Gastronomie

14 mars 2014 06:08; Act: 14.03.2014 07:03 Print

Un restaurateur «une étoile» très malheureux

Le patron d'un restaurant belge crédité d'une étoile par le Michelin et d'une cote de 15/20 par son concurrent Gault & Millau a demandé aux deux célèbres guides de ne plus figurer dans leurs prochaines éditions.

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Le chef du restaurant flamand veut rester libre dans sa cuisine. (Photo: Capture d'écran)

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Pour un chef, l'étoile dans le prestigieux guide Michelin est souvent synonyme de consécration. De quoi rendre pour le moins étonnante la démarche de Fredrick Dhooghe, relatée par le quotidien belge «Het Laatste Nieuws».

Le patron de 't Huis van Lede, restaurant sis à Wannegem-Lede en Flandre Orientale, a envoyé une lettre recommandée au Michelin, mais également au Gault&Millau (qui lui a attribué une note de 15/20) pour signaler qu'il souhaitait ne plus apparaître dans la prochaine édition de leur guide.

«Libre dans ma cuisine»

«À cause de mon étoile, tout le monde s'attend à une cuisine spectaculaire. Mais je ne veux pas me sentir obligé de répondre» à cette demande, a expliqué au quotidien «Het Laatste Nieuws» le chef Fredrick Dhooghe, qui dirige le restaurant «'t Huis van Lede», situé dans le village flamand de Wannegem-Lede. Selon la presse belge, le chef de ce restaurant veut rester «libre dans sa cuisine».

Michelin souligne pourtant que «la cuisine va à l'essentiel et évite ainsi toute fioriture» dans cet établissement situé à mi-chemin entre Gand et Lille, distingué d'un «macaron» depuis huit ans.

L'appréciation du «guide rouge» ne pose pas réellement de problèmes au restaurateur, qui s'en dit même «fier». Il critique plutôt l'attitude des «touristes gastronomiques» qui suivent les recommandations des guides «sans toujours les comprendre».

Un chef classique

«Prenez par exemple les croquettes aux crevettes», une spécialité de la cuisine belge, explique Fredrick Dhooghe. «Ils s'attendent à ce qu'un chef étoilé en fasse sa propre interprétation. Alors que moi, je souhaite simplement faire une excellente croquette aux crevettes», poursuit-il.

«Je suis un chef classique. Je veux me sentir moi-même dans ma cuisine et pouvoir servir un poulet parfaitement rôti», ajoute Fredrick Dhooghe. Il avoue avoir réfléchi quatre ans avant de demander «par lettres recommandées» de ne plus figurer au Michelin et au Gault & Millau.

«Si c'est son choix, nous le respecterons», a déclaré une porte-parole du guide Michelin. «Mais pour cette année, c'est trop tard, puisqu'il figure dans l'édition 2014».

(ats)