Crise belge

09 février 2011 19:06; Act: 09.02.2011 19:23 Print

Une «grève du sexe» pour débloquer la politique?

Après l'appel de Benoît Poelvoorde à ne plus se raser pour protester contre le blocage politique de la Belgique, un appel à la «grève du sexe» a été lancé par une sénatrice.

Une faute?

Une sénatrice belge a lancé un appel à une «grève du sexe» nationale jusqu'à ce que le pays se dote enfin d'un nouveau gouvernement, dans la dernière initiative humoristique en date suscitée par la plus longue crise politique que traverse le royaume.

Depuis quelques semaines, la population belge, de plus en plus inquiète, cherche à faire pression sur les responsables politiques flamands et francophones, qui ne sont toujours pas parvenus à former une nouvelle coalition, huit mois après les élections du 13 juin 2010.

Quelque 35.000 personnes sont descendues dans les rues de Bruxelles le 23 janvier pour exprimer leur «honte» et leur exaspération. L'acteur Benoît Poelvoorde a quant à lui proposé que les Belges cessent de se raser la barbe jusqu'à la formation d'un gouvernement.

A la suite de Poelvoorde

«J'étais au Kenya lorsque Benoît Poelvoorde a lancé son idée», a expliqué mercredi à l'AFP, dans son bureau à l'hôpital universitaire de Gand (nord), la gynécologue et sénatrice socialiste flamande Marleen Temmerman.

«Cela nous a fait beaucoup rire, mais on s'est demandé ce que les femmes pourraient faire. Nos interlocutrices kenyanes nous ont alors rappelé avec le plus grand sérieux qu'elles avaient lancé un appel à une grève du sexe en 2009, après de graves violences politiques, pour inciter les responsables politiques à s'entendre», précise Mme Temmerman.

«Aucune étude scientifique ne pourra jamais confirmer l'effet de l'appel, mais après quelques semaines, le Kenya avait un gouvernement stable», sourit la sénatrice belge.

Il faut dire que l'épouse du Premier ministre Raila Odinga, Ida, avait fait savoir qu'elle soutenait l'initiative.

De retour en Belgique, Mme Temmerman a publié une tribune libre dans laquelle elle proposait aux Belges de suivre l'exemple kenyan.

Pour la gynécologue, sa petite idée relève néanmoins de la «plaisanterie»: «Je ne crois pas que beaucoup de femmes vont pratiquer l'abstinence, ni même que cela aurait un effet sur les négociations, mais il vaut mieux rire de cette situation complètement bloquée --même si c'est vraiment inquiétant-- que de sombrer dans la frustration et le ressentiment», estime Mme Temmerman.

«Il faudrait vraiment que le pays soit au bord du génocide pour que je participe», a réagi une jeune Belge sur sa page Facebook.

(afp)