Soudan

25 décembre 2011 16:42; Act: 25.12.2011 19:13 Print

Un des chefs rebelles du Darfour tué

L'armée soudanaise a annoncé avoir tué dimanche Khalil Ibrahim, le chef d'un des plus importants groupes rebelles de la région soudanaise du Darfour.

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Trois jours plus tôt, ce mouvement avait annoncé qu'il marchait sur la capitale pour renverser le régime.

«L'armée soudanaise annonce qu'elle a tué Khalil Ibrahim dans des combats ce jour dans l'ouest de la ville de Wadbanda, au Kordofan- Nord», près de la frontière avec le Darfour-Sud, a rapporté l'agence de presse officielle Suna.

Ibrahim, 54 ans, dirigeait le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, région de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre civile. L'information n'a pas pu être confirmée auprès de dirigeants du JEM qui a annoncé qu'un communiqué serait publié dans la journée.


Exil


Vendredi, le porte-parole de l'armée, Sawarmi Khaled Saad, avait attribué aux forces de Khalil Ibrahim une attaque contre des civils dans cette région où ils auraient également pillé les propriétés de chefs locaux. Dimanche, il affirmé à la télévision qu'Ibrahim avait été tué dans des «combats directs» ayant opposé les troupes régulières aux rebelles du JEM.

Jeudi, le JEM avait affirmé que ses troupes avaient commencé à se déplacer vers l'Est, en direction de Khartoum. Gibril Adam Bilal, un porte-parole du JEM, affirmait que les rebelles avaient atteint En Nahoud, à quelque 120 km à l'est du Darfour, dans l'Etat du Kordofan- Nord, et continuaient d'avancer dans le but de faire tomber le régime du président Omar el-Béchir.

Khalil Ibrahim avait soutenu le coup d'Etat du président Béchir en 1989, avant de tourner le dos au gouvernement et de fonder à la fin des années 1990 un groupe de dissidents dénonçant la «domination» des Arabes sur la vie politique et économique.

Exilé aux Pays-Bas, Khalil Ibrahim avait annoncé la formation du JEM, de tendance islamiste, dont la base est limitée à la branche Kobe des Zaghawas, groupe ethnique présent au Soudan et au Tchad.


Refus


Le JEM a refusé de signer l'accord de paix du Darfour de mai 2006, estimant que «les mesures sur le partage des ressources et du pouvoir ne répondaient pas de façon adéquate aux causes profondes de la rébellion: l'inéquité structurelle entre le centre (Khartoum) et les régions périphériques» comme le Darfour, selon International Crisis Group (ICG).

Khartoum a signé en juillet un accord de paix à Doha avec une coalition de petites factions darfouries rebelles, le Mouvement de libération pour la justice (LJM). Les principaux groupes armés au Darfour, le JEM et les deux factions de l'Armée de libération du Soudan (SLA) ne l'ont pas signé.

(ats)