Japon

16 juin 2019 10:53; Act: 16.06.2019 21:48 Print

Un village trie ses déchets en 45 catégories

Aucun habitant de Kamikatsu, au sud-est du Japon, n'a de poubelles qui lui soit propre. Tous se déplacent directement jusqu'à la décharge.

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Pas de ramassage des ordures dans le village japonais de Kamikatsu: ses 1500 habitants se déplacent jusqu'à la décharge publique où ils doivent trier patiemment leurs détritus en 45 catégories. Objectif final: tout recycler.

«Oui, c'est compliqué», reconnaît Naoko Yokoyama, une habitante de 39 ans, au milieu d'un dédale de conteneurs et caisses dans le centre de tri, semblable à une grande halle. «Mais depuis que j'ai emménagé ici il y a un an, je fais plus attention à l'environnement».

Les catégories couvrent tout, des oreillers aux brosses à dents en passant par les bouteilles (selon le type de verre), les différents emballages, les objets en métal, etc. Située dans les montagnes à 530 kilomètres au sud-ouest de Tokyo, la bourgade de Kamikatsu ambitionne de recycler d'ici à 2020 la totalité de ce qui ne sert plus sans rien envoyer aux incinérateurs.

Même si les employés de la déchetterie sont là pour aider, cela représente tout un travail pour ces villageois qui doivent laver et sécher sacs, paquets et récipients pour en faciliter le recyclage.

Il faut aussi démanteler certains objets. Là, un homme s'acharne au marteau sur l'étagère qu'il a apportée, pour en extraire les parties métalliques. Plus loin, des ouvriers du centre de tri sont affairés à couper en tranches un long tuyau de caoutchouc pour le faire tenir dans un des cageots. Le site dispose de compresseurs de canettes et de plastique.

La Chine dit non

Pour aider aussi, une brochure du village ornée d'une photographie bucolique et de la mention «plus beau village du Japon» présente, sur 16 doubles pages, une multitude de photographies et dessins accompagnés d'une photo du conteneur ou cageot à utiliser.

De nombreuses communes du Japon exigent déjà le tri mais pour la plupart en un petit nombre de catégories (plastique, canettes, papiers, etc.), la majeure partie des ordures ménagères étant incinérée.

Le village de Kamikatsu ne se distinguait pas avant d'être frappé par un ultimatum: en 2000, la municipalité a reçu l'ordre de fermer un de ses deux incinérateurs, qui ne respectait pas les normes antipollution.

«Nous nous sommes alors dit: si nous ne pouvons brûler ici, recyclons», explique une responsable de la ville, Midori Suga. «Cela coûte moins cher que d'incinérer». Le village est près de son objectif, avec un taux de recyclage de 80% de ses 286 tonnes de déchets produits en 2017, bien loin devant la moyenne nationale de 20% seulement. Dans ce pays montagneux peu propice aux décharges, le reste va pour le moment au feu.

Si le Japon produit moins de déchets par habitant que la plupart des pays développés, c'est un champion du plastique jeté par tête, juste derrière les Etats-Unis. Jusqu'à récemment, l'archipel en exportait une partie, en particulier vers la Chine, mais Pékin ne veut plus du plastique nippon, et celui-ci s'accumule.

Les habitants de Kamikatsu ne se font pas d'illusions. «Cela fonctionne parce que nous ne sommes que 1500», dit Mme Yokoyama, originaire de Kyoto.

Mode de vie plastique

«Bien sûr, c'est pratique de se contenter d'incinérer», dit Saeko Takahashi en lavant des cartons de lait et en ficelant ses journaux. «Mais il vaut mieux recycler, quel gâchis sinon».

Elle utilise un bac à compost pour les restes de viande et de poisson, et jette directement les épluchures de fruits et légumes dans son jardin. «Les aliments durent plus longtemps sous plastique mais il est inutile d'en multiplier les couches», s'insurge-t-elle. Kazuyuki Kiyohara, 38 ans, gérant de la déchetterie, constate que cette matière représente la majorité des arrivages et que sa consommation a peu diminué.

