Bactérie mortelle

01 juin 2011 18:28; Act: 01.06.2011 21:56 Print

Une 17e personne meurt en Allemagne

Une octogénaire est décédée mercredi, en Allemagne, des suites d'une contamination par la bactérie mortelle Eceh.

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La bactérie mortelle a fait 17 morts. (Photo: Keystone)

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Un nouveau décès lié à la bactérie Eceh a été signalé mercredi en Allemagne par le ministère de la Santé de l'Etat de Basse-Saxe (nord), portant à 17 le nombre de décès dus à cette épidémie. Une femme de 84 ans est morte dimanche non loin de Hambourg.

Les recherches ont repris à zéro mercredi, après avoir suivi la fausse piste des légumes espagnols, pour trouver l'origine de l'épidémie de diarrhée potentiellement mortelle. L'Union européenne est confrontée à «une crise grave» et tout doit être mis en oeuvre pour en identifier la cause le plus rapidement possible, a déclaré le commissaire européen chargé de la Santé, John Dalli.

Le gouvernement espagnol envisage désormais une action légale contre la ville de Hambourg. Les autorités sanitaires de la ville portuaire du nord de l'Allemagne ont en effet admis mardi que des tests partiels écartaient pour l'instant les produits espagnols comme source de la propagation d'une souche mortelle de la bactérie E.coli enterohémorragique (Eceh).

En Italie, les premières analyses effectuées sur des concombres espagnols saisis par les autorités n'ont pas non plus révélé de traces de la bactérie potentiellement mortelle.

L'Institut Robert Koch (RKI), basé à Berlin, a toutefois maintenu ses recommandations contre la consommation de tomates, de concombres et de salades crues.

Le Danemark a levé l'alerte concernant les concombres espagnols. L'autorité de sécurité alimentaire danoise a en revanche maintenu sa recommandation d'éviter les crudités du nord de l'Allemagne.

«Pertes énormes»

La crise sanitaire consécutive à cette bactérie va se doubler d'une dimension économique avec une «crise de consommation» dans le secteur des fruits et légumes, a prévenu la Commission européenne. Bruxelles ne dispose pas encore de chiffres précis, mais examine ce qu'elle peut faire, car des «pertes énormes» sont évoquées, a indiqué un porte-parole de la Commission.

En Allemagne, épicentre de la contamination, la fédération agricole Bauernverband évoque un manque à gagner de 4 millions d'euros par jour pour les maraîchers. En Italie, le syndicat agricole Coldiretti estime à 3 millions le manque à gagner quotidien.

La Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes (Fepex) a, elle, évalué les pertes «à environ 200 millions d'euros par semaine». L'Espagne et les Pays-Bas, dont la production de primeurs avait été mise en cause au début de l'épidémie, ont réclamé des compensations de l'Unions européenne pour l'effondrement de leurs ventes dans ce secteur.

Bilans divergents

Les bilans des morts victimes de l'épidémie divergent. Entre 13 et 17 morts, selon les autorités qui communiquent sur cette épidémie d'une ampleur sans précédent.

Les différents Etats fédérés allemands ont signalé au total depuis début mai seize décès attribués à la bactérie. Un hôpital suédois a signalé mardi le premier décès hors d'Allemagne, celui d'une quinquagénaire qui avait séjourné dans ce pays, portant le bilan à 17 morts.

Le RKI, chargé de la veille sanitaire en Allemagne, n'annonce lui les décès qu'au mieux 24 heures après les autorités sanitaires régionales, le temps de les collationner, a expliqué une porte- parole. Mercredi, il signalait 13 décès dus à la bactérie Ehec.

Plus de 1500 cas de contamination ont été signalés dans toute l'Allemagne, dans le reste de l'Europe et jusqu'aux Etats-Unis. Tous les malades ont apparemment transité par l'Allemagne.

En Suisse, un deuxième cas a été annoncé mardi par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). L'état des deux patients est stable, leur maladie se déroule sans complication, selon l'OFSP.

(ats/afp)