Mexique

01 février 2019 04:49; Act: 01.02.2019 06:44 Print

Un groupe criminel menace le président

Un véhicule contenant une fausse bombe a été abandonné avec des menaces pour Andres Obrador, qui lutte contre les vols de carburant.

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Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador. (Photo: AFP)

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Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a été menacé jeudi par des membres présumés d'un groupe criminel. Ceux-ci exigent le retrait des militaires déployés pour combattre les vols de carburant, sous peine de s'en prendre aux forces de l'ordre et aux civils.

Cette menace intervient deux semaines après l'incendie meurtrier, dans le centre du pays, d'un oléoduc percé le 18 janvier par des voleurs de carburant et qui avait fait jaillir un véritable geyser d'essence. Cette fuite avait attiré quelque 700 habitants de Tlahuelilpan, parmi lesquels des familles entières, venus recueillir de l'essence avec des bidons. Au moins 117 personnes avaient perdu la vie.

Cette tragédie a eu lieu au moment où le président mexicain Andrés Manuel López Obrador lançait une stratégie nationale contre le vol de carburant. Ce fléau a fait perdre quelque 3 milliards de dollars en 2017 à l'État mexicain. Le carburant ainsi volé s'achète environ à la moitié du prix de marché.

Un véhicule contenant une fausse bombe a été abandonné jeudi matin devant une raffinerie à Salamanca, dans l'Etat de Guanajuato (centre), selon une image diffusée par la présidence mexicaine. Les autorités ont découvert à proximité des pancartes exigeant la libération de présumés criminels arrêtés récemment dans le cadre de cette stratégie nationale et demandant le retrait des soldats déployés à Guanajuato. Les panneaux étaient signés du chef présumé d'un groupe criminel baptisé Santa Rosa de Lima.

"Il n'y avait aucun explosif dans le véhicule abandonné", a indiqué le porte-parole de la présidence, Jesus Ramirez. Une enquête avait été ouverte. Il s'agit d'une "fausse alerte", a commenté M. Lopez Obrador lors de sa conférence de presse quotidienne au Palais national.

"Le peuple me protège"

Ces présumés criminels "envoient un message très direct, une menace que le gouvernement doit analyser dans toute son ampleur et réévaluer la sécurité du président", a affirmé à l'AFP l'ancien procureur anti-drogue Samuel Gonzalez.

Le président mexicain a choisi, après son arrivée au pouvoir, de dissoudre le groupe chargé de sa protection et bénéficie d'une sécurité limitée. "Le peuple me protège", martèle ce président de gauche qui voyage sur des vols commerciaux et a décidé de vendre l'avion présidentiel. Le Mexique a enregistré en 2018 un chiffre record de violences, avec 33'341 homicides en 2018, soit le nombre le plus élevé depuis le début des statistiques en 1997.

(nxp/ats)