Ukraine

13 juillet 2014 15:25; Act: 14.07.2014 13:40 Print

Un tir à la frontière renforce la tension

Un tir attribué aux forces ukrainiennes ayant fait un tué en Russie a fait monter la tension dimanche entre Moscou et Kiev. Le président Porochenko a annulé son voyage au Brésil.

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Huit personnes sont décédées à Mariinka, une localité tenue par les rebelles distante de Donetsk de 30 km à l'ouest. (Photo: AFP/Dominique Faget)

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La diplomatie russe a menacé l'Ukraine de possibles «conséquences», qualifiant d'agression la chute d'un obus dans une ville russe frontalière, près d'une zone que se disputent à coups de canon et de mortier les troupes de Kiev et les insurgés.

L'Ukraine a rapidement démenti tout rôle dans l'incident qui a eu lieu dans la matinée. «Les forces ukrainiennes n'effectuent pas de tirs sur le territoire de la Russie. Nous n'avons pas tiré», a indiqué le porte-parole du Conseil national de sécurité ukrainien.

Environ 30 tués en Ukraine

Mais son démenti est arrivé après un communiqué aux déclarations dures du ministère russe des Affaires étrangères pour qui «cet événement témoigne d'une escalade extrêmement dangereuse».

L'incident est intervenu au lendemain d'une mise en garde de la Russie qui a déclaré «se réserver le droit de prendre les mesures nécessaires pour défendre son territoire et assurer la sécurité des citoyens russes».

En Ukraine, les affrontements forces gouvernementales/rebelles, qui se poursuivent sans faiblir, ont fait une trentaine de tués en 24 heures.

Trois militaires tués

Douze personnes ont été tuées dans la périphérie de Donetsk (est), ville contrôlée par les rebelles, selon la municipalité.

Six habitants sont morts à Lougansk, place forte des insurgés, selon la mairie. Le service de presse de l'«opération antiterroriste» ukrainienne évoquait trois militaires tués et deux blessés lors de tirs dimanche matin.

Des journalistes ont visité dimanche un quartier de maisons individuelles de Mariinka. Les habitants ont expliqué qu'une salve de roquettes a touché une demi-douzaine de leurs habitations vers 16h samedi, assurant qu'aucun objectif militaire ne se trouvait à proximité. L'attaque aurait fait au moins cinq tués.

Centaines de tués évoqués

Les forces loyalistes, qui parachèvent l'encerclement de Donetsk, sont arrivées cette semaine à une vingtaine de kilomètres de la ville. Kiev a affirmé avoir effectué samedi des frappes aériennes contre les bases des séparatistes, infligeant aux insurgés de «lourdes pertes» et détruisant une douzaine de blindés et deux batteries de mortiers, dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

Le gouvernement a évoqué jusqu'à 500 combattants tués. Les rebelles ont démenti avoir subi de telles pertes.

Petro Porochenko a jugé «impossible» d'assister à la finale de la Coupe du monde de football à Rio.

Plusieurs armes saisies

M. Porochenko ne rencontrera pas le président russe, alors que Kiev accuse Moscou de jouer un rôle moteur dans la rébellion prorusse. La question ukrainienne pourrait toutefois être évoquée malgré tout à Rio, M. Poutine devant y rencontrer Angela Merkel, très impliquée dans les efforts internationaux pour trouver une solution politique.

La Russie apporte un soutien diplomatique aux insurgés russophones, tandis que l'Ukraine accuse Moscou de soutenir les rebelles en leur envoyant militaires et armements. Une exposition d'armes russes saisies aux rebelles a été ouverte samedi à Kev.

Liste de l'UE étoffée

Les principaux responsables des Républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk figurent parmi les 11 personnes ajoutées samedi par l'UE à la liste des personnalités sanctionnées pour leur implication dans le conflit ukrainien.

61 responsables russes ou ukrainiens prorusses avaient déjà été sanctionnés par des gels d'avoirs dans l'UE et des interdictions de visas.

(ats)