Manifestations en Iran

18 février 2011 11:49; Act: 18.02.2011 16:56 Print

Une foule demande la mort des chefs de l'opposition

Des milliers de partisans du régime en Iran se sont rassemblés à l'université de Téhéran pour la prière du vendredi en criant «Mort à Moussavi, mort à Karoubi».

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Les partisans du régime frappent à l'aide de chaussures une image de l'opposant Moussavi. (Photo: Keystone)

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Des dizaines de milliers de partisans du régime ont réclamé vendredi l'exécution de Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi lors de la prière à l'université de Téhéran. Ces attaques font suite aux manifestations antigouvernementales de lundi, que les opposants avaient appelé de leurs voeux.

«Mort à Moussavi, mort à Karoubi», ou «Moussavi et Karoubi doivent être pendus», a réclamé la foule lors de la prière du vendredi à Téhéran. Dans son prêche aux fidèles, l'ayatollah Ahmad Janati s'est montré plus prudent, réclamant que les deux opposants soient soumis à un régime de résidence surveillée sévère.

L'ayatollah, proche du président Mahmoud Ahmedinejad, a toutefois fait preuve de mépris envers les deux opposants. «Certains disent qu'ils doivent être pendus. A ceux-ci, je dois dire qu'ils ont déjà été exécutés (politiquement). Ils ont perdu toute réputation. Ils ont tout perdu», a dit Janati lors de son prêche du vendredi.

«Certains demandent qu'ils soient jugés, la justice agira en tenant compte des intérêts» du pouvoir, a aussi dit M. Janati aux manifestants.

«Mais ce qu'elle doit faire et est en train de faire, c'est de couper tout leur contact avec la population. Il faut limiter leurs allées et venues, les empêcher d'envoyer et recevoir des messages. Il faut couper leur téléphone, leur internet. Il faut qu'ils soient emprisonnés dans leur propre maison», a-t-il ajouté.

Résidence surveillée

L'ex-chef du Parlement Mehdi Karoubi et l'ex-Premier ministre Mir Hossein Moussavi, qui ont pris la tête de l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad depuis sa réélection contestée en 2009 où ils étaient également candidats, sont depuis plusieurs jours de facto en résidence surveillée.

Défiant l'interdiction des autorités, le Mouvement vert dirigé par les deux opposants avait appelé ses partisans à manifester lundi dernier dans Téhéran et d'autres villes du pays en solidarité avec les soulèvements en Egypte et en Tunisie. Des milliers de personnes s'étaient rassemblées à Téhéran, en dépit d'une interdiction et d'un déploiement massif.

Jeudi, le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, a accusé MM. Karoubi et Moussavi de «trahison», affirmant qu'ils seraient jugés pour menées subversives contre la révolution islamique. Il ajouté que la justice les empêcherait désormais de «publier des déclarations».

Karoubi, dans un communiqué sur son site internet Sahamnews, a déclaré qu'il n'avait rien à craindre d'un procès, à condition que les débats soient publics. L'opposition programme un nouveau rassemblement dimanche.

Jusqu'à présent, les autorités se sont abstenues d'arrêter les deux dirigeants pour ne pas en faire des «saints» aux yeux de leurs partisans, avait expliqué la semaine dernière le chef du pouvoir judiciaire.

Manifestation gouvernementale

En réponse aux manifestations antigouvernementales de lundi, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, les autorités ont également organisé vendredi une contre-manifestation dans le centre de Téhéran à l'issue de la prière.

Les orateurs officiels de cette contre-manifestation ont lancé les mêmes slogans, repris par la foule: «Mort à Moussavi, mort à Karoubi» ou «Ils doivent être pendus».

«Nous demandons le châtiment le plus sévère contre les chefs de la sédition, et à la justice de juger sans délais Moussavi et Karoubi, qui n'ont d'autre but que d'affaiblir la République islamique et de servir les oppresseurs» (les Etats-Unis), a affirmé la déclaration finale de la manifestation.

Des manifestations similaires contre les deux dirigeants de l'opposition ont été organisées dans de nombreuses villes de province, selon les médias.

(ats)