Venezuela

03 février 2019 08:08; Act: 03.02.2019 08:28 Print

«Ca va tomber, comme le mur de Berlin»

Le bras de fer entre Juan Guaido et Nicolas Maduro a connu un nouveau tournant lors des manifestations ce samedi.

Militants de l'opposition et partisans du pouvoir manifestent dans les rues de Caracas, samedi.
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Des dizaines de milliers d'opposants vénézuéliens dirigés par le président autoproclamé Juan Guaido ont défilé pour exiger du chef de l'Etat Nicolas Maduro qu'il cède le pouvoir. Un général de l'Armée de l'Air a auparavant annoncé faire allégeance à Juan Guaido.

Agitant des drapeaux aux couleurs du Venezuela, les partisans de Juan Guaido se sont réunis samedi en cinq points de la capitale et ont marché vers la représentation de l'Union européenne.

«Liberté! Liberté! Liberté!», scandaient les manifestants en tapant sur des casseroles, tandis que d'autres portaient des pancartes avec le visage du président Maduro barré.

«Maduro assassin»

«Ecoutez la garde (bolivarienne), écoutez le Sebin (services de renseignements), ça va tomber, comme le mur de Berlin», pouvait-on lire par ailleurs. Ou encore: «Des Vénézuéliens meurent de faim faute de nourriture et de médicaments: Maduro assassin!».

L'opposition veut envoyer «un message à l'UE» pour remercier «tous ces pays qui, très bientôt, vont nous reconnaître», selon Juan Guaido, 35 ans, qui préside le Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition. Celle-ci juge le second mandat de Nicolas Maduro, entamé le 10 janvier, illégitime car issu d'élections frauduleuses.

Juan Guaido a annoncé l'arrivée d'une aide humanitaire destinée au pays à la frontière colombienne, au Brésil et sur une «île des Caraïbes». Il a demandé à l'armée de la laisser entrer. Anticipant un mois de février «qui doit être déterminant», il a appelé ses partisans à ne pas relâcher la pression, lors d'une nouvelle manifestation le 12 février.

Juan Guaido est soutenu par les Etats-Unis, la plupart des Etats latino-américains et certains pays européens. De leur côté, les partisans de Nicolas Maduro, dont beaucoup vêtus de rouge, se sont rassemblés au son de la salsa sur l'avenue Bolivar.

Un général rejoint Guaido

Quelques heures avant le début de ces manifestations, un général de division de l'Armée de l'Air a annoncé faire allégeance à Juan Guaido. Cela alors que Nicolas Maduro compte sur le soutien déterminant des forces armées pour se maintenir au pouvoir.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où il apparaît en uniforme, le général Francisco Yanez rejette «l'autorité dictatoriale» de Nicolas Maduro et «reconnaît le député Juan Guaido comme président».

Se présentant comme directeur de la planification stratégique de l'Armée de l'Air, il est le premier militaire de ce rang à se rallier publiquement à M. Guaido. Jusqu'ici, seul un colonel, attaché de défense aux Etats-Unis, avait franchi le pas.

Le général Yanes a été immédiatement qualifié de «traître» par l'Armée de l'Air. Les Etats-Unis appellent tous les membres de l'armée à suivre l'exemple du général Yanez, a déclaré dans la foulée sur Twitter le conseiller de la Maison Blanche à la sécurité nationale, John Bolton.

Maduro pour des législatives anticipées

Alors que le Parlement européen a appelé jeudi, en reconnaissant l'autorité de M. Guaido, tous les pays de l'UE à faire de même, six d'entre eux (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné à Nicolas Maduro jusqu'à dimanche pour convoquer des élections. Faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme président.

S'exprimant devant ses partisans à Caracas, Nicolas Maduro a répété être favorable à la tenue d'élections législatives anticipées dans le courant de cette année, alors qu'elles sont prévues en 2020, alors que le Parlement est justement la seule institution contrôlée par l'opposition.

Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba, Nicolas Maduro, 56 ans, rejette l'ultimatum européen et accuse les Etats-Unis d'orchestrer un coup d'Etat.