«Notre mode de vie dépend du plastique», dit-il. «Les consommateurs peuvent dans une certaine mesure réduire le rebut mais nous en aurons toujours tant que les fabricants produiront des objets en plastique».

Boîtes de déjeuner jetables utilisées massivement, bananes ou tomates emballées sous plastique, sacs, cuillères ou pailles distribués sans compter: le Japon est loin d'en avoir fini avec ce matériau.

En 2018, le gouvernement a cependant dévoilé un objectif de réduction d'un quart d'ici à 2030 de sa production annuelle de déchets plastiques, qui était de 9,4 millions de tonnes.

Des entreprises privées prennent des initiatives mais selon un calendrier qui apparaît très en retard par rapport aux dispositions déjà adoptées dans d'autres pays, afin de ne pas perturber trop brusquement les fournisseurs et clients. «Nous ne devrions pas nous concentrer uniquement sur les déchets», dit la responsable de la ville, Midori Suga: «Il faut des politiques qui limitent leur production.»

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Raoul le 16.06.2019 12:52 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut commencer à la source...

    Il faut d'abord réduire massivement les emballages, et il sera plus faciles de recycler.

  • FeuerFrei le 16.06.2019 12:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Facile...

    comme tout travail mérite salaire, nous pouvons considérer que tout salaire mérite travail. Donc il n'y a qu'à faire trier nos déchets à toutes les personnes qui vivent au crochet de notre société. évidemment je ne parle pas des personnes âgées ou des personnes handicapées je pense à tous ces fainéants qui refuse de travailler et qui préfèrent squatter les terrasses que de bouger leur cul.

  • ouvre les yeux le 16.06.2019 12:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    psst

    avant, un camion ce déplaçait et plusieurs personnes travaillaient à trier dans une centrale , ( du travail et 1 camion qui polue. aujourd'hui chacun trous jours 500 personne ce déplacent avec sa voiture et sa poubelle

Les derniers commentaires

  • Baladin09 le 17.06.2019 18:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    socialement vôtre..

    faisons de même en créant des emplois....

  • survivaliste le 17.06.2019 11:07 Report dénoncer ce commentaire

    Changer de jobs tout les 5 ans

    J ai admiré le Japon en général citoyens très protégés au travail masque ou habillés contre les effets toxiques et cancérigènes a long terme plus de 3 ans dans les nettoyages par exemple= cancers divers, sous nos latitudes ces produits nocifs de tout accabi, gros oeuvre, salles blanches, nettoyages etc, endorment et tuent a petit feu le système immunitaires, employés devant démissionner en ayant contacté des maladies mortelles incurables, cancers empoisonnement du sang , électromagnétismes graves maladies sournoises etc

  • Paul Hussion Werth le 17.06.2019 10:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La négation du changement, quelle maladie

    Amener tous ses déchets triés propres à la déchetterie, supprimant taxes et ramassage d'ordures aux valides est logique et le futur. On va souvent à la déchetterie et pour le seul compostable cycle court, ~ 70% de la masse totale, un collecteur tous les 200m et l'option composteur domestique c'est OK. Le contrôle à la collecte des déchets valorisables, la rétribution/taxation de l'usager devient enfin efficace et équitable, cela responsabilise pleinement le pollueur et puni celui qui jette cannettes et plastiques dans la nature: les cachalots diront merci et aux Neinsagers de proposer mieux!

  • Chris le 16.06.2019 19:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comment dire...

    Ils feraient mieux d'arrêter de protéger le kidnapping d'enfants plutôt que de trier leurs déchets en 300000 catégories. Parce que toutes les conventions ratifiées qui protègent les enlèvements ont été traitées par des déchets qui eux ne sont pas jetés !!!!

  • Chia Aubasdumat le 16.06.2019 16:34 Report dénoncer ce commentaire

    Si jeunes et déjà poney

    Et pour leurs déchets nucléaires ont-ils prévu une poubelle en plomb?