Paris

22 janvier 2020 22:02; Act: 22.01.2020 22:42 Print

Un haka contre la réforme des retraites

Des avocats ont fait un haka, la célèbre danse rituelle des guerriers maoris, pour protester contre le projet gouvernemental de réforme des retraites en France.

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«Avocats au combat aaaah ah!» : avec la même rage que les All Blacks, une cinquantaine d'avocats ont fait un haka mercredi sur le parvis du tribunal de Bobigny, au nord de Paris, pour dire leur colère face à la réforme des retraites.

En appui sur leurs genoux, chauffés à blanc par un homme au mégaphone, ces avocats de Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de la région parisienne - deux traits tracés au noir sur leurs joues, écharpe rouge sur leur robe - ont repris la célèbre danse rituelle des guerriers maoris pratiquée par l'équipe de rugby de Nouvelle-Zélande, frappant leurs genoux, leur torse, leurs coudes.

«On lâche pas, on lâche pas, non !», ont-ils lancé devant la presse pour cette nouvelle action, une parmi d'autres organisées ces derniers jours par les avocats, eux aussi opposés au projet gouvernemental de réforme des retraites, au centre d'une vague de grèves et de manifestations en France depuis le 5 décembre.

«Les avocats sont toujours mobilisés, le haka c'est une danse de guerrier, c'est symbolique, c'est pour montrer qu'on va combattre jusqu'au retrait du projet», a déclaré Meriem Ghenim, affiliée au Syndicat des avocats de France.

Maintien du régime spécifique

Mobilisés contre un projet, synonyme selon eux de doublement des cotisations et de baisse de leurs pensions, les avocats exigent le maintien de leur régime spécifique. Ils multiplient depuis le 6 janvier les actions spectaculaires, jetant leurs robes noires ou tournant le dos aux autorités le jour de la rentrée judiciaire.

La semaine dernière, une centaine d'avocats du barreau de Seine-Saint-Denis avaient installé tentes, matelas et duvets dans les salles des pas perdus du tribunal de Bobigny pour protester contre la réforme.

«Les avocats de Seine-Saint-Denis sont aux premières loges des catégories sociales les plus pauvres et les plus populaires (...) tous ces avocats vont devoir fermer leurs cabinets si la réforme des retraites passe», a surenchéri Raquel Garrido, une avocate et militante du parti de gauche radicale La France insoumise.

(nxp/afp)