Dans une main tendue à la Chine, Juan Guaido a assuré samedi dans le South China Morning Post qu'il honorerait, une fois au pouvoir, les accords conclus entre Pékin et son pays et qu'il souhaitait entamer «dès que possible» le dialogue avec la Chine.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Big Mac le 03.02.2019 08:40 Report dénoncer ce commentaire

    solidarité avec le peuple

    Un pays, un peuple, des ressources gigantesques et une grande pauvreté. Mais accuser uniquement les dirigeants en occultant les intérêts géopolitiques des grandes puissances est une erreur. Ils sont tous pantins, mais les ficelles ne sont pas tirées par les mêmes mains.

  • Maria venezolana le 03.02.2019 09:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Venezuela libre! Liberté pour le peuple!

    C'est un moment historique pour le peuple vénézuélien, Maduro et Chavez on détruit le pays et l'ont laissé en ruine, ils ont volé tout l'argent du pétrole et rien invertí dans le pays, nous vivons une crise humanitaire, les enfants meurent de faim et de maladies qui avait été éradiqué et qui sont revenues du la précarité du pays. Il n'y a pas des aliments au marché le gens meurent de famine. Il y'a pas de médicaments non plus. L'inflation est de 1.700.000%! Le président interim Guaidó a utilisé la constitution et il a fait ce que La lois dit en cas d'une élection présidentielle frauduleuse.

  • Marc le 03.02.2019 08:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La liberté

    On aimerait enlever la liberté a beaucoup de pays

Les derniers commentaires

  • Dann le 05.02.2019 19:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le résultat humainement insoutenable

    J'ai suivi l'interview d'un couple argentin réfugié provisoirement chez des amis en Franche-Comté, ils racontent le calvaire que vit leur pays.. De gens à l'aise, par faute de la tumeur socialiste, on leur a tout volé, ils m'ont plus rien. Leur vie se résume à une valise de 23 kg d'habits. Et c'est tout le pays qui tombe en ruine à cause de cette politique pourrie et corrompue socialo-parasitaire. Ces rouges, en disparition souhaitée, ont détruit tous les gouvernements dans lesquels ils étaient majoritairement et frauduleusement élus. Au 21ème siècle, le socialisme est devenu synonyme d'escroquerie, d'appauvrissement, de contraintes physiques et morales. Soutenir et élire ces gens-là, c'est un affront extrême à l'encontre d'une population qui souffre. En Suisse, ils perdent des plumes inexorablement et c'est du bonheur.

    • Dann le 07.02.2019 23:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Dann

      Les seuls soutiens et non des moindres sont la TV romande et la Radio romande. Aux journaux RSR du matin, les interviews se cantonnent inexorablement à un Monsieur Steiert, qui est dans la tourmente pour des accusations de mobing.. et un autre gauchard. Et ceux qui ne sont pas de gauche se font dilater. A quand la disparition de la redevance. Oui à "No Serafe".

  • Dann le 04.02.2019 05:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les indéboulonnables..

    Est-ce dans l'éthique du socialime de s'accrocher à n'importe quel prix à la présidence ? Toute proportion gardée, en Suisse nous avons l'exemple Levrat qui s'accroche, s'accroche et s'accroche à n'en plus finir, envers et contre son parti..

    • hip le 04.02.2019 08:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Dann

      ouais pis y a Maudet qui s'accroche, s'accroche, s'accroche, en dépit de toute raison morale... car son mental, parlons-en...

  • gag le 03.02.2019 18:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trump

    va abandonner l'idée du mur à la frontière mexicaine et va se mettre en tête de construire un pipe line Vénézuela-USA.

  • kolerick le 03.02.2019 15:52 Report dénoncer ce commentaire

    la liste de ses soutiens...

    est éloquente: "Soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba,"...

    • Liberty Kid le 03.02.2019 19:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @kolerick

      Liste effectivement éloquente d'une collection de dirigeants ne supportant pas la parole contradictoire. Vive la démocratie.

    • Dany 74 le 04.02.2019 07:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @kolerick

      Et Melanchon !

  • Bobo le 03.02.2019 14:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ah c'est merveilleux

    Ah, qu'ils sont bons, ces gens pour la démocratie. Ce n'est pas Maduro, mais les sanctions qui clochent. Ils auraient dû scander: "pétrole! pétrole! pétrole!".