France

14 novembre 2019 17:46; Act: 14.11.2019 22:28 Print

Un couple salafiste dont le bébé est mort va en prison

Les parents salafistes accusés d'avoir tué leur fille de quinze mois ont été condamnés jeudi par la cour d'assises de l'Isère.

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Photo d'illustration. (Photo: AFP)

Une faute?

La justice française a condamné jeudi les parents salafistes accusés d'avoir causé la mort de leur petite fille de quinze mois en Isère en 2017. Elle a infligé une peine de 18 ans de réclusion criminelle au père et cinq ans d'emprisonnement à la mère.

La cour d'assises de l'Isère a reconnu le père, âgé de 26 ans, coupable de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, violences volontaires et habituelles, et privation de soins. Par décision spéciale, la cour a également prononcé le retrait total de l'autorité parentale du jeune homme sur son deuxième enfant, un petit garçon placé en famille d'accueil.

Concernant la mère, âgée de 22 ans, la cour d'assises l'a condamnée à cinq ans d'emprisonnement pour privation de soins et violences volontaires. C'est ce qu'avait demandé lors des plaidoiries son avocate afin de lui permettre de bénéficier d'un accompagnement par un suivi socio-judiciaire - prononcé pour dix ans - possible uniquement avec une condamnation pour violences volontaires.

Pas de retour en prison

La jeune femme n'a en revanche pas été condamnée pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le mandat de dépôt n'a pas été prononcé contre la mère de la petite victime, qui n'est donc pas retournée en détention à l'issue de l'audience.

Avant son procès, elle avait fait 19 mois de détention provisoire, était en liberté sous bracelet électronique et avait entamé une réinsertion professionnelle. Elle a notamment l'obligation de ne pas entrer en relation avec le père de ses enfants. Mais la cour n'a pas prononcé le retrait de l'autorité parentale contre la jeune femme, qui pourra rester en relation avec son fils.

Jusqu'à 30 ans de prison

Avant les sept heures de délibéré, la mère avait dit devant la cour et les jurés que sa «plus grosse peine» était que sa fille ne soit «plus là et qu'elle ne reviendra pas». Le père avait de son côté considéré que ce drame était «entièrement de (sa) faute». «Je n'ai jamais su aimer ma fille comme je devais l'aimer et je n'ai pas su lui donner l'amour dont elle avait besoin». Les deux parents encouraient trente ans de réclusion criminelle.

(nxp/ats)