Vietnam

15 novembre 2019 11:46; Act: 15.11.2019 14:30 Print

Un prof condamné à 11 ans pour atteinte au régime

Un enseignant de musique au Vietnam devra passer onze ans en prison pour avoir partagé sur Facebook des «pensées hostiles» au régime communiste.

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Le régime communiste au Vietnam multiplie les arrestations et les condamnations depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 d'un nouvel exécutif conservateur. (Photo d'illustration) (Photo: AFP)

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Un professeur de musique a été condamné vendredi à onze ans de prison pour avoir «porté atteinte» au régime communiste, au terme d'un procès expéditif au Vietnam. Le pays ne cesse de durcir sa répression contre les opposants.

L'enseignant de 42 ans a été arrêté en mai dans la province de Nghe An (centre). Il avait notamment publié en 2016 sur les réseaux sociaux un article sur une entreprise sidérurgique taïwanaise à l'origine d'un déversement toxique qui a tué des tonnes de poisson au centre du Vietnam.

Il a été condamné à onze ans de détention pour avoir diffusé des «pensées hostiles» à l'Etat sur sa page Facebook, a-t-on appris auprès de son avocat. La peine est «trop sévère», a déclaré ce dernier, estimant que les procureurs ne disposaient pas de suffisamment de preuves pour relier le compte Facebook incriminé à son client.

Mon fils n'a fait qu'«élever la voix contre l'injustice», a commenté de son côté le père du condamné.

Dissidente interpellée à l'aéroport

Une autre dissidente, arrivée de Thaïlande, a été retenue vendredi pendant huit heures à l'aéroport de Hanoï. Dinh Thao, virulente critique du régime, vit à l'étranger depuis plusieurs années et travaille pour une organisation vietnamienne de défense des droits de l'homme.

Le régime communiste multiplie les arrestations et les condamnations depuis l'arrivée au pouvoir en 2016 d'un nouvel exécutif conservateur. Au moins 128 prisonniers politiques sont actuellement en détention, d'après Amnesty International. Un nombre largement sous-évalué d'après une autre ONG, mais impossible à vérifier en l'absence de toute statistique officielle.

Projet de loi sur la cybersécurité

Le pays, qui ne compte aucun média indépendant, a voté en 2018 un projet de loi sur la cybersécurité qui limite encore davantage la liberté d'expression.

Le texte, qui n'est pas encore entré en vigueur, oblige les plateformes du web à retirer sous 24 heures tous les commentaires considérés par le régime comme une menace à la «sécurité nationale».

Elles sont également dans l'obligation de stocker les informations personnelles et les données des utilisateurs et de les transmettre aux autorités si on le leur demande.

(nxp/ats)