Etats-Unis

12 décembre 2016 19:19; Act: 12.12.2016 20:48 Print

Un condamné jugé apte à mourir une seconde fois

La Cour suprême des Etats-Unis a refusé lundi d'entendre l'appel d'un condamné à mort qui avait survécu à une exécution ratée, le prisonnier étant désormais menacé d'une seconde exécution tout aussi controversée.

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Romell Broom est âgé de 60 ans. (Photo: Keystone/AP/Uncredited)

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Romell Broom est un cas unique dans les annales judiciaires américaines. Le 15 septembre 2009, cet homme reconnu coupable d'avoir violé et tué une adolescente en 1984 a subi à son tour un calvaire inhumain, quand les agents pénitentiaires ont tenté --en vain-- de lui poser un cathéter veineux pour lui injecter des substances mortelles.

Pendant deux heures, le prisonnier a été piqué à de multiples reprises, dans ses bras et ses jambes, mais aucune de ses veines n'est apparue suffisamment visible ou solide pour supporter la perfusion.

Après que le condamné se fut plaint des douleurs causées, l'exécution avait finalement été suspendue. Romell Broom était donc sorti vivant de la chambre de la mort de sa prison de Lucasville, dans l'Etat de l'Ohio.

«Peines cruelles ou inhabituelles»

Depuis sept ans, ses défenseurs font valoir que l'épreuve mentale et physique qu'il a subie, malgré son issue miraculeuse, devrait l'exonérer d'une autre tentative d'exécution.

Ils se fondent sur le 8e amendement de la Constitution américaine, qui bannit les «peines cruelles ou inhabituelles» et sur le principe de la double incrimination, qui dit que nul ne peut être puni pénalement une seconde fois à raison des mêmes faits.

«M. Broom ne pouvait espérer qu'il sortirait vivant de la chambre de la mort», ont écrit ses avocats. «Pendant deux heures l'Etat de l'Ohio a essayé de l'exécuter. Du fait que Broom avait largement dépassé le point où il s'attendait à mourir de façon imminente, et qu'il a subi d'intenses douleurs et souffrances, une seconde tentative de l'exécuter est infondée».

Autre appel rejeté

Ces arguments n'ont pas emporté l'adhésion de la Cour suprême qui, à la majorité de ses huit juges (et par deux voix contre), a refusé lundi d'inscrire ce dossier à son calendrier.

La haute cour a également rejeté un appel d'un autre condamné à la peine capitale, Henry Sireci, qui avait été condamné pour meurtre en 1976.

Dans un argumentaire de désaccord avec la majorité de ses confrères, le magistrat Stephen Breyer a dénoncé la détention extrêmement longue de cet homme dans le couloir de la mort.

Henry Sireci «est emprisonné depuis 40 ans sous la menace d'être exécuté. Quand il a été condamné en première instance, le mur de Berlin était bien en place. La chute de Saïgon venait de se produire. Peu d'Américains connaissaient l'existence de l'ordinateur individuel ou d'internet. Et plus de la moitié des Américains vivant aujourd'hui n'étaient pas nés», a-t-il écrit.

Produit controversé

Aujourd'hui âgé de 60 ans, Romell Broom a lui passé plus de trois décennies dans le couloir de la mort. De façon extrêmement paradoxale, sa «seconde» exécution promet, dans les conditions actuelles, d'être également très controversée.

L'Etat de l'Ohio a en effet annoncé il y a deux mois qu'il comptait modifier son protocole de mise à mort, en incluant trois substances, dont le midazolam.

Jeudi dernier, un condamné à mort dans l'Alabama a convulsé pendant 13 minutes lors de son exécution avec ce produit très critiqué car étant un simple anxiolytique.

Les Etats-Unis font actuellement face à une pénurie des produits utilisés dans les injections létales, que refusent de livrer de grandes firmes pharmaceutiques européennes.

«Dans les exécutions, le midazolam est censé placer le prisonnier sous anesthésie, mais ce n'est pas une substance adaptée à cet objectif», explique à l'AFP Megan McCracken, une spécialiste des injections létales à la Berkeley Law School.

«A diverses occasions des prisonniers ayant reçu du midazolam sont soit restés conscients, soit ont repris conscience et lutté, suffoqué et montré des signes de douleurs et de souffrances», poursuit-elle.

Or, rappelle l'experte, «à la fois la Constitution et nos croyances en une bonne administration imposent aux Etats de pratiquer des exécutions qui soient humaines et conformes à la loi et à la Constitution».

(afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Calimero le 12.12.2016 21:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A ne rien y comprendre. ..

    par 2 fois j ai du euthanasier un de mes chevaux. ...on parle donc d un corps de plus de 500kg!....les 2 se sont endormi rapidement ( quelques minutes ) paisiblement ...dans mes bras....et la ils ne sont pas foutu d endormir un humain 5x moins lourd qu un cheval? ??je ne comprends pas trop la....

  • jo da le 12.12.2016 21:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pas de dil

    l'ado elle n'a pas eu une 2èmes chance

  • Aurélie le 12.12.2016 21:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop

    Non mais il faut arrêter ce cirque! Sans déconner! Il y a des SDF qui meurent de froid dans la rue, et il n'y a aucun tribunal qui se lève et hurle au scandale pour cela! Et là, pour un violeur et assassin, toutes les associations des droits de l'homme s'indigne? Qu'elles s'indignent des enfants violés et tués, ça sera un bon début. Quand plus aucune personne bien ne mourra plus suite à de l'injustice, on s'occupera du sort des criminels!

Les derniers commentaires

  • Grize Ruth le 13.12.2016 00:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    rescapé de la peine de mort

    sa victime n à pas pas souffert peut être ? pourquoi cette empathie pour ce meurtrier ??

  • Feuer Frei le 13.12.2016 00:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et la victime

    Aujourd'hui sa victime aurait pu avoir 48 ans... Mais il est passé par là

  • Sheila Diarhée le 13.12.2016 00:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Juste 40 centimes pourtant

    40 centimes en pleine tête et Voila. Fini

  • tony le 13.12.2016 00:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    heum!

    si un autres faisait ça il passerai pour des dictateur et pourquoi au États-Unis c'est normal? mais fait comme je dis pas comme je fais

  • John le 12.12.2016 23:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aberrant

    Quelqu'un m'explique à quoi ça sert de condamner quelqu'un à mort 30 ans après le crime commis?