Algérie

18 juillet 2019 20:23; Act: 18.07.2019 20:31 Print

Un ex-ministre de Bouteflika en détention

Dans le cadre d'une enquête pour corruption, Amar Ghoul a été placé en détention provisoire, jeudi.

Algérie: les grands défis.
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L'ancien ministre algérien Amar Ghoul a été placé jeudi en détention provisoire dans le cadre d'enquêtes sur des faits présumés de corruption, a rapporté l'agence de presse officielle APS. Il était à la tête de plusieurs ministères sous l'ex-président Abdelaziz Bouteflika.

Successivement ministre de la Pêche, des Travaux publics, des Transports et de l'Aménagement du territoire, Amar Ghoul a été en poste sans interruption de 1999 à 2016, durant 17 des 20 années de présidence d'Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril par un mouvement inédit de contestation.

Initialement membre du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), le principal parti islamiste, il l'avait quitté quand celui-ci avait cessé de participer au gouvernement en 2012 et avait fondé le parti islamiste TAJ, qui avait rejoint l'alliance présidentielle soutenant Abdelaziz Bouteflika.

Une série d'enquêtes

Depuis la démission du chef de l'Etat, la justice algérienne a ouvert une série d'enquêtes pour des faits de corruption et condamné ou placé en détention provisoire d'influents hommes d'affaires et ex-responsables politiques.

Selon APS, Amar Ghoul est poursuivi dans le cadre de dossiers impliquant les puissants hommes d'affaires Ali Haddad, PDG du n°1 privé du BTP en Algérie, et Mahieddine Tahkout, dont le groupe diversifié gère notamment une large part du secteur des transports universitaire et urbain.

Corruption

Bénéficiaires d'importants contrats publics, que leurs détracteurs disent obtenus à la faveur de leurs liens privilégiés avec l'entourage d'Abdelaziz Bouteflika, ces deux hommes sont tous deux déjà incarcérés.

Avec l'incarcération de Amar Ghoul, les dirigeants ou ex-dirigeants des quatre partis de l'alliance pro-Bouteflika sont désormais en détention préventive sous des accusations de corruption durant leurs mandats gouvernementaux.

Les secrétaires généraux du Front de libération nationale (FLN) Djamel Ould Abbes (écarté fin 2018), du Rassemblement national démocratique (RND) Ahmed Ouyahia, et du Mouvement populaire algérien (MPA) Amara Benyounes, ont précédé M. Ghoul en prison ces dernières semaines.

(nxp/ats)