CES de Las Vegas

09 janvier 2019 13:50; Act: 09.01.2019 14:22 Print

Un mur virtuel pour sortir Trump de la crise

Des start-up travaillent à un mur virtuel pour surveiller la frontière des Etats-Unis avec le Mexique, le long de laquelle Donald Trump veut à tout prix construire un mur à plusieurs milliards de dollars.

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La technologie viendra-t-elle au secours de la politique américaine? Au salon CES de Las Vegas, grand-messe annuelle du monde de la tech, la société Quanergy compte parmi les rares à travailler sur le «Lidar» - technologie utilisée dans la conduite autonome - comme outil de surveillance frontalière et donc de lutte contre l'immigration clandestine.

«Nous proposons une solution qui a davantage de capacités qu'un mur physique», affirme Louay Eldada, à la tête de la start-up américaine, venue au CES montrer son système. Celui-ci est testé à la frontière indo-pakistanaise et sur une petite portion de celle séparant les Etats-Unis du Mexique.

Moins coûteux et avec un impact environnemental moindre, un mur virtuel composé de radars, capteurs et caméras pourrait donc - théoriquement - offrir une piste pour mettre un terme au bras de fer politique opposant le président américain aux parlementaires démocrates, qui refusent de débloquer des fonds pour ce qu'ils qualifient de solution «médiévale».

Pointage laser

Ce conflit entraîne depuis 19 jours un «shutdown» qui paralyse partiellement les administrations fédérales, faute d'accord sur le budget. Dans une allocution solennelle mardi soir, Donald Trump a insisté, réclamant toujours 5,7 milliards de dollars pour construire une «barrière en acier», évoquant clandestins et trafic de drogue.

Grâce au Lidar qui détecte la lumière et mesure les distances par pointage laser, le système de Quanergy «peut voir jour et nuit, quelle que soit la météo, et peut automatiquement repérer les intrus et donner leur position GPS aux forces de l'ordre», vante Louay Eldada.

Coté prix, «on parle, nous, d'un milliard et demi de dollars pour toute la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, ce qui est beaucoup moins que l'estimation la moins chère pour la construction d'un vrai mur», poursuit le chef d'entreprise.

Autres atouts, selon ses promoteurs, une frontière virtuelle reviendrait moins cher en termes de fonctionnement et ne viendrait pas balafrer le paysage, ni perturber l'écosystème.

Clôture électronique plus efficace qu'avant?

Il y a une dizaine d'années, le gouvernement américain avait abandonné un projet de clôture électronique, le jugeant insuffisamment efficace. C'est précisément le développement du Lidar et de l'intelligence artificielle qui permet aujourd'hui d'avoir un système qui marche, assure le patron de Quanergy, en particulier parce que le Lidar permet de «voir» loin. Ainsi, «on peut voir comment se déplace une personne et déterminer si c'est un policier ou quelqu'un qui s'apprête à franchir la frontière illégalement», dit-il encore, tout en refusant de s'aventurer sur le terrain politique lorsqu'on l'interroge sur l'actualité.

Une autre start-up américaine, Anduril, travaille elle aussi sur la surveillance des frontières, un sujet hautement sensible dans la Silicon Valley, qui penche traditionnellement plutôt coté démocrate et préfère en général rester en retrait quant aux usages de ses technologies par les forces de l'ordre ou les gouvernements.

Google ou Amazon ont ainsi récemment été vivement critiqués pour leur collaboration avec les autorités militaires ou policières (drones, reconnaissance faciale...). Sous la pression, Google a même renoncé en octobre à concourir à un énorme contrat avec le ministère de la Défense américain.

Anduril, fondée par le jeune fondateur d'Oculus Palmer Luckey, est une start-up spécialisée dans la réalité virtuelle rachetée par Facebook en 2014. Elle se définit elle-même comme une «entreprise de défense». Elle n'est pas présente au CES mais Palmer Luckey fait le déplacement à Las Vegas. Interviewé, il a lui aussi refusé de s'exprimer sur l'actualité et les dernières déclaration de Donald Trump.

Les pylônes d'Anduril combinent quant à eux radar, antennes de télécommunications et caméras, pour repérer des objets jusqu'à environ 3 km. Grâce à l'intelligence artificielle, le logiciel sait distinguer un humain d'une voiture, un animal d'une plante. Il peut ensuite envoyer une alerte sur le smartphone d'un agent signalant l'endroit où une personne suspecte a été repérée.

Reste à savoir ce qu'il adviendrait des quelques 20'000 agents américains de surveillance des frontières si de tels systèmes étaient installés.

(afp)

Les commentaires les plus populaires

  • bleupomme le 09.01.2019 14:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nouvel une

    Un Trump virtuel pour que la crise sorte du mur

  • Milpa Bagen le 09.01.2019 14:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonne solution

    Cette barrière virtuelle, permet aussi de résoudre le problème, de l'obligation de racheter les terres pour mettre la barrière physique en place. Ce n'est plus nécessaire. Il résout le problème des fleuves, où il n'est pas possible de mettre une barrière physique. Une solution du XXIème siècle, qui sera aussi bien plus difficile de contourner.... Bref la solution. Mais Trump, empêtrée dans son idéologie du XIXème siècle, n'est pas capable de le comprendre.

  • Tapigé le 09.01.2019 16:28 Report dénoncer ce commentaire

    Le mur du son

    C'est un président qui va droit dans le mur à grande vitesse .

Les derniers commentaires

  • Onésienne le 10.01.2019 00:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La voilà la bonne idée !

    Que des avantages ! Et en plus les 20´000 agents pourront être réaffectés à la sécurité dans les grandes villes : ce ne sera pas du luxe dans un pays où la criminalité est si élevée !

  • Derder le 09.01.2019 20:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Être sincère et voir la réalité !

    Là où la vie n'a pas de valeur, La mort, parfois, a son prix! C'est ainsi que les passeurs firent leur apparition. L'hypocrite qui crois au paradis, et lui seul juge l'acte de son voisin !

  • Brace Forimpact le 09.01.2019 20:16 Report dénoncer ce commentaire

    Voici les faits

    En 2 ans il y a eu 266'000 arrestations. Parmi ces arrestations, il y avait 100'000 gens inculpés pour violence physique, 30'000 pour agressions sexuelles et 4'000 pour meurtres. Le mois dernier, 20'000 enfants sont entrés illégalement. Ils sont souvent "revendus" par les passeurs sans scrupule. Le mur est réclamé par ceux qui travaillent et patrouillent le long de cette frontière. Trump veut aussi augmenter leurs effectifs. Les millions d'illégaux aux USA prennent le travail des classes américaines les plus pauvres qui subissent une pression économique injuste.

    • Essayé Papu le 10.01.2019 08:15 Report dénoncer ce commentaire

      @Brace Forimpact

      Vous vous lèveriez vous pour aller cueillir les salades à 4 h du matin pour 2 dollars ? j'en doute ! Quant à la violence physique, les américains ont fait forts avec l'histoire de l'esclavagisme aux USA ainsi qu'avec les amérindiens.... vous voyez vous nêtes pas convaincant

  • Trump le 09.01.2019 19:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    super

    la gestapo 3.0 ,et dire que c'est des gauchistes qui propose ça c'est pas merveilleux ça ?

    • Et La Lumière Fut le 10.01.2019 08:16 Report dénoncer ce commentaire

      @Trump

      t'as encore pas compris que tu n'es pas convaincant ? malgré le choix idiot de ton pseudo ?

  • Trump le 09.01.2019 19:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    super

    la gestapo 3.0 ,et dire que c'est des gauchistes qui propose ça c'est pas merveilleux ça ?