Afghanistan

13 mai 2012 08:43; Act: 13.05.2012 12:54 Print

Un représentant du conseil de paix abattu

Un haut représentant du Haut conseil de paix (HCP) d'Afghanistan et proche conseiller du président Hamid Karzaï a été tué par balle dimanche à Kaboul, par un tireur à bord d'une voiture.

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Arsala Rahmani, ancien ministre sous le régime des talibans, était «un négociateur clé» au sein du conseil de paix. (Photo: Reuters)

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Arsala Rahmani, ancien ministre sous le régime des talibans, était «un négociateur clé» au sein du conseil établi par Karzaï pour ouvrir des négociations de paix avec les rebelles taliban, a ajouté le responsable.

«Peu après avoir quitté sa maison, il a été atteint d'une balle tirée depuis une voiture. La balle a traversé son bras gauche et a atteint le coeur», a déclaré le petit-fils de la victime Mohammad Waris. «Il est mort à l'hôpital». Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahed, a nié toute implication des insurgés dans l'assassinat de Rahmani.

Arsala Rahmani «avait établi récemment des contacts avec de hauts dirigeants taliban», a précisé à l'AFP un responsable de la sécurité, sous couvert d'anonymat.

Rahmani était un ancien ministre de l'Enseignement supérieur sous les talibans de 1996 à 2001. Il avait rejoint le gouvernement de Hamid Karzaï après l'arrivée des Etats-Unis venus renverser les talibans en Afghanistan, après les attentats du 11 septembre 2001.

En septembre dernier, Burhanuddin Rabbani, l'ancien président afghan et négociateur de paix du gouvernement de Kaboul, est mort dans un attentat-suicide perpétré par un taliban. Ce meurtre a considérablement affaibli les effort de paix du chef de l'Etat afghan Hamid Karzaï, dont la victime était l'émissaire.

Début 2012, pour la première fois en dix ans de conflit, les talibans ont annoncé leur intention d'ouvrir un bureau au Qatar pour discuter avec les Etats-Unis. Le gouvernement afghan a donné son accord à l'installation de cette représentation hors d'Afghanistan, sans dissimuler sa méfiance, nourrie par la crainte d'être mis à l'écart de ces discussions.

Des contacts diplomatiques ont eu lieu mais les deux parties continuent de se battre en Afghanistan et le processus apparaît très laborieux, faute d'accord sur les conditions de départ des discussions.

Mi-mars, les rebelles talibans ont suspendu les discussions préliminaires entamées avec les Etats-Unis pour mettre fin au conflit, fustigeant leur attitude «erratique», après les atermoiements américains sur la libération de prisonniers.

L'Isaf prévoit de retirer d'Afghanistan toutes ses troupes de combat d'ici à la fin 2014.

La sécurité de 75% des Afghans bientôt assurée par l'armée du pays

La sécurité de 75% des Afghans bientôt assurée par l'armée du pays (Karzaï)
Le président afghan Hamid Karzaï a annoncé dimanche que l'armée afghane allait assurer la sécurité de 75% de la population du pays à la suite de la troisième et prochaine tranche de transfert de la sécurité de l'Otan à l'armée afghane.

La province de Kapisa, où sont basées les troupes françaises, sera une des onze provinces et 122 districts à passer sous contrôle afghan, selon un communiqué publié par le bureau de la présidence. Cette troisième phase de transfert de la sécurité, dont la date n'est pas communiquée, est une nouvelle étape vers le retrait d'ici fin 2014 de l'Isaf, la force armée de l'Otan, qui compte au total 130.000 soldats.

«Lors du conseil de sécurité national d'aujourd'hui, il a été décidé que onze provinces seraient concernées par le transfert, dont Kapisa, Uruzgan et Parwan», a déclaré le porte-parole de la présidence Aimal Faizi, lors d'une conférence de presse. «75% de la population se retrouveront sous le contrôle des forces de sécurité locales», a-t-il ajouté.

Le nouveau président français élu François Hollande a affirmé ces derniers mois son objectif de retirer les troupes combattantes françaises d'ici à la fin 2012, soit deux ans avant le terme prévu de la mission de l'Otan en Afghanistan

(ats/afp)