France

03 mars 2011 21:12; Act: 03.03.2011 21:21 Print

Un septuagénaire abat trois personnes

Un septuagénaire a tué un retraité et deux employés municipaux avant de tenter de se suicider jeudi soir près de Perpignan.

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Le petit village de Rivesaltes est sous le choc après le coup de folie de l'un de ses habitants. (Photo: AFP)

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Coup de folie passagère ou conflit entre retraités à Rivesaltes près de Perpignan: un homme de 78 ans armé d'un fusil a tué en pleine rue jeudi un retraité de 72 ans pour une raison encore obscure, avant de tuer deux employés municipaux présents sur les lieux.

Joachim Toro, un ancien plombier, a ensuite retourné l'arme contre lui. Grièvement blessé, «le visage en partie arraché», il était jeudi soir «dans un état critique, le pronostic vital engagé», a-t-on appris auprès du procureur de la République de Perpignan Jean-Pierre Dreno et du maire de Rivesaltes André Bascou.

Selon M. Dreno, le drame s'est déroulé vers 16h00 devant l'atelier où M. Toro travaillait encore régulièrement sur le quai de l'Agly, la rivière qui longe cette bourgade de 8.000 habitants de la banlieue nord de Perpignan.

Pas d'explications

Le procureur a indiqué que le tireur avait d'abord abattu un autre retraité qui passait sur le quai avant de tirer sur les deux agents municipaux, âgés de 36 et 42 ans. Il n'a pas donné d'explication du drame soulignant que «l'enquête confiée à la gendarmerie visait à donner ces éléments».

Un témoin oculaire, David Cauret, a rapporté à l'AFP ce qu'il avait vu. «J'étais à quelques mètres, je marchais dans la rue. J'ai vu passer avec un fusil M. Toro, un de mes voisins, il a tiré sur un homme qu'il connaissait face à lui. Je me suis éloigné dans une rue à côté, j'ai appelé les gendarmes. Il y a eu deux autres détonations: je suis revenu, je l'ai vu retourner l'arme contre lui et appuyer sur la détente», a-t-il raconté. Selon lui, le premier meurtre n'a été précédé d'aucune dispute.

Selon le maire, André Bascou, M. Toro connaissait la première victime, Michel Raspaud, un retraité de 72 ans: «Ils se voyaient souvent sur le quai, un lieu de promenade, il ne semblait pas y avoir de contentieux entre eux».

«Nous avions sur les lieux deux employés municipaux de la voirie qui se sont approchés», a-t-il expliqué. Selon lui, le suspect a d'abord tiré sur Jean-Luc Joffre, 42 ans, puis sur Jean-Philippe Abribat, 36 ans, tous deux célibataires comme M. Toro.

«Un client très sympathique»

Avec l'appui d'une cellule psychologique, le maire tentait jeudi soir de réconforter les parents de ses deux agents ainsi que la veuve de M. Raspaud.

Les corps des victimes devaient être transportés vers Montpellier pour y être autopsiés.

L'incompréhension et l'incrédulité régnaient jeudi soir à Rivesaltes sur les raisons de cet accès de fureur.

L'homme vivait seul dans une petite maison du centre de Rivesaltes, selon différents témoignages.

Selon la patronne de la maison de la presse de Rivesaltes, Nadine Gravelle, le retraité était un ancien chasseur et «un client très sympathique».

La voisine immédiate du tireur, Stéphanie Maussang, s'est dite stupéfaite. Elle décrit un homme discret chez qui elle n'a jamais décelé d'instabilité psychologique.

«On n'a jamais eu de problème avec lui. On se disait bonjour. Il allait et venait tous les jours entre sa maison et son ancien atelier de plomberie», confie cette agente d'animation à la mairie.

Une autre voisine croisait souvent cet homme «sur son vélo en train de siffler». Il affichait sa bonne humeur et faisait plus jeune que son âge. «Rien ne laissait prévoir un geste aussi laid», a dit cette dame qui habite dans la même petite ruelle étroite du coeur du vieux Rivesaltes.

(afp)