Sri Lanka

13 juillet 2018 17:34; Act: 13.07.2018 21:48 Print

Un job de bourreau pour 220 francs par mois

La peine capitale a été rétablie dans le pays. Colombo recherche un candidat pour exécuter ses condamnés à mort.

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(Photo: AFP/Archives/Photo d'illustration)

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Le Sri Lanka cherche d'urgence un bourreau, ont indiqué vendredi les autorités pénitentiaires. Le président a annoncé cette semaine la fin du moratoire sur la peine de mort pour les trafiquants de drogue.

Une annonce pour un poste de responsable qui exécutera des prisonniers par pendaison va être publiée la semaine prochaine, a précisé Thushara Upuldeniya, porte-parole du système pénitentiaire. Le candidat choisi touchera 35'000 roupies (environ 220 francs) par mois, a-t-il ajouté.

Le président du Sri Lanka Maithripala Sirisena a annoncé cette semaine que les trafiquants de drogue allaient désormais être exécutés. Ils purgent actuellement des peines de prison à vie.

Peines commuées

Aucune exécution n'a eu lieu au Sri Lanka depuis 1976. Des condamnations à la peine de mort sont régulièrement prononcées pour meurtre, viol et des crimes liés à la drogue, mais elles ont été jusqu'à présent commuées en prison à perpétuité.

Selon M. Upuldeniya, 373 personnes ont été condamnées à mort dans son pays, dont 18 pour des crimes graves liés à la drogue. Un organisme chargé des exécutions existe toujours, mais ses trois bourreaux ont démissionné. «Nous devons être prêts à procéder à des exécutions après la décision du gouvernement cette semaine», a souligné le porte-parole.

Inspiration philippine

Le gouvernement sri-lankais dit s'inspirer de la politique suivie aux Philippines. «Nous allons essayer de rééditer ce succès», a expliqué son porte-parole Rajitha Senaratne, évoquant notamment un déploiement de l'armée pour lutter contre la drogue.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré une guerre sans merci au trafic de drogue. La police philippine dit avoir tué environ 4200 toxicomanes et trafiquants présumés. Les défenseurs des droits affirment eux qu'il faut multiplier ce chiffre par trois et dénoncent des exécutions extrajudiciaires.

L'ONG Amnesty International a exhorté les autorités du Sri Lanka à ne pas revenir à la peine capitale.

(nxp/ats)