France

22 décembre 2011 08:08; Act: 22.12.2011 12:10 Print

Un musulman en colère blesse une sage-femme

Un homme de 24 ans a été condamné à six mois de prison pour avoir violenté une sage-femme et cassé la porte d’un bloc opératoire afin de remettre le voile de son épouse qui accouchait.

Une faute?

Nassim Mimoune, 24 ans, né aux Lilas (Seine-Saint-Denis) et en vacances à Marseille, a été jugé mercredi en comparution immédiate par le Tribunal correctionnel. Il était accusé de «violence sur un professionnel de la santé» et «dégradation de biens destinés à l’utilité publique». Il a reconnu les faits qui se sont déroulés lundi matin à l’hôpital Nord. Le jeune homme a été condamné à une peine de six mois de prison ferme.

Selon l’énoncé des faits, alors que sa femme souffrait de contractions depuis 48 heures, il l’a conduite à l’hôpital. Sur place, il s’est opposé «avec virulence au toucher vaginal» qu’une sage-femme voulait pratiquer.

«Laisse-les faire!» lui a dit, en arabe, sa jeune femme. «Tu en subiras les conséquences, on divorcera!», a répondu Nassim Mimoune, selon les propos rapportés par une sage-femme arabophone appelée pour faciliter la communication. A l’adresse du personnel, il a ajouté, très énervé: «En France, on essaie toujours de violer nos femmes.»

Un «tyran domestique» qui s’excuse

Sa femme a alors été transférée au bloc opératoire pour une césarienne, le personnel acceptant, pour apaiser la situation, que le mari assiste, depuis le sas du bloc, à l’intervention. Mais celui-ci, voyant l’anesthésiste enlever le voile de sa femme, a poussé la sage-femme, qui a eu deux jours d’ITT (incapacité temporaire totale de travailler), et cassé la porte du bloc.

«Je me suis mis en colère. En tirant sur la porte, j’ai tapé sa main, je l’avoue, j’ai sûrement appuyé, je suis prêt à dédommager, je présente mes excuses, je n’ai pas voulu lui faire de mal, j’ai couru pour remettre le voile», a dit devant le tribunal Nassim Mimoune. «Je n’ai pas à faire valoir mes lois religieuses au sein d’un établissement médical», a-t-il ajouté.

«Ces faits sont inadmissibles, car révélateurs d’un individu qui n’a pas opté pour les règles de la société et considère que son dogme est supérieur aux lois de la République», a dénoncé le procureur Jérôme Bourrier, qui a qualifié le prévenu de «tyran domestique».
L’enfant et la mère sont en bonne santé.

(afp)