26 décembre 2007 21:21; Act: 26.12.2007 21:30 Print

Une chaîne d'opposition géorgienne suspend ses émissions

A peine rouverte après les troubles de novembre, la chaîne Imedi TV, principal média géorgien d'opposition, a suspendu mercredi ses émissions d'ici l'élection présidentielle du 5 janvier.

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Elle veut prendre ses distances avec des méthodes qu'elle juge «inacceptables».

«Compte tenu de la situation politique extrêmement tendue et de l'engagement d'Imedi dans ce processus, la direction a décidé de suspendre les émissions» qui ne reprendront qu'après la présidentielle, a déclaré à l'AFP le directeur exécutif d'Imedi Bidzina Baratachvili.

Imedi TV, co-propriété du groupe News Corp du magnat américano- australien des médias Rupert Murdoch et de l'oligarque Badri Patarkatsichvili, candidat à la présidentielle, a été fermée le 7 novembre à la suite de manifestations de l'opposition et de la proclamation de l'état d'urgence, et n'a repris ses programmes que le 12 décembre.

La fermeture musclée d'Imedi TV, critiquée par les Occidentaux, a fortement entaché la réputation de «champion» de la démocratie du président Mikheïl Saakachvili, arrivé au pouvoir en 2003 à la faveur d'une révolution pacifique.

La décision de suspendre les programmes mercredi fait suite à une démission massive de journalistes. Dans cette situation «nous ne sommes plus capables de poursuivre notre couverture dans un format normal», a expliqué M. Baratachvili.

Six journalistes d'Imedi ont déclaré plus tôt dans la journée qu'ils quittaient la chaîne parce que son propriétaire Badri Patarkatsichvili, était impliqué dans des scandales politiques. Une situation qu'ils jugent «inacceptable».

Le Parquet général de Géorgie a accusé lundi un proche collaborateur de M. Patarkatsichvili de projeter de renverser le président sortant Mikheïl Saakachvili s'il était réélu.

Badri Patarkatsichvili, considéré comme l'homme le plus riche de Géorgie et financier de l'opposition, est soupçonné par le Parquet général d'avoir voulu renverser le pouvoir au cours des manifestations organisées par l'opposition entre les 2 et 7 novembre, réprimées par le pouvoir.

Ces manifestations avaient provoqué l'instauration de l'état d'urgence pendant neuf jours et la convocation d'une présidentielle anticipée.

(ats)