Amérique latine

24 octobre 2019 05:20; Act: 24.10.2019 06:46 Print

Un interminable dépouillement en Bolivie

Partisans et détracteurs d'Evo Morales continuaient de s'affronter mercredi pendant que les bulletins de la présidentielle finissaient d'être comptés.

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Des heurts entre l'armée bolivienne et des manifestants acquis à la cause du président déchu ont fait des morts près de La Paz. (Mardi 19 novembre 2019) Les partisans de l'ex-président de gauche bolivien Evo Morales manifestaient pour exiger le départ de la présidente par intérim de droite. L'influente Église catholique a elle appelé au «dialogue» pour pacifier le pays sud-américain. (Lundi 18 novembre 2019) Le gouvernement par intérim a promis dimanche la convocation rapide d'élections alors que les tensions restent vives en Bolivie. (17 novembre 2019) Le «blocage» des pro-Morales provoque des pénuries à La Paz. (Dimanche 17 novembre 2019) Les manifestations de samedi ont fait quatre morts. (Samedi 16 novembre 2019) Des affrontements opposent des partisans d'Evo Morales aux forces de l'ordre depuis que la sénatrice de droite Jeanine Añez a pris le pouvoir. (Samedi 16 novembre 2019) La crise qui secoue la Bolivie depuis fin octobre a fait 23 morts lors des manifestations. (Samedi 16 novembre 2019) La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a dénoncé samedi «l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée» en Bolivie. (Samedi 16 novembre 2019) Cinq cultivateurs de coca partisans du président bolivien déchu Evo Morales ont été tués vendredi au cours d'affrontements avec la police et l'armée à Cochabamba, dans le centre du pays. (Samedi 16 novembre 2019) Les partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales manifestent à La Paz (14 novembre 2019). Des affrontements ont éclaté mercredi dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. (Mercredi 13 novembre 2019) Supporters of Bolivian ex-President Evo Morales demonstrate in La Paz on November 14, 2019. - Bolivia's exiled former president Evo Morales said Wednesday he was ready to return to 'pacify' his country amid weeks of unrest that led to his resignation. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP) Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré. (Mercredi 13 novembre 2019) La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, malgré l'absence de quorum au Parlement. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales le dirigeant bolivien déchu a atterri au Mexique qui lui a accordé l'asile. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales annonce son départ pour le Mexique qui lui a accordé l'asile. (11 novembre 2019) La future présidente par intérim a annoncé lundi la prochaine convocation d'une présidentielle. Pendant ce temps-là, des partisans d'Evo Morales convergent vers La Paz. (11 novembre 2019) Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé lundi que le Mexique avait décidé d'accorder «l'asile politique» à Evo Morales. Un avion est en route pour aller le chercher. (11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens sont descendus dans les rues de tout le pays pour fêter la démission d'Evo Morales. (Lundi 11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l'État, au terme de trois semaines de manifestations. (Dimanche 10 novembre 2019) Les présidents cubain et vénézuélien ont dénoncé dimanche soir un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales. (10 novembre 2019) Le président bolivien Evo Morales a jeté l'éponge face à la détermination de la rue. Il renonce à son «poste de président». (Dimanche 10 novembre 2019) Une foule de manifestants hostiles au président Evo Morales a occupé samedi à La Paz les sièges de deux médias d'État, la télévision Bolivia TV et Radio Patria Nueva. (Dimanche 10 novembre 2019) Les unités de police des villes boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi. Elles refusent de réprimer des manifestations de l'opposition. (Vendredi 8 novembre 2019) Un manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale. (6 novembre 2019) Les Nations Unies ont appelé à une pacification «immédiate» en Bolivie, après des «affrontements entre civils» et de «graves actes de violences en divers endroits du pays». (Mardi 29 octobre 2019) Au moins 30 personnes ont été blessées dans des affrontements au cours de manifestations pro et anti-Morales, plus d'une semaine après la réélection contestée du président. (28 octobre 2019) Le président bolivien Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale, a exclu toute «négociation politique» lors d'un discours à Cochabamba, dans le centre du pays. (26 octobre 2019) Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales. (Samedi 26 octobre 2019) Les résultats officiels publiés jeudi soir donnent le président sortant Evo Morales réélu dès le premier tour en Bolivie. (24 octobre 2019) L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection. (24 octobre 2019) Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux partiels. (Mardi 22 octobre 2019) De violents incidents ont éclaté lundi à travers le pays, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour. (Lundi 21 octobre) Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille. (Lundi 21 octobre) Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. (Lundi 21 octobre) Lundi à 21h00 (03h00 en Suisse mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales (photo) en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa. (Lundi 21 octobre)

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L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection.

