Attentat à Jérusalem

23 mars 2011 14:33; Act: 23.03.2011 21:03 Print

Une femme tuée et au moins 31 blessés

Un attentat à la bombe a fait un mort et 31 blessés, mercredi près de la principale gare routière de Jérusalem, a annoncé le chef de la police de Jérusalem, Aaron Franco.

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Une femme de 59 ans, dont l'identité n'a pas été révélée, grièvement blessée, a succombé à ses blessures à l'hôpital, selon une source hospitalière et les médias. Plus de trente autres personnes ont été blessées dans cet attentat encore non revendiqué.

Selon les premiers éléments de l'enquête, la bombe pesait entre un et deux kilos. L'explosion s'est produite près d'une station d'autobus, où se trouvaient deux autobus à l'arrêt avec à leur bord de nombreux passagers.

Une journaliste de l'AFP a vu des victimes allongées par terre, couvertes de sang.

«La bombe était dissimulée dans un sac près d'une cabine téléphonique», a déclaré le chef de la police de Jérusalem. Un des bus touchés, dont les vitres ont volé en éclats, se dirigeait vers un quartier religieux orthodoxe de Jérusalem, selon des témoins.

La police a établi un cordon aux alentours et a lancé des recherches avec des chiens, fouillant méticuleusement les environs, buissons, poubelles, boîtes aux lettres, pour retrouver des engins explosifs qui auraient pu être encore dissimulés dans le secteur.

Regain de tension

Cet attentat est survenu alors que les violences se sont intensifiées à la frontière entre Israël et la bande de Gaza avec la mort mardi de huit Palestiniens tués par des tirs israéliens. Mercredi, plusieurs obus de mortiers tirés de la bande de Gaza seraient tombés près de la zone industrielle israélienne d'Ashkelon (sud), sans faire de victime, selon la radio militaire israélienne.

La branche armée du mouvement radical palestinien Jihad islamique a annoncé mercredi qu'elle allait frapper de plus en plus loin à l'intérieur d'Israël. «A partir de maintenant, il n'y a plus de lignes rouges pour la résistance tant que l'ennemi ne respectera pas les déclarations et les chartes de l'ONU et continuera à tuer des civils», a déclaré son porte-parole, Abou Ahmad.

«On constate une escalade sur tous les fronts. Israël va devoir agir pour dissuader les terroristes», a commenté le ministre israélien de l'Intérieur, Elie Yishaï.

Selon la radio militaire israélienne, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appris la nouvelle de l'attentat au moment où était réuni le forum des sept principaux ministres qui discutaient des mesures à prendre dans la bande de Gaza après la multiplication des tirs de roquettes et d'obus de ce territoire de plus en plus profondément en Israël.

Réactions

Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a condamné l'attentat, le qualifiant d'«opération terroriste». La branche armée du mouvement radical palestinien Jihad islamique, les Brigades Al-Qods, a elle salué cette attaque, sans la revendiquer.

Le président américain Barack Obama a condamné mercredi «dans les termes les plus forts» cet attentat. La France a également fustigé «avec la plus grande fermeté» cet attentat qui selon les termes employés par le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, est l'expression d'un «terrorisme aveugle».

La Suisse a elle aussi condamné «avec la plus grande fermeté» cet attentat. Dans un communiqué, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) se dit «fortement préoccupé par l'escalade de violences en Israël ainsi que dans le Territoire palestinien occupé et appelle toutes les parties à la retenue».

Il n'y avait pas eu d'attentat à la bombe dans la Ville sainte depuis 2004. En 2008, un Palestinien avait attaqué à l'arme automatique un institut d'études talmudiques dans l'ouest de la ville avec un bilan de huit morts et neuf blessés.

(afp)