Russie

28 février 2015 08:14; Act: 28.02.2015 09:03 Print

Un testament politique juste avant sa mort

L'opposant russe Boris Nemtsov, virulent critique du Kremlin, était vendredi à l'antenne d'une radio moscovite trois heures à peine avant d'être abattu de plusieurs balles dans le dos.

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12.05 Les proches de l'opposant russe, assassiné en février en plein centre de Moscou, ont rassemblé dans un rapport des «preuves exhaustives» de la présence de forces militaires russes en Ukraine. Une version que le Kremlin dément vigoureusement depuis des mois. 07.04 Plusieurs centaines de partisans de l'opposant russe Boris Nemtsov se sont recueillis mardi matin au pied du Kremlin, sur le pont où il a été assassiné il y a tout juste quarante jours. 31.03 Le Tribunal municipal de Moscou a inculpé de «meurtre commandité» les cinq suspects arrêtés après l'assassinat en février de l'opposant russe Boris Nemtsov. 11.03 Le principal suspect du meurtre de l'opposant russe Boris Nemtsov, Zaour Dadaïev (photo), a avoué, a déclaré mercredi un membre du Conseil consultatif pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin après l'avoir vu en prison. Mais il a manifestement été torturé. 09.03 La piste islamiste privilégiée par la police russe dans l'enquête sur le meurtre de l'opposant Boris Nemtsov est «absurde» et «répond à un ordre du Kremlin», a affirmé lundi à l'AFP son ami Ilia Iachine. 08.03 Zaour Dadaïev, qui était le chef adjoint d'un bataillon de police tchétchène selon les agences de presse russes, a été arrêté samedi en Ingouchie, république voisine de la Tchétchénie, dans l'instable Caucase russe. Il a reconnu avoir participé au meurtre de Boris Nemtsov. 06.03 Ganna Douritska, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov qui avait été témoin du meurtre à Moscou de cet opposant russe, a annoncé subir des menaces depuis son retour en Ukraine, a annoncé vendredi le Parquet général ukrainien, ajoutant avoir donné l'ordre de prendre des mesures pour «assurer sa sécurité». 04.03.2015 Plusieurs suspects ont été identifiés dans l'enquête sur l'assassinat de l'opposant Boris Nemtsov, a annoncé mercredi le directeur du FSB, les services de sécurité russes. 03.03 La dépouille mortelle de Boris Nemtsov doit être exposée de 10h à 14h pour un dernier hommage au Centre Sakharov, musée consacré aux droits de l'homme et à l'académicien dissident soviétique Andreï Sakharov. 02.03 Ganna Douritska, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov, qui avait été témoin du meurtre de cet opposant russe et s'était plainte d'être «retenue» en Russie, a pu quitter le pays lundi soir pour se rendre à Kiev. 02.03 L'opposant russe assassiné avait accumulé des «preuves» de la présence de soldats russes en Ukraine qu'il était sur le point de publier, a affirmé lundi son ami Ilia Iachine. 02.03 La compagne ukrainienne de l'opposant russe Boris Nemtsov, tué par balles à Moscou, s'est plainte lundi d'être retenue en Russie, sa mère ayant de son côté appelé à l'aide les autorités de Kiev craignant pour la sécurité de sa fille. 02.03 Les enquêteurs russes ne semblaient pas avoir beaucoup avancé lundi pour retrouver les auteurs du meurtre de l'opposant Boris Nemtsov, trois jours après les faits. Et cela malgré l'engagement du président Vladimir Poutine à «tout faire» pour châtier les tueurs. 02.03 Au lendemain de la marche en hommage à Boris Nemtsov, qui a réuni des dizaines de milliers de Moscovites, la presse russe se faisait l'écho lundi du choc causé par le meurtre de l'opposant et ancien vice-Premier ministre russe, assassiné vendredi près du Kremlin. 01.03 Plusieurs milliers de Russes se sont rassemblés dimanche en début d'après-midi dans le centre de Moscou pour participer à une marche dans Moscou en hommage à Boris Nemtsov, l'opposant et ancien vice-Premier ministre russe assassiné près du Kremlin. 28.02 Deux semaines avant son assassinat, Boris Nemtsov avouait craindre pour sa vie dans un entretien et le journaliste qui l'interrogeait lui avait souhaité bonne chance. L'opposant russe russe Boris Nemtsov a été tué par balle en plein centre de Moscou dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait 55 ans. Abattu par balle à 55 ans juste à côté du Kremlin, Boris Nemtsov avait notamment été l'un des chefs de file de la vague de contestation sans précédent qui avait marqué en 2011-2012 la campagne électorale de Vladimir Poutine, alors candidat pour un troisième mandat de président. Boris Nemtsov se promenait avec une jeune femme sur le Grand Pont de pierre, juste à côté du Kremlin, lorsqu'il a été abattu de quatre balles. Boris Nemtsov avait pris position dans la crise en Ukraine, critiquant notamment la politique menée par Vladimir Poutine dans le conflit, comme ici, lors d'un rassemblement, à Moscou. Il avait été vice-Premier ministre du président Boris Eltsine dans les années 1990. Dès l'annonce du drame, des centaines de Moscovites sont venus se recueillir et déposer des bouquets de fleurs.

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Pendant 45 minutes, la voix grave, le ton sérieux, l'opposant a présenté ses propositions pour «changer la Russie». Il appelait les auditeurs à manifester dans un discours enflammé sur l'Ukraine et le président Vladimir Poutine et n'a pas hésité à couper ses interlocuteurs, deux journalistes de la radio Ekho Moskvy qui tentaient sans succès de le dérider.

Sans surprise, la marche anticrise qu'organisait Boris Nemtsov dimanche dans la banlieue moscovite, et qui s'est transformée depuis sa mort en un appel à manifester dans le centre de Moscou, occupe une place de choix dans l'interview. Celui-ci ressemble parfois davantage à un monologue comme lui reproche l'une des journalistes.

«Cette marche demande l'arrêt immédiat de la guerre avec l'Ukraine. Elle exige que (le président russe Vladimir) Poutine cesse son agression», rappelle Boris Nemtsov, qui livre ensuite sa position sur la grave crise économique que traverse la Russie.

«Agression insensée contre l'Ukraine»

«La cause de la crise, c'est l'agression (de l'Ukraine), qui a été suivie des sanctions, puis des fuites de capitaux. Tout cela à cause de l'agression insensée contre l'Ukraine que mène Poutine», dénonce celui qui, comme Kiev et les Occidentaux, assure que Moscou a envoyé des troupes soutenir les séparatistes prorusses dans l'est du pays, ce que le Kremlin a toujours démenti.

Lorsqu'une journaliste évoque la Crimée, péninsule ukrainienne rattachée à la Russie en mars après un référendum, et assure que la population souhaitait rejoindre la Russie, l'opposant tranche d'un ton catégorique, résumant en deux mots toutes ses convictions: «La force de la loi».

«La question est ailleurs»

«La population voulait vivre en Russie, j'en conviens. Mais la question est ailleurs. Il ne faut pas faire selon ses volontés, mais selon la loi et il faut respecter la communauté internationale», soutient-il.

Mettre les hommes politiques corrompus devant les tribunaux, couper de moitié le budget militaire et augmenter celui de l'éducation... Les propositions se succèdent, mais Boris Nemtsov n'est pas dupe: «L'opposition n'a pas beaucoup d'influence sur les Russes actuellement», explique-t-il.

(ats)