Le principal rival d'Evo Morales, le libéral Carlos Mesa, a annoncé la formation d'un collectif de partis politiques de droite et du centre, baptisé «Coordination de défense de la démocratie», pour faire pression en vue de l'organisation d'un second tour. Et ce alors qu'Evo Morales semblait sur le point, selon les résultats officiels distillés au compte-gouttes, de se proclamer vainqueur dès le premier tour.

Mercredi soir, de nouveaux incidents ont éclaté à La Paz entre forces de l'ordre et manifestants près de l'hôtel hébergeant les membres du Tribunal suprême électoral (TSE). «Plus jamais, Evo plus jamais!», chantaient les protestataires. Des manifestants proches de l'opposition bloquaient les axes de Santa Cruz (est), capitale économique et principale ville du pays d'où est partie la grève nationale.

Violents affrontements

«Ce mouvement va durer jusqu'à ce qu'on nous confirme le second tour», a lancé à la foule Luis Fernando Camacho, le président de l'influent Comité Pro-Santa Cruz, une organisation conservatrice rassemblant commerçants, entrepreneurs et simples citoyens.

La grève était diversement suivie à travers le pays. De violents affrontements ont opposé pro et anti-Morales dans un quartier de Santa Cruz tenu par des partisans du président, faisant au moins deux blessés, a constaté l'AFP.

Une partie des Boliviens, qui dénonce une «autocratie», n'a pas digéré la décision d'Evo Morales de briguer un quatrième mandat, alors que les électeurs s'étaient prononcés contre à l'occasion d'un référendum en 2016.

Pendant ce temps, le lent comptage officiel des votes se poursuivait. Pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des suffrages et 10 points de pourcentage d'écart sur le deuxième.

Vers 22H00 (04H00 suisses jeudi), un peu plus de 2% seulement des bulletins restaient à dépouiller. Evo Morales était crédité de 46,24% des voix contre 37,18% pour Carlos Mesa, soit une avance proche des 10 points de pourcentage nécessaires.

«Nous sommes la majorité»

Evo Morales, qui a qualifié la grève générale de «coup d'Etat» ourdi par la droite, s'est dit «quasi sûr et certain» d'être réélu au premier tour grâce au «vote des régions rurales». Evo Morales, 59 ans, devait à nouveau s'exprimer devant la presse jeudi à 7H00 (13H00 suisses). Il a appelé ses supporters à la mobilisation.

En réponse, plusieurs milliers de mineurs, indiens et travailleurs, se sont réunis mercredi dans le calme sur la place San Francisco de La Paz, avec l'église coloniale du même nom et les montagnes en toile de fond.

«Mesa n'est pas pour nous (les indigènes). Nous n'allons pas laisser cela arriver, nous sommes la majorité (...) Ils parlent de fraude, mais ils sont racistes et nous discriminent. Avant, les soeurs (indigènes) ne pouvaient pas entrer dans les bureaux, aujourd'hui ce n'est plus le cas. On ne veut pas revenir au passé», confie Justina Loza, 43 ans, femme portant chapeau melon et «pollera», une lourde robe traditionnelle.

Ballotage, la «meilleure solution»

Une nouvelle manifestation devait partir mercredi d'El Alto, banlieue populaire de La Paz, considérée comme acquise à Evo Morales. Carlos Mesa, 66 ans, a de son côté appelé ses partisans à la «mobilisation permanente».

La mission d'observation électorale de l'Organisation des Etats américains (OEA) en Bolivie a pour sa part estimé mercredi que la «meilleure solution» serait de déclarer un ballotage entre les deux candidats. L'église catholique a abondé en ce sens, voyant dans un second tour la «seule issue pacifique et concertée». En parallèle, l'OEA a accepté de procéder à un audit du processus de dépouillement à la demande du gouvernement.

Le président du Venezuela Nicolas Maduro a apporté son soutien à Evo Morales, dénonçant lui aussi un «coup d'Etat annoncé». Après de premiers chiffres partiels, dimanche soir, laissant entrevoir un second tour inédit, de nouveaux résultats diffusés lundi par l'autorité électorale avaient pratiquement donné la victoire au chef de l'Etat sortant, suscitant de la part de l'opposition et des observateurs internationaux des soupçons de fraude.

(nxp/afp)