Australie

01 février 2019 19:25; Act: 01.02.2019 19:25 Print

Un réfugié kurde iranien reçoit un prix littéraire

Détenu sur une île en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un requérant d'asile a écrit son livre sur son téléphone avant de l'envoyer par bribes à un traducteur.

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L'île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée sert de détention pour les requérants en vertu des lois australiennes sur l'asile. (Photo: Keystone)

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Un demandeur d'asile kurde iranien détenu en Papouasie-Nouvelle-Guinée en vertu des lois australiennes sur l'asile s'est vu décerner jeudi le prix littéraire le plus richement doté d'Australie. Son livre, il l'a rédigé sur son téléphone avant de l'envoyer par bribes.

Le prix Victoria pour la littérature a été attribué à Behrouz Boochani, retenu depuis 2013 sur l'île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée, selon un communiqué officiel de l'Etat de Victoria, en Australie, publié sur internet.

Le lauréat, qui est journaliste et cinéaste, recevra une récompense de 100'000 dollars australiens (72'000 francs) pour son livre: «No Friend But the Mountains: Writing from Manus Prison» («Pas d'amis mais les montagnes: écrits depuis la prison de Manus»). Il a également remporté le prix décerné à la littérature non-fiction doté de 25'000 dollars australiens.

La distinction a été remise au traducteur, Omid Tofighian, qui a travaillé cinq ans avec Boochani pour réaliser le livre, ajoute le communiqué de l'Etat de Victoria. Selon les médias australiens, Boochani a rédigé son livre depuis son téléphone portable et l'a adressé bribe par bribes à Tofighian via la messagerie WhatsApp.

Conditions dénoncées

Canberra a dirigé pendant des années vers Manus ou Nauru, dans le Pacifique, les demandeurs d'asile cherchant à entrer en Australie par mer, pour que leur dossier y soit traité. Même reconnues comme réfugiées, les personnes sont interdites d'entrée en Australie.

Cette politique de fermeté veut dissuader les candidats à des traversées maritimes périlleuses, mais les Nations unies et les organisations de défense des droits humains dénoncent les conditions de vie dans les camps et des périodes prolongées de détention.

(nxp/ats)