Crise grecque

28 juin 2011 18:45; Act: 28.06.2011 20:48 Print

Une grève de 48 heures

Des incidents ont émaillé les manifestations mardi à Athènes, au premier jour d'une grève de 48 heures lancé par les syndicats.

Une faute?

Les opposants protestent contre un projet de budget d'austérité crucial, en discussion au Parlement, alors que l'UE a lancé un nouvel appel à Athènes.

En marge d'un défilé des milliers de personnes dans le centre de la capitale, un groupe de jeunes ont jeté divers projectiles sur les forces anti-émeutes sur la place Syntagma, qui ont répondu en tirant des salves de gaz lacrymogènes. Au moins une personne a elle été blessée, selon les premières informations des autorités.

Un camion garé près de cette place a été incendié, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Peu auparavant, les manifestants, aux cris de «le projet de loi ne va pas passer», se sont rassemblés à la place Syntagma avant de se disperser.

Coupures

D'importantes forces policières, dont le nombre atteignait 4000 selon les autorités, étaient elles déployées dans le centre de la capitale, tout en bouclant à la circulation le centre d'Athènes.

Le Parlement était entouré par des centaines de forces anti- émeutes. Une barrière était dressée devant l'entrée du bâtiment pour empêcher les manifestants, qui étaient plus de 20'000 mais beaucoup moins nombreux que lors de la grève générale du 15 juin, de s'approcher.

«Tout le monde veut que cette barrière tombe aujourd'hui», a lancé Omiros, un jeune de 29 ans, employé. «Nous sommes comme des ânes, plus on les tape, plus ils deviennent déterminés», a-t-il ajouté.

La grève générale a touché les transports maritimes et aériennes tandis que les coupures d'électricité se poursuivaient mardi à travers le pays, en raison d'une grève observée depuis la semaine dernière par l'entreprise publique d'électricité, la DEI.

Vote attendu

A part le métro, les transports en commun à Athènes ne fonctionnaient pas, et beaucoup de gens ont renoncé à venir travailler pour la 4e grève générale de l'année décrétée par les deux grands syndicats GSEE (deux millions de salariés du privé) et ADEDY (un demi-million de fonctionnaires).

«Nous espérons une participation massive et dynamique à la grève et à la manifestation dans le centre d'Athènes. Pendant 48 heures, des travailleurs, des chômeurs, des jeunes seront dans les rues», a dit le chef d'ADEDY, Spyros Papaspyros.

Les grévistes protestent contre le plan pluri-annuel d'austérité 2012-2015, qui doit être voté mercredi et jeudi au Parlement, et prévoit de nouveaux sacrifices pour les Grecs, après la rigueur de 2010, surtout en matière d'impôts afin que le pays évite la faillite et puisse toucher une nouvelle aide financière vitale de ses partenaires européens et créanciers.

Des banques étaient également fermées, les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte tandis que les journalistes ont observé un arrêt de travail de cinq heures en début d'après-midi, ce qui a affecté journaux radiotélévisés et sites internet.

Appel lancé par Bruxelles

Mardi, les critiques sont venues également du gouverneur de la Banque de Grèce Georges Provopoulos selon lequel le plan d'austérité - que le Premier ministre George Papandréou a appelé solennellement à voter lundi soir en faisant appel à l'esprit patriotique des députés - contenait trop de hausses d'impôts et pas assez de réduction de dépenses.

Sur la place Syntagma, en face du Parlement où campent le mouvement de protestation populaire des indignés depuis fin mai pour réclamer entre autre l'abandon du remboursement de la dette, une femme de 36 ans, Iamando, en veut aux créanciers du pays. «Nous ne voulons pas de votre argent, Europe. Laissez nous tranquille, s'il vous plait!» a-t-elle dit.

Le président de l'UE Herman Van Rompuy a affirmé que les heures à venir allaient être «décisives» pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro et l'économie mondiale.

Et le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a estimé que les mesures d'austérité étaient le «seul moyen» pour la Grèce d'éviter une faillite immédiate.

Sur le vote prévu au Parlement, la directrice générale désignée du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a elle aussi lancé mardi un appel à «l'entente nationale» politique.

(afp)