Colombie

28 avril 2019 04:40; Act: 29.04.2019 06:39 Print

Un million de dollars pour un ex-chef des Farc

La Colombie est prête à verser une telle somme en échange de tout renseignement permettant l'arrestation d'«El Paisa».

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La localisation de l'ancien commandant rebelle est inconnue depuis juin 2018. (Photo: Twitter @TelediarioEC)

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Le gouvernement colombien a offert samedi une récompense d'un million de dollars en échange de tout renseignement permettant l'arrestation d'Hernan Dario Velasquez, alias «El Paisa». Cet ex-chef des Farc est accusé de ne pas avoir respecté l'accord de paix de 2016.

Cette annonce du ministre de la Défense, Guillermo Botero, intervient au lendemain de la demande d'arrestation d'Hernan Dario Velasquez par la justice de paix en Colombie, chargée de juger les crimes du conflit armé dans ce pays. Il s'agit de la première sanction contre un ex-chef guérillero pour non respect de l'accord de paix de 2016.

Sur son compte Twitter, le ministre a promis «trois milliards de pesos (environ 930'000 francs) contre toute information nous permettant d'arrêter alias 'El Paisa' afin qu'il réponde de ses crimes». Lors d'une apparition publique dans la ville de Pereira (centre-ouest), M. Botero a présenté une affiche de la police avec la photo de l'ex-guérillero ainsi que le montant de la récompense.

La localisation de l'ancien commandant rebelle est inconnue depuis juin 2018. Ce dernier ne s'est donc pas présenté à trois convocations devant la Juridiction spéciale de paix (JEP) dans le cadre du dossier sur des milliers d'enlèvements attribués à l'ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

«Pas d'impunité»

En conséquence, la JEP a décidé de «révoquer la liberté conditionnelle dont il bénéficiait», a annoncé la juge Catalina Diaz en lisant la décision vendredi soir. L'objectif est qu'il «comparaisse devant cette cour pour rendre des comptes (...) dans les différents dossiers examinés par ce tribunal», a-t-elle ajouté.

La JEP a également demandé la notification à Interpol du mandat d'arrêt contre «El Paisa». «En Colombie, il ne doit pas y avoir d'impunité pour des auteurs de crimes contre l'humanité. Il faut revendiquer (le droit) des victimes. Notre pays réclame une vraie justice, la réparation et non la répétition», a réagi sur Twitter le président de droite Ivan Duque.

La JEP, issue de l'accord qui a mené au désarmement de l'ancienne rébellion et à sa transformation en parti politique, prévoit des peines alternatives à la prison pour les ex-guérilleros et militaires qui avouent leurs crimes, dédommagent les victimes et s'engagent à ne plus recourir à la violence.

Forte tension

Soupçonné de multiples assassinats et enlèvements, «El Paisa», qui commandait un corps d'élite de l'ex-guérilla marxiste, a quitté l'an dernier la zone du sud du pays où il devait suivre un processus de réinsertion sociale et économique.

Il a disparu avec l'ex-négociateur de paix Ivan Marquez. Il argue que le gouvernement ne respecte pas l'accord et déplore le manque de garanties juridiques et de sécurité pour les ex-guérilleros, suite à l'arrestation en avril 2018 d'un autre chef Farc, Jesus Santrich, accusé de trafic de drogue par les Etats-Unis.

La JEP l'a cité à comparaître, ainsi que 30 autres ex-commandants Farc, entre février et mars pour les entendre à propos du dossier sur les enlèvements. Plusieurs d'entre eux ont déjà comparu, dont le leader de l'ex-guérilla et parti Farc, Rodrigo Londoño, alias «Timochenko». Ces comparutions se déroulent dans un climat de tension avec le président de droite Ivan Duque, que le parti Force alternative révolutionnaire commune (Farc) accuse de vouloir «détruire» l'accord de paix.

(nxp/ats)