Affaire Karachi

15 décembre 2011 13:38; Act: 15.12.2011 13:48 Print

Un ex-ministre français inculpé

Un ancien ministre français, Renaud Donnedieu de Vabres, a été mis en examen jeudi dans le cadre de l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi.

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Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture, qui fut aussi le conseiller spécial de François Léotard, ministre de la Défense de 1993 à 1995, a été mis en examen pour «complicité d'abus de biens sociaux», selon Me Olivier Morice. Cette mise en examen a été confirmée de source proche de l'enquête.

M. Donnedieu de Vabres avait été placé en garde à vue mardi avant d'être remis en liberté mercredi.

Scandale

Dans cette vaste affaire, les juges veulent savoir si des commissions, versées légalement en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l'Arabie saoudite (frégates Sawari II), ont donné lieu à des rétrocommissions qui auraient financé illégalement la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995.

Ce dossier des rétrocommissions pakistanaises embarrasse d'autant plus que la justice se demande s'il n'est pas à lié à un attentat en mai 2002 à Karachi, dans lequel 15 personnes dont 11 Français ont été tuées.

Entendu comme témoin en novembre 2010, M. Donnedieu de Vabres avait réfuté tout lien dans la négociation du contrat de ventes de sous-marins au Pakistan avec le financement de la campagne de M. Balladur en 1995.

Selon des témoignages versés au dossier, deux intermédiaires, dont le Franco-libanais Ziad Takieddine, qui a été inculpé, ont été imposés par le pouvoir politique, notamment par M. Donnedieu de Vabres, peu avant la conclusion le 21 septembre 1994 du contrat Agosta.

Ce dernier avait reconnu devant le juge avoir rencontré les deux intermédiaires au ministère de la Défense.

Compte de campagne de Balladur

Dans cette affaire, deux proches du président Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, ont été inculpés.

L'enquête a mis au jour le versement d'importantes sommes en espèces sur le compte de campagne d'Edouard Balladur, d'un total 20 millions de francs (trois millions euros) dont 10 millions en une seule fois au lendemain du 1er tour.

(afp)