans ses tweets, et l'avait maintenu dans le jury. «Plus grave encore», souligne ce document, le juré avait continué de tweeter pendant le procès et les délibérations, en dépit des alertes du juge.

(afp)