Paris

04 janvier 2016 15:11; Act: 04.01.2016 15:11 Print

Un marchand d'art comparaît devant la justice

Le procès de Guy Wildenstein s'est ouvert. Il est accusé de fraude fiscale et de blanchiment aggravé.

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Le Franco-Américain est l'héritier d'une importante famille d'amateurs d'art. (Photo: Reuters/Charles Platiau)

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Le procès de Guy Wildenstein, héritier d'une riche famille de marchands d'art, s'est ouvert lundi à Paris. Le Franco-Américain est soupçonné d'avoir caché au fisc français des sommes colossales.

Guy Wildenstein, 70 ans, est accusé de fraude fiscale et blanchiment aggravé. Il a, selon les enquêteurs, soustrait à l'impôt la plus grande part de la fortune familiale, faite de tableaux et de biens immobiliers de prestige, après le décès de son père, en 2001, et après la disparition, en 2008, de son frère aîné.

Fortune colossale

Le fisc français a adressé, fin 2014, un redressement de plus de 550 millions d'euros (599 millions de francs au cours actuel) aux héritiers Wildenstein. Leur fortune totale est estimée à plusieurs milliards.

Le marchand d'art, qui a été un soutien actif de la droite française, notamment de l'ancien président Nicolas Sarkozy, comparaît aux côtés de son neveu Alec Junior et de sa belle-soeur Liouba. Cette dernière est en guerre ouverte avec le reste de la famille.

«Dallas-sur-Seine»

Sont aussi convoqués deux avocats et un notaire. Sans oublier deux sociétés financières basées l'une aux Bahamas, l'autre à Guernesey. Ces deux paradis fiscaux hébergent les «trusts» de la famille. Il s'agit de fonds très discrets qui jouent un rôle majeur dans l'évasion fiscale au niveau international.

L'existence de ces «trusts» a été révélée à la suite de conflits d'héritage entre les fils Wildenstein et leurs belles-mères, épouses en secondes noces des chefs du clan.

Ces rivalités donnent à l'affaire une allure de «Dallas-sur-Seine». Elles ont mis les enquêteurs sur la trace de plusieurs tableaux de Bonnard ou Fragonard, d'un ranch gigantesque au Kenya ou encore de chevaux de course.

Guy Wildenstein risque jusqu'à dix ans d'emprisonnement pour les faits qui lui sont reprochés.

(nxp/ats)